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Conférence
Opinions d’assistants au colloque de Cambo parvenues à notre rédaction © DR

Opinions d’assistants au colloque de Cambo parvenues à notre rédaction

- Javier Elzo, ancien doyen de la Faculté de sciences politiques et de sociologie de l'Université de Deusto à Bilbao, a retenu plus particulièrement et commenté l’intervention de Mgr. Gérard Defois, archevêque émérite de Lille qui, parmi d’autres idées, a affirmé que « dans l’Église, nous vivons une transformation culturelle de l’appartenance sociale par héritage socioculturel à un processus de « conversion » plus individuel et émotionnel ». Nous abandonnons le christianisme sociologique pour le christianisme de conviction et, citant le pape François, il a affirmé que « nous devons passer d'une approche pastorale à une autre pastorale d'accompagnement ».

Sur le thème du colloque, Mgr Defois a évoqué l'Europe du christianisme. Parmi les autres idées que je souligne, il y a : « Pensez à l'Europe comme à une communauté de ressources et non à une capitale ayant des racines chrétiennes historiques ».

« Penser l'Europe comme un confluent des spiritualités historiques, comme un espace des religions (Assise, le 27 octobre 1986, en est le prototype), appelé à exprimer le salut de l'homme dans son histoire » parce que, « à Assise, a prévu une plate-forme de solidarité qui libère le sujet du totalitarisme technocratique ou idéologique (qui envahit notre monde moderne) et ouvre des perspectives pour l'accueil de l'autre, à la recherche de la vérité intérieure ».

Il a commencé son discours par une phrase à retenir (non textuel, extrait de mes notes, mais je traduis fidèlement sa pensée) : « La religion n’est pas un cataplasme appliqué à une société malade. La religion fait également partie de la société même, soi-disant malade ». Le sacré et le profane ensemble, bien que pas toujours mélangés.

Javier Elzo, Donostia/Saint-Sébastien, 14 août 2018

- A.D. Laurent Martin Desmaretz de Maillebois, ancien dirigeant de société et professeur d’économie politique auprès de l’Institut de Formation Bancaire, se fait plus critique :

M. Michel Camdessus, « baptisé sous le haut patronage de San Mixel Garikoitz Kanboko elizan » au portrait visible sur l'un des murs, cheveux blonds et yeux perçants (1) qui me dévisageaient, ancien Gouverneur de la Banque de France de 1984 à 1987, évita de parler de politique monétaire. Il me sembla même qu'il en avait fait son deuil ? Il ne nous parla que de son livre : " Vers 2050 " où il distingue 11 forces que " les gouvernants, nez sur le guidon " n'identifieraient pas. Essentiellement, ce serait la démographie mondiale qui les animerait. Passant de 2,5 il y a un siècle aux 10 Milliards d'humains escomptés dans 32 ans, il calcule un taux de croissance annuel de 2,5%... Il estime que si l'Europe en représentait 1/3 en 1918, ce sera l'Afrique en 2050 ? Ce faisant, il enfourche le vélo de la théorie mondialiste des 9,5 Milliards, bien connue comme fausse. La démographie mondiale s'étant déjà inversée selon des études sérieuses en ma possession. Il ne connaît pas la "Loi Naturelle". Il vend son livre. J'avais préparé tout un dossier avec les derniers développements économiques, financiers et monétaires. Il resta inutilisé. Aucun appel aux questions. Un très beau chant basque accompagné à l'accordéon finalisa son exposé qui musela l'assistance.

Notre hôte passa alors la parole à Jean-Baptiste de Foucauld, ancien Commissaire au plan, qui s'inscrivit d'office dans la ligne d'Edmond Rostand qui donne son nom à une radiale du bourg basque et dont le double anniversaire de la mort et des cent ans est en ce moment fêté ici. Il commence par un constat de faiblesse qui priverait l'Europe de ses instruments anciens d'audace, d'ambition, d'acceptation des risques, par trop de précautions. Il distingue deux problèmes : d'Institutions et de Civilisations. Le manque d'altérité, les exclusions des meilleurs talents (j'en sais quelque chose), le néo relativisme, les dettes contaminant tous les domaines, la fragilité démocratique, et la perte de spiritualité dévitaliseraient l'Europe. Pourtant, il me choque en trouvant bel et bon que la Catholicité " ait enfin admis de se ranger, de ne plus imposer sa vision " !? Bref, il est perdu et revient aux Institutions. " Il faudrait réinventer l'éducation du peuple " dit-il, ce qui me fit repenser in petto au programme d'Edgar Quinet avec son conflit accentué entre le Curé et l'Instituteur que sa république a justement... institutionnalisé ! Se revendiquant de LREM et de Macron, il s'interroge sans trouver de réponse aux problèmes de l'UE et conclut qu'il faut s'en remettre aux Européens pour l'avenir (2050 ?). Il oublia d'en signaler un exemple : une consultation en cours de tous les Citoyens sur le changement d'heure à laquelle je répondis la veille, qui eut pu lui servir d'exemple ? Aucun appel aux questions. Un très beau chant basque accompagné à l'accordéon finalisa son exposé qui musela l'assistance.

