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Patrimoine
Bayonne : clichés de la côte basque d’antan et d’aujourd’hui au Musée Basque © DR

| Han izango dena

Bayonne : clichés de la côte basque d’antan et d’aujourd’hui au Musée Basque

Après Bayonne et le Pays Basque intérieur, « Côte Basque avant / après » constitue le troisième et dernier volet d’une exploration du territoire basque depuis la fin du XIXe siècle par le biais d’un jeu de confrontation entre des photographies anciennes, toutes issues des collections du Musée Basque et de l’histoire de Bayonne, et le même point de vue aujourd’hui. La rencontre de deux instants de l’histoire d’un lieu, séparés de plus d’un siècle ou de quelques dizaines d’années, donne à voir de manière spectaculaire le flux silencieux du temps, celui qui s’écoule en marge du tumulte des événements et dont la sédimentation s’analyse en termes de mutations ou de permanences, de naissances ou de disparitions, d’accélérations ou de résistances. Par un raccourci saisissant, cette mise en parallèle révèle l’empreinte laissée dans la matière des paysages par la succession des choix et des activités des hommes.
Si l’expression Côte Basque désigne l’ensemble du littoral basque jusqu’à la limite de la Biscaye, celle qui nous intéresse dans le cadre de cet exercice s’étend en Iparralde, de l’embouchure de l’Adour à celle de la Bidassoa. Une trentaine de kilomètres en front d’océan partagés en 8 communes, où se succèdent grandes plages de sable et falaises culminant à plus de 50 mètres.
Cette étroite bande de terre ne représente que 4,5 % du territoire de la Communauté d’agglomération Pays Basque mais bénéfice d’un poids déterminant. Elle regroupe près de 40 % de la population, jouit d’une attractivité très forte et concentre une part majeure desreprésentations du Pays Basque dans l’imaginaire collectif.
Son activité fut pendant des siècles tournée vers l’océan, avant que la vague du balnéaire au XIXe siècle n’entraîne de profondes transformations. L’histoire est bien connue. Napoléon et Eugénie mettent Biarritz et à la Côte Basque à la mode dans les années 1850, générant un flux de nouveaux arrivants que l’installation du chemin de fer une décennie plus tard contribue àaccroître. La rapidité des transformations produites par les nouveaux usages de la côte (développement des constructions, apparition d’activités et de formes architecturales nouvelles,modification des paysages, etc.) bouleverse des équilibres séculaires et fait naître les premièresinquiétudes quant à la disparition des spécificités du territoire. Le Musée de la tradition basque 3 et bayonnaise, créé en 1922, est le produit de ce besoin nouveau de préservation. L’attractivité de la côte s’est renforcée par étapes au cours du XXe siècle et le rythme des transformations s’est accéléré. Aujourd’hui en pleine croissance démographique et immobilière, la côte reste le lieu le plus marqué par les changements, où les questions de paysage, d’urbanisme et de maîtrise du développement sont les plus sensibles.
« Avant Après », trois expositions Musée Basque
Confronter une photographie ancienne au même point de vue contemporain rend ainsi perceptible, en un regard, l’épaisseur du temps. La présentation simultanée de ces deux temps fait apparaître, dans un processus saisissant d’archéologie visuelle, les différentes strates déposées en couches successives par les activités et les choix des hommes en un lieu donné. C’est à cet exercice que se sont livrés, sous la houlette de Jacques Battesti, commissaire des expositions « Avant Après, », Alain Arnold, régisseur des collections et Anaiz Aphaule-Duperret, chargée des collections. Ils ont soigneusement repéré les lieux, puis arpenté les chemins, les grèves et les bords de routes, à la recherche de paysages, bâtiments anciens, etxe rénovées ou disparues, pour les figer de nouveau dans leur objectif, selon un angle conforme au cliché original. Un travail méticuleux dont la précision permet à la magie d’opérer, au jeu de miroir de fonctionner, et au dépôt de l’histoire d’apparaître sous nos yeux.

Du 3 juillet au 29 septembre au Musée Basque, salle Xokoa, entrée libre. L’exposition est accompagnée d’un ouvrage édité par le Festin qui constitue le catalogue rétrospectif du cycle d’expositions « Avant/Après » : Pays Basque hier et aujourd’hui, Euskal Herria atizin gero. Le Festin, 128 pages, 17x24 cm, 14,5 €

Autour de l’exposition : visites commentées par Jacques Battesti, commissaire de l’exposition les jeudis 11, 8 juillet et 29 août, 18h : sur inscription au tél. 05 59 59 08 98.

L’entrée du musée est gratuite tous les premiers dimanches du mois. Soirées du jeudi : en juillet (sauf le 25) et en août, l’entrée du musée est gratuite tous les jeudis en soirée, de 18h30 à 20h30.

Programme et informations pratiques : musee-basque.com

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