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Portrait
In Memoriam : Olga Hagar Galitzine © DR

| Alexandre de La Cerda

In Memoriam : Olga Hagar Galitzine

Un service religieux en mémoire d’Olga Hagar, née princesse Galitzine, sera célébré le samedi 14 octobre prochain à 11 heures à l’église russe de Biarritz, avenue de l’Impératrice. Avec le départ, le 17 juillet dernier à l'âge de 95 ans, de cette femme d’une exquise courtoisie, toujours prévenante et souriante, éminemment cultivée et polyglotte, c’est une digne représentante de cette société policée, hélas en voie de disparition, que vient de perdre la côte basque, et tout un pan de l'histoire de Biarritz qui s'achève, tant la famille des princes Galitzine a marqué notre région, avant et après la révolution russe de 1917. L’entourage de Napoléon III comptait déjà à la Villa Eugénie des représentants de cette maison princière de Russie provenant de la dynastie Gédiminide ayant régné au grand-duché de Lituanie et dont un descendant, le prince Mikhaïl Boulgakov, fut surnommé « Galitsa » pour un gant de fer dont il recouvrait habituellement sa main gauche. Illustre lignée qui a donné à la Russie de grands hommes d'État, des chefs de guerre, mais aussi des acteurs culturels importants, tel le prince le prince Nicolas Galitzine, grand admirateur de Beethoven qui, en novembre 1822, commanda au compositeur ses derniers quatuors à cordes, parfois appelés les Quatuors Galitzine. Le prince avait vécu pendant un certain temps à Vienne et appréciait la musique de Haydn, Mozart et Beethoven. Lui-même violoncelliste reconnu - avec son épouse, pianiste accomplie -, Nicolas Galitzine avait arrangé des œuvres pour piano de Beethoven en quatuors ou quintettes à cordes…
Quant à Olga Hagar-Galitzine, elle était la fille de la princesse Olga Galitzine, bien connue sur la côte basque où elle recevait fastueusement dans sa belle villa de Chiberta. Née le 2 mai 1922 à Paris, elle avait été reconnue par sa mère le 27 juin suivant, puis le 27 novembre 1935 par le prince Alexandre Galitzine, puis adoptée le 3 mai 1939 par Boris Galitzine, puis à nouveau adoptée par Pierre Laguionie (son père naturel, qui était administrateur majoritaire des magasins du Printemps à Paris).
De son premier mariage avec Boris Alain Lyszczynski-Troiekurov, elle eut un fils, Pierre, qu’elle eut la douleur de perdre peu de temps avant son décès, lequel s’était occupé d’elle avec dévouement, jusqu’à l’année dernière. Il avait pu figurer dans la distribution du célèbre film « Un Américain à Paris » grâce au fait que sa mère était à l’époque l’assistante de Judy Garland !
On se souvient également du californien Warren Hagar, professeur d'histoire, avec qui elle vécut de nombreuses années à Carmel, en Californie, où elle dirigeait une agence de voyage, non sans revenir chaque année pour un long séjour sur la côte basque qu’elle affectionnait particulièrement et où elle retrouvait ses nombreux amis de jeunesse. C'est sans doute avec ce dernier mari qu'elle sembla trouver une sorte de paix. Warren était un homme cultivé et affable qui s'intégra très bien dans son cercle d'amis biarrots, souvent bridgeurs.
Olga avait la passion des voyages, elle avait sillonné tous les continents, parlait anglais, français et portugais et avait des amis partout. Elle était de nature généreuse, enjouée, et très fidèle en amitié. Lorsque la villa de sa mère à Chiberta fut vendue, ce dont elle ne se consola jamais, elle accueillit toujours avec beaucoup de gentillesse, d'affection et de générosité, dans son appartement de Biarritz, ses neveux et nièces. Jusqu'à son dernier souffle, même diminuée par la maladie, elle continua à s'intéresser à la politique et aux affaires du monde.
Mémoire éternelle !
Alexandre de La Cerda
 

 

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