Notre hôte passa alors la parole à Monseigneur Defoix, archevêque émérite de Lille que mon voisin de banc, lillois, était venu spécialement écouter. Affirmant que " les nombreuses (NDLR: Plus de 200) religions ne sont pas des cataplasmes " ni des opiums du peuple selon Marx, il relève que 31% (2,1 à 2,9 Mds d'humains) seront chrétiens (Aristes, Protestants, catholiques, etc...) et 29% islamiques de toutes tendances (1,5 à 2,7 Mds) en 2050 (en redondance avec Camdessus). " Alors qu'autrefois le monde était soutenu par le sens religieux (Un Roi, Une FOI, Une LOI), la Catholique qui en était la Clef de Voûte devenait minoritaire ". L'Archevêque souligna que " l'Église n'était pas en crise mais en situation différente " ? " La fluidité des courants d'idées aurait remplacé la rigidité et L'Église serait en réinvention continuelle " ? Selon Jean-Paul II cité : " L'Église et l'UE seraient deux réalités intimement liées, marquées par l'Histoire, mutuellement enrichies par leurs valeurs pour le bénéfice de l'Humanité entière ". Résultat : " les crises de l'UE deviennent de facto les crises de la Chrétienté impliquant des négociations continuelles entre les différences " ? Il en arrive à la conclusion plus que surprenante qu'il " ne fallait pas imposer nos vérités comme dans les colonies " !? Sur ce l'UE obsède son discours où il voit SEPT chantiers à investir. Il note en passant que 70% des bénévoles du Secours Catholique à Roubaix sont des musulmans... et y voit une " confluence historique des spiritualités " ! " On est en pleine création de sens " affirme-t-il, et " les images bibliques ne sont plus des vérités mais subissent une lecture critique ". Conclusion : " l'UE doit être repensée comme un espace de Formation " dans un monde en transformation instable... Je suis effrayé par le fait - que je soupçonnais déjà depuis longtemps - que la hiérarchie de l'Église Catholique ait oublié le sens du mot, lequel impose la conformité aux enseignements de N.S. Jésus-Christ, lesquels encore ne sont justement pas négociables et doivent être enseignés et imposés idéalement s'il le faut pour le bien commun. L'Église n'est plus de "clef de voûte" ! Aucun appel aux questions. Un très beau chant basque accompagné à l'accordéon finalisa son exposé qui musela l'assistance.

Notre hôte passa alors la parole à Alain Lamassoure, député français au Parlement Européen, qui déclara plus tard y défendre le point de vue français ? Il chargea l'assistance sabre au clair avec son " Enjeu de l'Europe " ! Il commence par rappeler que pendant qu'il parle " des centaines de malheureux se noient dans la méditerranée dans l'indifférence " !? Quel mépris de l'assistance ! " Il faut associer Basques, gascons, Français, Européens dans une Communauté ", mot préféré à union, avec les trois autres conférenciers. Le Royaume-Uni ne saurait plus, selon lui, " comment quitter l'Union " ? En fait, Le Gouvernement de Sa Majesté très Britannique préférerait négocier mais partira quand même sans, dixit Mme Théresa May, dans mes sources, en dépit du vote de la Chambre des Lords. Ce député de la France au P.E. pense que l'UE mettra le même temps que les Cathédrales pour se construire, avec des changements en cours de route, comme elles. Il fustige alors sans préavis les souverainistes, indépendantistes et autres populistes comme étant des "racistes" et qualifie le climat européen qu'ils infligent à l'Union de "puant" : " cela pue ", insiste-t-il lourdement. Comme j'en suis un sans pour autant être "raciste" du tout, j'ai failli partir de cette réunion de propagande ! C'est son discours, me dis-je in petto, qui pue... Que je sache : refuser la colonisation de la France et de l'Europe par ce qui se révèle trop souvent être des bandes de sauvages qui brûlent, violent, agressent et pire, piétinent la plus belle civilisation du monde, est non seulement un droit ancien, mais un devoir actuel ! Je repense aux Orientales de Victor Hugo... En redondance avec Camdessus et de Foucauld, il "voit" qu'au XXème siècle 1/5 des Humains étaient européens et 1/20 des Africains alors qu'au XXIème (en 2050 ?) : 1/20 seront des Européens et 1/5 des Africains...

Là-dessus, Son Excellence le cardinal Etchegaray arrive en fauteuil roulant poussé par une aide sous les bravos et acclamations d'une "standing ovation" (en anglais) réclamée par le Curé-hôte en début de réunion. Le cardinal ne voulant pas prendre la parole, c’est Alain Lamassoure qui la reprit malheureusement pour... insister encore dans son langage de haine des "populistes". Aucun appel aux questions. Un très beau chant basque accompagné à l'accordéon finalisa son exposé qui musela l'assistance.

Monsieur le Curé-Hôte allait mettre fin à la réunion mais repensa à réclamer d'éventuelles interventions d'élus ou de représentants d'associations ? Après un long silence, comme personne ne... Ah ! Si, un médecin vient au micro demander avec beaucoup de circonlocutions si, des fois, " il ne serait pas préférable de s'occuper des 21.000 suicidaires, des pauvres, des victimes d'agressions ou de dégâts domestiques etc., plutôt que des "immigrés" "? Alain Lamassoure, agacé, répondit que " l'Europe n'avait pas à s'occuper des problèmes divers de proximités " ! Toujours l'Europe occupe les cervelles de ces quatre-là ! Tant pis pour nous, en somme... Et puis un jeune Irlandais, installé à Biarritz, spécialiste du marketing en Chine, parlant le Chinois appris-je ensuite, en sus du basque et du Français, vint imposer sa question jugée par l'assistance très naïve qui s'esclaffa : " y-a-t-il de l’argent au Paradis " ? La réponse de Mgr Defoix fut théologique et tranchante : " Non ! Il n'y a pas d'argent au Paradis car là où il y a Dieu, il n'y a pas de place pour l'argent. On ne peut servir deux Maîtres à la fois " ! C'est évident.

A.D. Laurent Martin Desmaretz de Maillebois

1) http://www.paroisse-garikoitz-lapurdi.org/garicoitz.html
Sources
: mes notes personnelles prises lors de la réunion.

 

 

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