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Les chemins de Saint-Jacques, « un chemin d'écologie intégrale » © Christophe Laflaquière – Mgr Aillet avec Vincent Destais et Annie Cardinet

| Alexandre de La Cerda

Les chemins de Saint-Jacques, « un chemin d'écologie intégrale »

Le dimanche 10 novembre correspondait à la « Journée pour rendre grâce pour les fruits de la terre et du travail » : depuis 1951, le deuxième dimanche de novembre, on célèbre dans le monde catholique cette journée dédiée à remercier Dieu pour tous les produits de la terre cultivée par le travail de l'homme. Elle a été choisie ce dimanche du mois, car c'est la plus proche du 11 novembre, fête de Saint Martin qui, dans la tradition agricole, coïncide avec la clôture de l'année agricole et le renouvellement des contrats. Et quels plus beaux mots de remerciement pourrait-on prononcer si ce n'est ceux de Saint François d'Assise : "Laudato si, Seigneur", pour notre terre, qui produit une telle diversité de fruits de fleurs et d'herbes aux riches couleurs couleurs flori et herba ! L'occasion d'une prise de conscience de la transformation écologique à partir de six témoignages « engagés » entendus au début de la récente Assemblée Plénière des évêques à Lourdes. « Une opportunité historique pour réveiller le sens de la Foi dans le Créateur chez nos contemporains comme l'avait déjà énoncé Benoît XVI », rappelait Mgr Aillet : « contrairement à quelque militantisme, il s'agissait de déterminer, comment annoncer la Parole de l'Evangile dans ce contexte dont se saisissent pratiquement tous nos contemporains ». L'évêque de Bayonne avait invité deux représentants du diocèse qui pourront ensuite aider ses instances pastorales à réfléchir à son engagement écologique : le directeur diocésain de l'enseignement catholique Vincent Destais « pour permettre aux jeunes de se saisir de cette question de manière chrétienne », et un prêtre référent du diocèse pour les chemins de Saint-Jacques, « un chemin d'écologie intégrale » selon l'évêque de Bayonne : « on quitte des rythmes de vie effrénés, on renonce à une boulimie de moyens techniques, on contemple et on marche au pas de la Création qui nous permet d'accéder à la Transcendance, et finalement, au Créateur »

Chemins de Saint-Jacques : naissance d’une credencial commune

L’Assemblée Plénière des évêques à Lourdes a également constitué le cadre de la signature de la « Credencial commune » entre Mgr Aillet, représentant l’Eglise de France, et Annie Cardinet, présidente de la Fédération Française des Associations des Chemins de Compostelle. Autrefois, le pèlerin désirant se rendre en un sanctuaire lointain demandait une lettre de recommandation au curé de sa paroisse. Cette lettre attestait son état de pèlerin recommandable à ceux qui pouvaient lui offrir l’hospitalité. Elle lui servait aussi de laisser-passer auprès des autorités civiles, militaires et ecclésiastiques rencontrées sur sa route.
Jusqu’à aujourd’hui, deux types d’accréditation ont existé :
- La créanciale, document délivré en mains propres par un représentant de l’Église catholique à toute personne effectuant une démarche personnelle en s'engageant sur le chemin de pèlerinage et dont les évêques de Rodez et du Puy sont à l’origine.
- La credencial (avec des variantes d’orthographes), document délivré par les associations laïques, jacquaires, offices de tourisme, et dont la Société Française a été à l’origine.
Ces documents, de quelque origine qu’ils soient, sont indispensables pour avoir accès aux hospices et gîtes. Tamponnés, datés et signés à chaque étape, ce « passeport » permet au pèlerin de justifier du bon accomplissement de son pèlerinage et d’obtenir ainsi une attestation, la compostela, à son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle. A l’occasion d’un rapprochement entre elles, les associations jacquaires laïques et chrétienne avaient déjà signé il y a deux ans un partenariat visant à unir leurs efforts au service des chemins de Saint-Jacques et des pèlerins. Elles ont alors décidé de d’élaborer une credencial commune.
Ce nouveau document, comme l’ancien, sera remis lors d’une rencontre personnelle, temps privilégié où le pèlerin peut faire le point sur ses motivations, ses attentes, ses craintes. Et la nouveauté, c’est le tampon du retour qui permettra au pèlerin de rencontrer le représentant de l'Eglise, ou bien l'association qui lui aura confié le document. Cette démarche pourra être source de débat, de réflexion et peut-être qu'ainsi son pèlerinage ne s'achèvera pas à Compostelle ; mais cela lui donnera l’occasion de poursuivre son pèlerinage de manièresymbolique sur son chemin de vie. Cette credencial commune, approuvée par les deux parties, a donc été o fficialisée à Lourdes jeudi dernier.

Signalons encore que l’association "loi 1901" Webcompostella (8, rue du collège à 12190 - Estaing) a créé sur Internet une communauté regroupant les amateurs de pèlerinage et les différents intervenants de la route de Compostelle. Elle édite des Guides de Haltes chrétiennes sur les différentes voies françaises et le Camino Frances tout en fournissant aux pèlerins une assistance et des services au plan culturel, artistique et spirituel, ainsi qu'un accueil pour les francophones. Tous les diocèses situés sur un des chemins de pèlerinage ont vocation à y adhérer. L’évêque de Bayonne, Mgr Aillet, référent pour la pastorale du Chemin de Saint Jacques auprès de la Conférence des évêques de France, en est membre de droit.

https://www.webcompostella.com/

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