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Tradition
Les Dominicaines de Monteils : les « Embruns » à Bidart et les « Flots » à Hendaye © DR - Procession de Pentecôte aux « Embruns », années 50/60

| François-Xavier Esponde

Les Dominicaines de Monteils : les « Embruns » à Bidart et les « Flots » à Hendaye

Le centenaire des « Embruns » à Bidart vient d’être commémoré en présence du maire, de la direction et du personnel médical ainsi que des Sœurs dominicaines fondatrices  de cet établissement de soins.
Il y a un siècle, le Docteur Pierre Peyret, médecin militaire lors de la Première Guerre mondiale, s’installa au château d’Ilbarritz, transformé en hôpital militaire pour soigner les soldats revenant tuberculeux de la guerre.  Séduit par le Pays Basque, il acheta en 1919 la petite ferme « La Palmeraie » à Bidart qu’il transforma pour recevoir les soldats tuberculeux d’Ilbarritz en fin de cure. Très vite, « La Palmeraie » devint « Les Embruns » et l’établissement commença à s’agrandir. Les besoins d’extension conduisirent le docteur Peyret qui accueillait de nombreux malades atteints de la tuberculose, à rehausser la ferme et à construire un autre pavillon, appelé ensuite pavillon Peyret .
En 1930, le petit bâtiment unissant les deux pavillons est démoli pour être remplacé par un nouvel édifice de trois étages. Au début, les patients étaient exclusivement des hommes, et c’est en 1929 que la première femme sera soignée aux Embruns.
Le docteur Peyret meurt en 1938 et son épouse, avec l’assistance médicale du docteur Aufaure, reprend les rênes. A la demande de Madame Peyret, les sœurs dominicaines de Monteils arrivent en 1957.
En 1961 est créée l’association « Institut Hélio-Marin du Dr Peyret » qui bénéficiera du legs de ses biens par Madame Peyret, à défaut de la communauté des sœurs comme, c’était son intention. En effet, à l’époque, la congrégation des sœurs dominicaines n’a, au regard de la loi française, aucune existence juridique. En 1966 après le décès de Madame  ses biens, la direction de l’établissement est alors confiée à Sœur Jacques-Marie.

La tuberculose disparaissant, l’établissement doit s’adapter à de nouvelles prises en charge et s’oriente vers la Rééducation fonctionnelle et c’est en 1971, après l’obtention de toutes les autorisations, qu’est inaugurée la piscine d’eau de mer chauffée. Elle sera utilisée pendant plus de 40 ans. Sœur Jacques-Marie restera directrice jusqu’en 1999. L’Association doit alors s’adapter une nouvelle fois aux besoins de santé de la population du territoire et engage de gros travaux d’aménagement et de modernisation qui permettent aux patients de bénéficier de 80 lits d’hospitalisation complète et de 25 places d’hospitalisation de jour.
C’est en 2010 que l’ARS autorisera les Embruns à exercer l’activité de soins de suite et de réadaptation polyvalents et spécialisés en affections de l’appareil locomoteur et pathologies neurologiques. Le Conseil d’Administration décide alors de moderniser les plateaux techniques et obtient le soutien financier de l’Agence Régionale de Santé pour ouvrir, en 2014, un superbe bassin de balnéothérapie.
Plus récemment, l’établissement souhaitant offrir aux patients les dernières technologies en matière de rééducation fonctionnelle a fait l’acquisition d’un appareil d’isocinétisme  permettant de rééduquer les articulations et de renforcer la capacité musculaire, d’un tapis d’analyse de la marche et d’un simulateur de conduite. Une salle d’Activité Physique Adaptée dite « Gymnase », de plus de 175 m2, est aménagée à l’emplacement de la première piscine, pour l’adaptation nécessaire à la pratique d’activités physiques pour des personnes subissant les effets d'un handicap ou d'une maladie.
Enfin, les médecins spécialisés en Médecine Physique et de Réadaptation, associés au Centre Hospitalier de la Côte Basque, travaillent sur un programme de recherche sur l’utilisation du Stand Up Paddle dans la prévention de l’évolution de la maladie de Parkinson. 
Le panel des actes de rééducation aux Embruns est large, on pourrait également citer les injections de toxine botulique sous échographe pour améliorer la précision des injections dans le traitement de la spasticité. Ainsi, l’équipe des Embruns met tout en œuvre afin de promouvoir la qualité des soins et la sécurité des patients. Les réponses aux besoins de Rééducation et Réadaptation des patients de la Côte Basque sont assurées par des médecins et des rééducateurs dont la compétence est reconnue et grâce à l’attention et au dévouement des personnels soignants et logistiques et au dynamisme de l’équipe de direction.

Les Dominicaines de Monteils
Fondées en 1850 par Alexandrine / mère Anastasie, leur supérieure, ces religieuses Dominicaines étaient issues de familles nombreuses du Rouergue, un pays rural qui ressemblait, en ce XIXème siècle, au Pays Basque.
Elles créeront des écoles pour alphabétiser les enfants issus des campagnes de l’Aveyron, et se joindront dès 1885 aux Dominicains de Toulouse dans leurs missions au Brésil où l’on trouve désormais les recrues dominicaines de cette congrégation.
Formées à l’enseignement et au soin curatif des malades et des indigents, ces femmes valeureuses, reconnues et appréciées prendront en charge deux maisons sur la côte basque : « Les Flots » à Hendaye et les « Embruns » à Bidart, cette dernière ayant été dirigée des années durant par Mère Jacques, une soeur connue comme infirmière et assistante du peintre Henri Matisse en ses premières années de service, avant son entrée dans l’ordre des dominicaines.
Elle inspira le maître , lui servit de modèle et lui demanda d’illustrer la chapelle dominicaine du Rosaire de Vence, que le peintre réalisa après quatre années de labeur continu. Mère Jacques évoquait l’artiste avec une affection particulière, et nourrissait le goût inné de la peinture. On prétendit même qu’elle lui avait inspiré des créations la représentant auprès du maître...
Au cours du XIXème siècle, la congrégation donna aux diocèses de France, particulièrement au sud, des religieuses, en particulier celles qui rejoignirent la Côte basque dans ces deux maisons de soins appréciées par les patients provenant des deux côtés des Pyrénées. Depuis lors, les religieuses ont quitté ces établissements tout en gardant leur propriété. Appelées dominicaines de Monteils, leur souvenir et leur présence active a laissé dans la région une empreinte bénéfique rappelée en ce centenaire par les acteurs actuels de ces maisons de soins et de convalescence.

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Philippe Isidori | 29/02/2020 14:16

Je recherche des informations sur l'historique de la Pension "Les Flots", et des Sœurs Dominicaines, à Hendaye Plage, pour reconstituer l'histoire du quartier des 2 jumeaux, entre le Sana et la Chapelle Ste Anne.

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