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Tourisme
Louis d’Arcangues, un Basque au Belarus
Louis d’Arcangues, un Basque au Belarus

| Louis d’Arcangues

Louis d’Arcangues, un Basque au Belarus

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Univermag (grand-magasin) "Belarus" ©
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Le métro de Minsk ©
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Un pays dont on ne parle seulement que lorsque son « président » se livre à des manœuvres de répression populaire staliniennes, ou bien lorsque ce dernier déclare qu’il faut boire de la vodka afin de ne pas tomber malade du coronavirus. La dictature, ça a du bon ! Me voilà à Minsk, la capitale, depuis déjà une bonne semaine, et je me sens libre : bars et restaurants sont ouverts normalement, mais à quel prix ? 

Belarus, ou Biélorussie, veut dire littéralement « Russie blanche », le mot « Rus » étant commun au « Rus de Kiev » (le premier état slave oriental d’Ukraine) et à « Russie », cette nation enclavée est donc très proche de ses deux frères. Les proximités sont telles qu’il est quasiment impossible de distinguer russes et biélorusses. Pourtant le Belarus dispose d’une langue indigène : le biélorusse, bien qu’elle soit en grande partie délaissée au profit du russe. Résultat d’une politique de russification ne datant pas seulement de l’ère soviétique, mais qui n’a cessé de continuer après 1991. 

Disposant d’un riche patrimoine naturel composé de marais et de la dernière forêt primaire d’Europe, la république de Biélorussie est un pays très paisible pour les voyageurs, à condition de respecter les règles. Car oui, il s’agit bien de la dernière dictature d’Europe : le KGB est toujours en fonction, le pays applique la peine de mort et bien sûr, l’opposition est en exil. Mais cela ne m’a en rien découragé de visiter ce pays si intrigant et complètement oublié en Europe, et je dois avouer que l’ordre règne : une « propreté soviétique » arpente les larges rues uniformes de Minsk. L’insécurité est par ailleurs inexistante et l’atmosphère résonnant dans cette capitale est toute particulière. 

Minsk ayant été une victime de « l’opération Barbarossa » (*), la ville à été détruite à 90 pour cent, la capitale a donc été repensée à la mode soviétique dans les années 50, et très peu de monuments demeurent. Les amateurs de brutalisme seront cependant comblés car les angles ne manquent pas. Ces deux derniers jours, la température avoisinait les -20 degrés, ce qui n’invite pas spécialement à la promenade, mais qu’importe, car mes journées sont meublées par l’apprentissage de la langue russe (en ligne à défaut de pouvoir aller à Moscou). 

Les biélorusses se sentent victimes d’un certain « apartheid » : ils vivent entre une Europe et une Russie plus ouvertes sur le monde, dans un pays cultivant la nostalgie soviétique. L’homme fort de la nation aux 25 ans de règne est vu par beaucoup comme un dinosaure, l’enfant d’un système bien obsolète de nos jours. Leur stupéfaction lorsque je leur explique que je suis français et que je suis ici pour découvrir leur pays tout en pratiquant mon russe me surprend toujours. Et pour cause, peu de touristes se rendent au Belarus car « il n’y a rien à voir » (faux !). En effet, en dehors de la capitale, les villes de Grodno et de Gomel regorgent d’histoire et nombreux sont les monuments, forteresses et paysages idyllique dans ce pays aux portes du vaste monde slave oriental. 

(*) NDLR. : « opération Barbarossa », nom de code désignant l'invasion à partir du 22 juin 1941, de l'Union soviétique par l’Allemagne du IIIème Reich, pendant la Seconde Guerre mondiale.

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L'église de Tous-les-Saints de Minsk en hommage aux anciens combattants, dont la première pierre avait été posée en 1991 par le patriarche Alexis II de Moscou.JPEG
L'église de Tous-les-Saints de Minsk en hommage aux anciens combattants, dont la première pierre avait été posée en 1991 par le patriarche Alexis II de Moscou ©
L'église de Tous-les-Saints de Minsk en hommage aux anciens combattants, dont la première pierre avait été posée en 1991 par le patriarche Alexis II de Moscou.JPEG

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Martin Dupuy | 31/01/2021 12:38

Encore un superbe article... Un style épatant et une plume unique caractéristique à la famille d'Arcangues... Je suis admiratif, comme je l'ai toujours été envers Louis lorsque nous étions en cours ensemble.

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