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Histoire
Le pape a reçu le président russe Vladimir Poutine pendant une heure d’entretien © DR

| Iñazio Arregui et ALC

Le pape a reçu le président russe Vladimir Poutine pendant une heure d’entretien

Le père Iñazio Arregui, ancien directeur de Loiolako Herri Irratia (Radio popular de Loyola) avant de « mettre sur rail » Radio Euskadi (la radio publique basque) et d’assurer la direction des émissions en castillan de Radio Vatican, tient à présent « loiolaxxi », un blog sur l’actualité religieuse depuis l’université jésuite de Deusto à Bilbao où il a pris sa retraite. Il vient de publier cette information : « Cité du Vatican. En ce jeudi 4 juillet, dixième anniversaire de l'échange d'ambassadeurs entre l'Etat du Vatican et la Russie, l'audience au Vatican du pape François avec le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a duré environ une heure. La conversation privée a eu lieu dans la salle de la bibliothèque du Palais apostolique, après l’arrivée du chef du Kremlin peu après 14 heures, précédée par le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergeï Lavrov. Puis, le président russe a rencontré le cardinal Parolin et l'archevêque Gallagher. Comme l’a indiqué le bureau de presse du Saint-Siège, au cours d’entretiens cordiaux, le pape et le président russe ont exprimé leur satisfaction pour le développement des relations bilatérales, qui se sont renforcées aujourd'hui avec la signature d'un protocole d'entente concernant la collaboration entre l’Hôpital « Bambino Gesù » et les hôpitaux pour enfants de la Fédération de Russie. Certaines questions importantes pour la vie de l'Église catholique en Russie ont également été abordées. Au cours de la conversation, la question écologique et certaines questions internationales d'actualité ont été abordées, avec une référence particulière à la Syrie, à l'Ukraine et au Venezuela ». Le Père Arregui publie ensuite un passionnant historique des visites de Vladimir Poutine au Vatican, celle d’aujourd'hui constituant la sixième (depuis l’audience de Jean-Paul II le 5 juin 2000), et la troisième audience avec le pape François.

