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Histoire
Manex Barace : Tour du monde 2019 (3ème partie) © Manex Barace

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Manex Barace : Tour du monde 2019 (3ème partie)

Toujours assoiffé de revoir certains endroits du globe qui lui avaient beaucoup plus dans le passé, et en découvrir d’autres qu’il regrettait de n’avoir pas découverts, un nouveau projet s’est concrétisé au printemps 2019, « avant que le passeport de notre infatigable journaliste / globe-trotter (et chanteur du groupe Oldarra) ne soit périmé »… Après un séjour au Sri-Lanka la semaine dernière, le voici à pied d'oeuvre à Tokyo :
Lundi 8 avril :
Trois restaurants sont à ma disposition pour le petit-déjeuner à l’hôtel Keio Plaza de Tokyo. Ce matin mon choix se porte sur le Kagari, celui qui propose des petits déjeuners japonais : j’aurai essayé (sans vraiment être enthousiaste par cette découverte culinaire, affaire de goût et d’habitude). 9 heures. Madame Junko Asai se présente à la réception. Départ à pieds vers la gare voisine que j’avais aperçue brièvement hier soir et qui au bout de quelques jours n’aura plus beaucoup de secrets pour moi (en faisant toujours le même parcours). Premier trajet en train vers le parc et le sanctuaire dédiés à l’empereur Meiji Jingu, temple shintoïste construit en 1920 dans une forêt artificielle. La forêt s’étend sur 700.000 m2 et compte près de 120.000 arbres de 365 espèces différentes, provenant de dons venus de tout le Japon lors de la construction du temple. Un havre de paix relative en raison des nombreux visiteurs, de la présence d’une gare et de la proximité du quartier de Harajuku voisin. Nombreux immeubles en construction en limite de la forêt. Chemin inverse pour continuer la visite à pieds dans le quartier bouillonnant d’activités commerciales et de chalands. Une vue sur les immeubles et l’avenue Omote Sando, surnommée les « Champs Elysées de Tokyo » depuis la terrasse d’un centre commercial. Toutes les grandes marques de luxe internationales sont présentes, chacune voulant se différencier par l’architecture de leur bâtiment.
Après le train et la marche dans la rue commerçante Takeshita-Doori, découverte du métro tokyoïte. Ce lundi serait l’anniversaire du Bouddha et la foule des fidèles et des touristes est dense dans le sanctuaire et ses alentours, investis par les marchands de souvenirs et de nourriture à consommer dans la rue. Pas l’idéal pour les photographes. Beaucoup de gens sont vêtus du traditionnel kimono. D’après ma guide la plupart seraient en réalité des touristes qui louent ces vêtements traditionnels pour l’occasion ! Certaines boutiques proposent d’ailleurs des kimonos déjà portés à moitié prix…
Promenade « touristique » en bateau sur la rivière Sumida, en direction du port de commerce à Asakusa, un autre moyen de transport loin de la foule, ne présentant toutefois pas un intérêt significatif (à mon humble avis). Le bateau franchit 13 ponts (sur les 26 que compterait la ville), chacun d’une couleur différente. A proximité des anciennes halles aux poissons, rendez-vous avec la nature, une fois débarqué : arbres en fleurs et petits lacs dans des parcs tout proches des immeubles modernes, pour terminer cette première journée. Métro à nouveau pour retourner à l’hôtel. Madame Junko me précise que nous avons parcouru aujourd’hui rien qu’en métro une distance équivalente à la circonférence de la ville de Paris. A pieds, je ne sais pas. Il est tombé quelques gouttes de pluie en fin d’après-midi. Je n’ai guère envie de découvrir Tokyo by Night ce soir…
Mardi 9 avril :
Après le petit-déjeuner japonais d’hier, changement de restaurant ce matin au buffet plus occidental du Glass Court. On peut choisir, ce dont je ne me prive pas ! Le grand saut ce matin un peu avant 10 heures avec l’achat à un distributeur de mon premier ticket de métro avec l’aide d’un voyageur compatissant. Comme il était l’utilisateur suivant du distributeur automatique, je suppose que cela l’intéressait si l’opération se déroulait rapidement. Direction le quartier du palais impérial. Pour se repérer, de la station Shinjuku à celle de Tokyo, ligne M, arrêt 17. Petite complication pour retrouver l’air libre une fois arrivé à destination dans le sous-sol du métro. Plusieurs centaines de mètres parcourus avant de trouver la bonne sortie… Enfin dehors, soleil et vent. 
