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Exposition
A Bilbao, Regoyos et Beruete : deux visions modernistes et impressionnistes
A Bilbao, Regoyos et Beruete : deux visions modernistes et impressionnistes

| Anne de Miller-La Cerda

A Bilbao, Regoyos et Beruete : deux visions modernistes et impressionnistes

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Viaduc d'Ormaiztegui par RegoyosRegoyos ©
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Tolède par Beruete © DR
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En ce début de saison printanière, environ soixante-dix paysages impressionnistes ressuscitent au Museo Bellas Artes de Bilbao la beauté de la nature et de l’architecture hispanique pendant la période 1890/1920, le temps d’une exposition « Beruete - Regoyos » issue principalement de la collection de deux ingénieurs passionnés d’art, attirés par une vision plus moderniste de leur pays : le bilbotar José Entrecanales Ibarra et Santiago Corral Pérez.  
Sous l’égide du commissaire de l’exposition et conservateur en chef de la peinture du XIXème siècle au Musée du Prado Javier Barón, à une sélection des deux impressionnistes Dario de Regoyos (1857 -1913) et Aureliano de Beruete (1845 - 1912) accrochés « en duo », ont été joints d'autres artistes-peintres : Agustín Riancho (1841-1929), Francisco Gimeno (1858-1927, Santiago Rusiñol (1861-1905) et Joaquín Sorolla (1863 - 1923). 
Parmi les paysages, ceux  de Dario de Regoyos mettent en exergue l’intérêt pictural des vues du Pays Basque où il vécut. A ses débuts, il partit en France, pays plus réceptif à son talent. En 1889 à Paris, après avoir épousé Henriette de Montguyon, il put  exposer au Salon des Indépendants aux côtés de célèbres artistes français : l’impressionniste Pissarro et le pointilliste Seurat. Puis entre Paris et Bruxelles, l’artiste devint l’un des membres fondateurs du groupe bruxellois d'avant-garde « Les Vingt ».  
De retour en Espagne, il peignit les paysages verdoyants de la Côte Basque (Biscaye et Guipúzcoa ) et de l'Espagne du Nord au climat océanique (Voir à gauche ci-dessus : le  Viaduc d'Ormaiztegui par Regoyos). Ainsi, en hommage à Bilbao, il réalisa « le paysage de l'estuaire de Bilbao » à la composition horizontale. Respectant ainsi le souhait de son père, cette œuvre fut offerte au Musée de Bellas Artes par le petit-fils de Regoyos, président d'honneur d'Acciona, Juan Entrecanales.    
Présentés en opposition de l’œuvre de Regoyos, les paysages impressionnistes d’Aureliano de Beruete (1845–1912), illustrent le climat  méditerranéen des villes castillanes telle Tolède aux  plans successifs de strates de terre rougeâtre et de beige sable (Ci-dessus à droite : Tolède par Beruete).
 reflétant l’Espagne d’antan… À partir de 1903, son pinceau aux tons purs et ponctué de touches impressionnistes, inspiré de Vélasquez et des courants d’avant-garde européens, peindra la Sierra del Guadarrama mais également les Alpes.  Fondateur de la Free Teaching Institution, collectionneur, historien de l'art et musicologue, Beruete fut le plus cultivé de sa génération.  
Encouragé par son ami Beruete, Joaquin Sorolla (1863-1923) peindra une succession d’études exposées dernièrement au musée de Bellas Artes. Ses « notes » servirent à petite échelle de préparation pour les compositions plus ambitieuses, et devinrent progressivement un exercice pour étudier la lumière. Attiré par ses effets de l’Océan aux reflets blanchâtres sur la plage,  l’artiste séjourna à Biarritz, qu’il choisit comme lieu de villégiature en 1906, et à Saint Sébastien, où il séjourna entre 1911 et 1918 et où il peignit à contre-jour, entre ombres et lumières du soir, « Le Mont Urgull » à la consonance gasconne, situé entre la vieille ville et le « Paseo Nuevo » (1917).  
« Le paysage est ainsi le canal de la modernité par excellence de la peinture, qui en Espagne a été associée à une nouvelle vision du pays par les artistes du régénérationnisme, conscients de la valeur historique et culturelle que cela impliquait », commentait le commissaire de l’exposition Javier Barón pour qui, ainsi que pour le directeur du Musée des Beaux-Arts Miguel Zugaza, Aureliano de Beruete et Darío de Regoyos étaient « les artistes les plus fortement liés aux courants européens modernes, tout en voyant dans le paysage une expression de la richesse du pays, bien que sous des angles opposés ». 
Javier Barón a également souligné l'importance du paysage dans l'œuvre de Sorolla, dont le long et lumineux coup de pinceau recrée le paysage verdoyant du mont Urgull, la digue de Donostia ou les plages de Valence. 
A partir du 11 mars jusqu’au 15 juin, « Beruete, Regoyos et les paysages » au Museo Bellas Artes  à Bilbao (ouvert de 10h à 20h. Fermé le mardi). 
Légendes :
1 Le Commissaire de l’exposition et conservateur en chef de la peinture du XIXème siècle au Musée du Prado, Javier Barón commente un tableau de Buerete
2 Viaduc d'Ormaiztegui par Regoyos
3 Tolède par Beruete.
 

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