0
Actualités
L'Aviron en fête... une histoire bayonnaise !
L'Aviron en fête... une histoire bayonnaise !

| Alexandre de La Cerda 619 mots

L'Aviron en fête... une histoire bayonnaise !

z sur la place.jpg
La grande foule sur la place... ©
z sur la place.jpg
z et sur la Nive.jpg
... et sur la Nive ! ©
z et sur la Nive.jpg

Après leur victoire en finale de Pro D2 face aux Montois, les joueurs de l'Aviron Bayonnais ont été reçus dans le grand salon de l'Hôtel de Ville pour être félicités par le maire, Me Jean-René Etchegaray, les élus du Conseil municipal et de nombreux admirateurs, parmi lesquels on notait le sous-préfet de Bayonne, Philippe Le Moing-Surzur, le président du "Parlement de Navarre" à Pau, Jean-Jacques Lasserre, le maire d'Anglet Claude Olive, l'ancienne députée Colette Capdevielle, le directeur des arènes bayonnaises, et combien d'autres... Depuis le balcon de la mairie, les "Ciel et Blanc" ont montré à la foule immense massée sur la place de la Liberté le "bouclier Pro D2" ramené à Bayonne, synonyme de leur accession au Top 14 la saison prochaine.

A l'origine de l'Aviron : la furia et le chic bayonnais

En fait, tout survint d’un accrochage entre les fondateurs et les membres actifs de la société Nautique (créée en 1875) dont la hiérarchie et les structures devenues trop pesantes avec le temps provoquèrent une scission. Au cœur de Bayonne, à l'ombre des arcades de pierre du Théâtre, en cette fin août 1904, la colère s'échappait des discussions entre groupes de jeunes qui, là, avaient pris habitude de se réunir. A la chaleur ambiante s'ajouta ainsi la fièvre de la révolte. 
Ces gens-là étaient des rameurs de la Société Nautique de Bayonne en butte à l'intransigeance de leurs dirigeants et du président Luis Oyarzun. 
Et la scission intervint après l'assemblée générale extraordinaire de la S.N.B. du 17 août 1904 qui avait prononcé la radiation d'Adolphe Bernard, un remarquable rameur au bouillant caractère.

C'est ainsi que prit corps l'idée de fonder une société nouvelle : le mercredi 14 septembre, vingt-huit "révoltés" pénétraient dans le "Café du Théâtre", traversaient la salle, faisant fi des consommateurs et des joueurs de cartes, et empruntaient l'escalier du fond les conduisant au premier étage. "L'Aviron Bayonnais" venait de voir le jour. A l'origine, son but était la pratique de la rame, ses couleurs, le bleu ciel et blanc.

Dans mon livre "Vol au-dessus de Bayonne" (Editions du Pays Basque), je notais que certes, la poignée de jeunes gens qui se réunit en 1904 dans l’ancien dépôt d’un marchand de vin de la rue des Cordeliers dans le Petit-Bayonne pour créer le futur club de l’Aviron Bayonnais, sur un mouvement d’humeur, comme un coup de tête sous le béret, ne réussit guère à supplanter leurs anciens dirigeants de la société Nautique où ils pratiquaient la rame... Et, malgré quelques victoires dans les régates organisées par la Nautique, c’est cette dernière qui représenta la France aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912. 
Mais, la pléiade de gaillards de qualité, taillés en athlètes, se tourna également vers le rugby qui se répandait dans le Sud-Ouest, parmi les potaches. Comme le remarquait justement René Thomasset dans ses «Contes et récits du Pays Basque», «les qualités naturelles des pilotaris bayonnais, l’adresse, le souffle, l’astuce, trouvèrent leur emploi dans le maniement du ballon ovale»

Ils constituèrent une équipe qui fit preuve de toutes les qualités : virtuosité, tactique, ardeur et courtoisie poussée jusqu’au chic, ce qui assura leur succès. Lors d’une finale de championnat de France, le 20 avril 1913, ils battirent la grande équipe parisienne du Sporting Club Universitaire de France par 31 à 8, l’écart le plus considérable enregistré jusqu’alors, en marquant sept essais... 
La chance joua, certes. Mais, surtout, la classe, la furia bayonnaise et l’éblouissant jeu de passes, que la presse appela «feu d’artifice» ! Le bouclier de Brennus retournera encore plusieurs fois sur les bords de la Nive, en 1934 (victoire sur le Biarritz Olympique) et en 1943 (sur Agen). Sans compter tous les internationaux que l’Aviron a fourni au XV de France...

Répondre à () :

| | Connexion | Inscription