Pour trouver la direction du palais impérial, il suffit de suivre les milliers de touristes descendus de leurs autocars. Le palais proprement-dit ne se voit pas depuis les douves qui l’entourent. Le pont qui les franchit est néanmoins la convoitise de tous les photographes. Cerisiers en fleurs et conifères sculptés comme des bonzaïs géants méritent quelques clichés. Un peu plus en direction du nord est située une entrée du domaine impérial. Exceptionnellement quelques privilégiés sont admis à la visite, sur présentation de leur passeport et après réservation bien longtemps à l’avance. Ce qui n’est pas mon cas. Donc se sera la visite des jardins ouverts au public sans autre formalité que l’ouverture de son sac. Immense et agréable à parcourir malgré la foule (toujours) et le vent froid. Beaucoup de cerisiers de variétés diverses offrent encore leur floraison. Peu de fleurs par contre dans les massifs, le printemps ne faisant que débuter. Une visite de plus de deux heures, en raison de la superficie et des amateurs de selfies toujours nombreux qui polluent quelque peu le paysage que je souhaite photographier.  Après avoir immortalisé leur présence la plupart s’empresse d’envoyer par Internet leur chef d’œuvre à tous leurs amis en restant sur place, sans se soucier des autres personnes.
Une fois quitté le jardin, montée au 19e étage du Palace Hotel pour profiter de la vue panoramique sur le quartier et recherche de la station de métro la plus proche. Achat rapide (maintenant) du ticket pour rentrer à Shinjuku. Il existe trois compagnies de métro concurrentes et complémentaires exploitant train et métro, l’achat d’un Pass n’est rentable que pour des séjours d’une semaine. Un peu perdu à la sortie de la gare dans le dédale des rues car je n’ai pas emprunté la même ligne qu’à l’aller. En plus, les rues n’affichent que rarement un nom et plus rarement encore en anglais. L’office du tourisme du quartier m’indique bien le chemin à prendre pour retourner à l’hôtel mais si on part en sens inverse, c’est raté… Face au Keio Plaza se trouvent la mairie et ses deux observatoires d’où l’on jouit d’une belle vue sur l’immensité de la ville. La direction du mont Fuji est bien signalée, le volcan et les autres montagnes sont prisonniers des nuages. Comme je me suis mis en tête d’acheter une poupée vêtue du costume traditionnel pour la collection familiale, retour sur conseil de l’office du tourisme dans le dédale de la gare de Shinjuku. Sans succès. Un balayage des canaux de télévision ne donne guère envie de regarder le petit (et large) écran. Réveil réglé sur 6 heures, pour le départ de l’excursion au mont Fuji demain matin à 8h25, après le petit déjeuner.
Mercredi 10 avril :
Nouveau changement de restaurant. L’offre culinaire du restaurant Jurin est similaire à celle de l’autre en ce qui concerne le buffet « international ». 8 heures. Me voici un touriste parmi les nombreux autres qui ont prévu d’aller voir de près le Fuji. Il pleut sur Tokyo. Dès que le bus quitte le centre, les gratte-ciels commencent à laisser place à des immeubles de hauteurs plus raisonnables. La durée du trajet jusqu’à la station #5 du mont Fuji est censée être de 150 minutes. Sur la route, la pluie laisse place à la neige, qui tombe de plus en plus fort… Le mont Fuji est un cône volcanique parfaitement symétrique. Il est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis juin 2013.  A sa base se déploie une région de lacs, plateaux, cascades et grottes offrant de beaux paysages naturels, une zone de villégiature très appréciée. La station #5 du mont Fuji se situe à 2300 mètres d’altitude et il neige en ce moment. Aucune visibilité durant la demi-heure au cours de laquelle les touristes devraient admirer les lieux. Pas aujourd’hui. A défaut de voir le sommet, les touristes font des boules de neige… Quelques autobus sont pourvus de chaines. Poursuite du périple vers le lac Ashi où après déjeuner il est prévu une excursion en bateau. Annulée en raison des conditions météorologiques défavorables. Chaque client-voyageur avale, savoure ou laisse une partie du menu unique de son plateau-repas. En pleine tempête de neige, téléphérique pour le mont Komagatake, d’où la vue est superbe (par beau temps) sur la région d’Hakone. La promenade sur le lac est remplacée par la visite du musée d’un artiste peignant sur des kimonos, monsieur Itchiku Kubota. Interdiction formelle de photographier à l’intérieur de la maison. Très joli jardin (japonais !) sous la neige qui continue à tomber.