Ajoutons que selon les autorités russes, devaient ainsi être abordés la mise en place rapide en Syrie d'infrastructures civiles et la fourniture d'une assistance humanitaire aux victimes ainsi que les travaux de restauration et de préservation des sanctuaires chrétiens et des institutions affiliées. En outre, devrait être évoquée la situation dans le sud-est de l'Ukraine, « les perspectives de mise en œuvre d'un certain nombre de projets humanitaires dans le Donbass par le biais de l'Eglise catholique romaine ». Le Pape et le Président ont également procédé à un échange de cadeaux : une icône des apôtres Pierre et Paul ainsi qu’un enregistrement du « Péché », le dernier film du réalisateur russe Andreï Kontchalovski consacré à Michel-Ange et réalisé cette année en Italie offerts par Wladimir Poutine ; une médaille commémorative et une eau-forte sur la place Saint-Pierre du peintre Giuseppe Vasi (1744) de la part de François. Dans un entretien "à bâtons rompus" qui a suivi son entrevue avec le Pape, Wladimir Poutine a révélé que sur le bureau pontifical se trouvaient toujours des ouvrages de Dostoievsky et de Léon Tolstoi, François lui ayant même affirmé que "sans la lecture de Dostoievsky, sans réaliser la profondeur de sa philosophie, il était difficile d'être prêtre" ! Et le président russe de conclure : "Vous savez, c'est très révélateur de nos communes et profondes racines spirituelles"...
Quant à la question de l'invitation du pape François en Russie, elle ne devait pas être soulevée, avait déclaré l'assistant du chef de l'Etat russe Youri Ouchakov, « étant donné que le pape est non seulement le chef de l’Etat du Vatican, mais également le chef de l’Église catholique romaine, nous devons examiner cette question, en particulier avec les représentants de notre Église (le Patriarcat de Moscou, ndlr.). Mais pour le moment, elle ne figure pas à l'ordre du jour ». Cependant, le dialogue entre l’église orthodoxe russe et l’Église catholique romaine fait partie intégrante des relations bilatérales : « Ces relations ont acquis un nouveau niveau après la réunion historique qui a eu lieu le 12 février 2016 à La Havane, pour la première fois depuis l'époque de la scission de l'église en 1054, entre le patriarche de Moscou, Kirill et le pape François ». Cette première (en 1.000 ans) rencontre historique entre chefs des deux plus grandes confessions chrétiennes s'était soldée par la signature d'une déclaration commune, appelant les dirigeants politiques à intervenir en faveur des chrétiens d'Orient. Elle avait été décryptée par Guillaume d'Alançon, ancien secrétaire de Mgr Aillet, évêque de Bayonne, dont il avait organisé la visite avec une délégation du diocèse bayonnais au Patriarcat de Moscou deux ans auparavant.
L'Europe mise au placard
D'après le pape François cette rencontre se préparait depuis deux ans dans un secret total, même si elle a été prévue non pas dans un bureau secret, ni dans un palais, ni dans un monastère mais dans un aéroport (l'un des endroits le plus animé de n'importe quelle ville). Pourquoi n'a-t-elle pas eut lieu en Europe ? Pourquoi un autre continent ? Pourquoi Cuba ? Pourquoi l'aéroport ?
En fait, l'Europe ne convenait pas car l'histoire des conflits entre les chrétiens a été liée avec elle, en commençant par le grand schisme de 1054, qui a causé la séparation historique de l’Église. Le choix d'un autre continent est une pure coïncidence des dates de la visite du Patriarche de l'Amérique latine et celles du Pontife du Mexique. Quant au Cuba, ce pays représente un endroit neutre qui se trouve sous la protection du patriarche Cyrille comme du pape François. Étant encore métropolite le patriarche Cyrille a consacrée à la Havane une nouvelle cathédrale orthodoxe, construite sur son initiative. À son tour, le pape a aidé à la récréation des relations diplomatiques entre les États-Unis et le Cuba en 2015. L'aéroport a également été choisi comme un lieu neutre où il n'y a aucun objet et/ou signe religieux ni catholiques ni orthodoxe.
La rencontre avait commencé par des baisers fraternels. Après un échange de cadeaux, le pape et le patriarche s'étaient retirés pour une conversation à huis clos. Durant deux heures, tous les chrétiens du monde attendaient l'issue de cette discutions. A la fin de ce tête à tête, le patriarche Cyrille et le pape François ont signé la déclaration commune. Une fois de plus, ils se sont pris dans les bras pour ainsi fixer ce moment important. Puis, ils ont fait leurs brèves déclarations à la presse. Le patriarche Cyrille a été le premier à prendre la parole. Il a souligné que la rencontre s'est déroulé dans « une pleine compréhension de la responsabilité de son Eglise, pour son peuple croyant, pour l'avenir du christianisme et l'avenir de la civilisation humaine" pour éviter la guerre, respecter la vie humaine, renforcer la famille et la morale publique. Les deux Églises peuvent donc travailler de manière active pour protéger les chrétiens du monde entier. Le patriarche Cyrille a appelé cette conversation, avec le pape, fraternel. À son tour, le pape François a nommé le patriarche Cyrille son frère. Il a également souligné que durant ce dialogue il a senti la présence du Saint-Esprit. A toutes les personnes présentes et surtout au président de Cuba, il a dit que Cuba pourrait devenir la capitale de l'unité.
La déclaration signée : ce qu'il faut retenir
• Nous appelons nos Églises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit. Nous exhortons toutes les parties du conflit en Ukraine à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’«uniatisme» du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Église, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité.
• Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.
• Nous appelons les croyants à prier pour que Dieu protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale, écrivent-ils.
• Nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes.
• Patriarche Cyrille et pape de Rome reconnaissent en tant que famille seulement l'union de l'homme et de la femme et sont opposés à l'euthanasie et à l'avortement.

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