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Tradition
Notre Dame de l'aubépine à Ainhoa
Notre Dame de l'aubépine à Ainhoa
© Paroisse de Cambo

| François-Xavier Esponde 798 mots

Notre Dame de l'aubépine à Ainhoa

Comme tous les ans en ce lundi de Pentecôte, le mont Axulai sur les hauteurs d’Ainhoa a réuni des de centaines de fidèles de Notre Dame de l’Aubépine - Arantzetako Ama - sous un ciel lumineux et bienfaisant.

Le chanoine Duvoisin avait évoqué l’histoire de cette chapelle miraculeuse dans un de ses livres.

L’apparition de la Vierge à un berger le rappelle comme jadis à Aranzazu, sur le versant guipuzcoan du Pays Basque, sur les hauteurs de Oñate où se situe le célèbre couvent franciscain.

La Dame apparut dans un écrin d’aubépines qui fleurit en août et l’enfant berger vint annoncer la nouvelle dans le village.

« Goazen airoski denak axulai alderat, Hara mendi gainean amaren kapera ».

Le 3 juin 1469, selon les chroniques historiques, avait eu lieu la même apparition à un berger à Aranzazu au moment du solstice, le 3 juin. Un moment particulier dans le culte basque du ciel et de la terre, où la dévotion populaire a toujours reconnu les manifestations divines attachées à ce lien invisible des forces du ciel quand elles embrassent les forces de la terre.

La Dame d’Oñati fait nombre parmi sept autres Dames auxquelles les Basques apportent une dévotion particulière dans leur pays.

La chronologie historique fait mention en 1745, du côté d’Axulai à Ainhoa, d’un ermite qui, pendant 70 ans, vécut en ce lieu où il instruisit les petits enfants bergers du pays et consacra sa vie à la prière.

Mais le site fut réduit et détruit en 1793 au cours des guerres franco-espagnoles.

Axulai constituait un promontoire parfait pour surveiller la vallée et la provenance des soldats venus du côté espagnol par Danxarinea. Les documents historiques nous indiquent la destruction en 1813 de ce qui pouvait servir d’ermitage à l’époque, destruction par les armées françaises qui firent de cet endroit un espace militaire où furent placées des batteries de canons pour frapper les espagnols. On en oublierait les batailles rangées des soldats anglo-espagnols et portugais portant leurs coups aux soldats napoléoniens qui en ce temps avaient d’autres objectifs que de protéger quelque peu le site religieux ancien totalement dévasté et reconstruit à nouveau par la population d’Ainhoa.

Le réveil du patrimoine religieux sur l’Axulai se fera au cours du XIXème siècle avec le chemin de croix placé en 1886 par l’abbé Duronéa, puis en 1897, la grotte autour de la source miraculeuse de toutes les guérisons et grâces demandées par les fidèles qui aujourd’hui encore veillent à sa préservation.

En 1898, on construisit le calvaire avec des stèles basques ajoutées depuis lors.

La Vierge noire avec son fils Jésus, la piéta, viennent s’ajouter aux autres compositions et tableaux dans et hors de la chapelle, qui font du site un espace patrimonial vénéré et entretenu par la dévotion populaire.

« Hau dugu arantxako toki ezaguna amaren laudatzeko hautatu duguna », dit le cantique invariablement chanté et repris tous les ans par les pèlerins du jour de Notre Dame de l’aubépine.

Tous les ans, s’y ajoutent autour du calvaire les bénédictions du célébrant, le curé du lieu, contre la grêle, le mauvais temps, les maladies des animaux et les menaces contre les récoltes.

Dans ce décor bucolique d’aubépine, de jonc, de fougères, de frêne, chacun trouve un havre de quiétude et de prière simple, sobre et contemplative de la Création.

« Arantzazurat ainhoan gaindi dira heldu Ama Birjina, lur zabalean jauna izan bedi zuk sortu jainko gizon egina », avait composé pour cette occasion l’ancien curé Roger Idiart.

La dame d’Arantza portée à dos d’homme garde le souvenir de cet ancien curé, auteur, chanteur, bertsulari et artiste dans l’âme, qui fit donner à ce pèlerinage une âme particulière qui vit et revit sans cesse chez les pèlerins du lundi de pentecôte.

Cette année, pour la première fois, Michel Etcheverry donna la version chantée d’un cantique à Marie composé dans son dernier CD – « Ezinago maitaturik » - interprété par lui-même et apprécié comme une présence de Marie au cœur de cette assemblée particulièrement attachée à au merveilleux endroit.

Le titre du chant marial porte le titre « Maria Basco » : enlevé, joyeux et musical, il fut donné pour la première fois à Ainhoa par l’auteur lui-même : « Agur Agur, Oi Maria, poz eta nigarretan Izan guretzat, Maria, Maitasun den irria » !

Le clergé de la paroisse et des prêtres du diocèse concélébraient la messe dite par l’abbé Mounho.

François-Xavier Esponde

La chapelle sera restaurée comme rappelé par le curé du lieu, l’abbé Joachim Jauregui. Une association s’est constituée et va engager les travaux nécessaires pour la rendre accessible aux visiteurs de toutes provenances, marcheurs, cavaliers, motocyclistes et passants qui empruntent les randonnées d’Axulai pendant toute l’année. La réunion pour constituer cette association aura lieu le vendredi 29 juin à 18h30 à la salle polyvalente d’Aïnhoa. Vous y êtes toutes et tous invités / Denak gomit zirezte !

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