Afin de découvrir le TGV japonais (le Shinkansen) je laisserai le bus comme beaucoup de clients et depuis la gare d’Odawara, grande vitesse jusqu’à la gare centrale de Tokyo (surcoût 3220 yens) en 45 minutes seulement. Métro pour Shinjuku dont je commence à connaître les recoins, tout comme le monde d’emploi des distributeurs de ticket de métro ou de train. 18 heures à l’hôtel, trempé. Dommage.
Jeudi 11 avril :
Il fait très beau ce matin ! Température prévue au meilleur de la journée 16°. Une fois le petit déjeuner savouré, étant donné que j’ai renoncé à me rendre à Kyoto pour la journée (près de 30.000 yens entre le billet de train Shinkansen et les frais de déplacement sur place) appel de courtoisie à madame Junko Asai pour la remercier de son travail de préparation de cette escapade. Aujourd’hui, découverte en solitaire du quartier de Ueno. L’achat du ticket de métro correspondant à la zone est maintenant devenu un jeu d’enfant ! Première visite au sanctuaire shintoïste Nezu-Junja après avoir fait un très grand détour, pratiquement le tour du quartier sans le trouver, les indications touristiques sont pour le moins minimalistes, sinon inexistantes. Même les policiers installés dans leur Koban (poste de police) ne semblent pas très bien connaître la zone où ils sont affectés. Je découvre finalement le portique d’entrée du sanctuaire connu pour ses plantations d’azalées bien que ce ne soit pas encore la période de floraison. Joli tout de même. Promenade dans la direction du parc d’Ueno, premier parc public ouvert au Japon en 1873, dont la visite m’avait été conseillée par madame Junko. S’il fait soleil, en raison du vent omni présent, je supporte le coupe-vent. Beaucoup de monde se promenant dans ce parc immense que jouxte un zoo. Un grand étang où il est possible de se promener à bord de pédalos à tête de cygnes. Beaucoup d’arbres et des temples à foison. Une pagode à cinq étages visibles de loin surplombe la canopée mais impossible de pénétrer dans son enceinte. Que faire des nombreux papiers entassés dans mes poches ? La ville semble plutôt propre mais curieusement, je l’ai déjà remarqué, pas l’ombre d’une poubelle. Par contre de nombreux points pour recycler verre, plastiques et autres déchets. Les nombreuses échoppes fumantes de nourriture dans le voisinage ne me donnent guère envie d’y gouter…
Gare de Ueno, métro et retour à Shinjuku. Il est 17 heures. A chaque retour du fait que j’emprunte une ligne différente, je suis quelque peu désorienté avant de retrouver une ligne jaune tracée sur le sol, laquelle indique le chemin de l’immeuble regroupant les services du Tokyo Metropolitan Government, voisin de mon hôtel… Un peu de repos avant de dîner et repartir pour le second observatoire voisin pour surplomber et découvrir Tokyo de nuit. Moins spectaculaire que la vision de Manhattan de nuit depuis l’Empire State Building me semble-t-il.
Beaucoup de personnes de tous âges portent un masque médical (2 pour 100 yens dans les distributeurs), malades ne souhaitant pas contaminer leurs semblables ou bien personnes bien portantes soucieuses de se protéger du pollen et/ou de la pollution ? Je suis tout le temps en train de me moucher… Une curiosité dans les toilettes de mon hôtel : en lieu et place d’un cabinet classique elles sont équipées d’un « Whashlet » (fabriqué en Inde par la société Toto – publicité gratuite !), lequel outre sa fonction de cuvette de WC « normale » propose des utilisations complémentaires « jet » et « bidet » ! Essayer c’est adopter. Avec en plus la possibilité d’un fond sonore « neutre » pour couvrir les bruits si nécessaire.
Durant mon périple de ce jeudi j’ai bien essayé d’utiliser le Smartphone mis gracieusement à la disposition des clients dans les chambres de l’hôtel Keio, avec fonction GPS (pour se rendre par exemple plus commodément dans les magasins de luxe). Sans succès, je ne suis pas doué. Heureusement les plans sont écrits en Japonais et Anglais. Dans la rue les gens proposent spontanément leur aide en voyant les étrangers désorientés et bien que ne parlant la plupart du temps que Japonais (à part les plus jeunes) ils sont plein de bonne volonté. En lisant sur la carte le lieu que je cherche : « Ah ! », suivi d’un « Hum… » indique qu’ils réfléchissent à la question et finalement font appel à un autre passant qui aura – peut-être – la solution à mon problème. Domo ! (Merci). Dernière nuit tokyoïte.

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