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« Bayonne, 1964 : premier jalon de l'euskara batua » (basque unifié) au Musée Basque © Manex Barace

| Manex Barace

« Bayonne, 1964 : premier jalon de l'euskara batua » (basque unifié) au Musée Basque

A quelques centaines de mètres seulement du lieu où historiquement se réunissaient dans les années 60 des membres de l’institution Euskal Idazkaritza (rue des Cordeliers, dans le local du mouvement abertzale Enbata), c’est le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne qui accueille une exposition relative aux travaux menés à cette époque par un groupe de travail essentiellement constitué de huit personnes : Jose Luis Alvarez Enparantza Txillardegi, Jean-Louis Davant, Eneko Irigarai, Jesus Solaun, Telesforo Monzón, Roger Idiart, Pierre Andiazabal et Jean Hiriart-Urruty. Parmi les ropositions du groupe de travail : déclinaison des mots, critères orthographiques, les verbes izan et ukan, une liste de mots avec "h".

Le chanoine Pierre Lafitte qui soutenait l'Assemblée de Bayonne fit remonter les propositions à Euskaltzaindia, l’Académie de la langue basque, offrant ainsi une base solide sur laquelle allaient pouvoir s'appuyer ceux qui prendraient le relais. Lors de l'Assemblée d'Arantzazu, Euskaltzaindia définit le premier ensemble de règles pour l'unification de l'euskara. Il est intéressant de rappeler que le concile Vatican II autorisait et même encourageait l’utilisation des langues parlées dans les divers pays lors des offices, en plus du latin. Le travail (de bénédictin !) des moines de l’abbaye de Belloc est à souligner dans le renouveau liturgique en Pays Basque.

L'exposition « Bayonne, 1964 : premier jalon de l'euskara batua » aborde l'époque et la contribution de l’Assemblée de Bayonne. Pour Xarles Videgain, vice-président d'Euskaltzaindia, « à Bayonne, au mois d'août 1964, à l'initiative de Txillardegi et d'Euskal Idazkaritza, les premières bases de l'euskara batua furent posées par des décisions présentées suite à un travail de groupe. L'idée de l'euskara batua avait commencé à germer quelques années plus tôt pour enfin voir le jour à Bayonne. Puis, dans les années qui suivirent, ayant validé les décisions de Bayonne, Euskaltzaindia organisa l'Assemblée d'Arantzazu. Depuis, l'euskara s'est bien répandu à l'ensemble de la société basque ».

Dès sa création, Euskaltzaindia s'était donné comme objectif de constituer une langue littéraire. Déterminer une orthographe, actualiser le vocabulaire, définir des axes communs à tous les bascophones et bien d'autres sujets devaient être abordés pour que l'euskara ait un avenir. Mais on n'arrivait pas à se mettre d'accord sur comment faire l'euskara batua, en fonction de quoi, quelles priorités, sur quoi se baser. Ils craignaient de perdre la richesse des dialectes de l'euskara.

La nécessité de l'euskara batua se faisait plus prégnante dans les années 60. Txillardegi, entouré de quelques autres, assuma cette tâche. Ils constituèrent un groupe de travail qui travailla pendant près d'un an, au Petit Bayonne, sous la houlette d'Euskal Idazkaritza. Enfin, les résultats des travaux de ce groupe constituèrent la première base de l'euskara batua, qu'ils présentèrent à une quarantaine de défenseurs de l'euskara réunis dans les locaux d'Euskal Idazkaritza. Le député-maire de l’époque, le docteur Henri Grenet et les élus, leur souhaitèrent la bienvenue à l'Hôtel de Ville.

Dans le cadre de la commémoration de son centenaire le 13 septembre dernier, Euskaltzaindia organisait à l'Hôtel de Ville de Bayonne un colloque intitulé « L'euskara batua et le Pays Basque Nord : 1964-2018 ». Ce fut l'occasion de rappeler et d'étudier la contribution du Pays Basque septentrional à l'euskara batua. Mais il fut aussi question de débattre sur les défis que l'euskara batua aurait à relever à l'avenir, du point de vue du Pays Basque Nord. Effectivement, au début des années 1960, le Pays Basque Nord a joué un rôle important dans le processus d'unification de l'euskara.

Maintenant, Euskaltzaindia souhaite, à travers une exposition remarquable, rappeler ce qu'il s'est passé lors de ces réunions de 1964, et en particulier, les principales contributions de l’Assemblée de Bayonne en faveur de l'euskara batua. Pour ce faire, elle a pu compter sur le soutien de la Communauté d'Agglomération du Pays Basque, de l'Office Public de la Langue Basque, de la Mairie de Bayonne et du Crédit Agricole, sans oublier le Musée Basque. Parmi les prises de paroles, lors de l’inauguration de l’exposition, celle de Jean-René Etchegaray, qui rappelait à juste titre l’incessant travail d’Euskaltzaindia au quotidien, efficace dans l’ombre, au profit de la langue des habitants des sept provinces.

Euskaltzaindia organise donc une exposition à base de panneaux, de témoignages, d'images et de documents originaux au Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne jusqu'au 13 janvier 2019.  

De nombreuses institutions et associations du Pays Basque Nord ont déclaré leur attachement à la Déclaration de l'Euskara Batua lors du vernissage de l'exposition au Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne : Communauté Pays Basque - Euskal Elkargoa (Jean-René Etxegaray), Euskararen Erakunde Publikoa (Beñat Arrabit), Ville de Mauléon/Maule (Mixel Etxebest), Euskal Irratiak (Maritxu Lopepe),

IKER-UMR 5478 (Urtzi Etxeberria), Institut culturel basque - Euskal Kultur Erakundea (Pantxoa Etchegoin), Fédération des écoles en langue basque Seaska (Paskal Indo), AEK.

 

 

 

 

 

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Alan Abeberry | 21/12/2018 10:13

agur ! je salue la réalisation du batua qui aide les euskaldun des 4 coins à se comprendre... le vocabulaire basque est simple : c 1 mythe qu il faut réaliser... les mots se répètent. gau = nuit = jour = gaur. continuons ce chemin de simplicité, avec 1 grammaire simple, qui aide à communiquer simplement. bai ? euskara batua oso ongi : lau euskal herria mintzatzen, ulertzun dugu. euskara hitza simplea da : gau = gaur. gu segi gramatikoa simplea. bai ?

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