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Patrimoine
1820-2020 les Frères de Saint Bernard de Bayonne
1820-2020 les Frères de Saint Bernard de Bayonne
© DR -Frères écoles chrétiennes

| F.X. Esponde

1820-2020 les Frères de Saint Bernard de Bayonne

Ils ont deux cents ans de présence dans la ville. Au cours d'une conférence publique, le récit de cet itinéraire bayonnais et outre-Bidassoa pendant deux siècles a été déroulé dans le Grand Salon de la Mairie par Jacques d’Huiteau, frère lasallien, bayonnais de naissance et supérieur de la congrégation. L’histoire avait débuté au début du XIXème siècle dans le cloître de la cathédrale où le curé accueillit avec la complicité du Chapitre et le soutien du Maire de Bayonne, les premières classes destinées aux "enfants de la rue" du coeur de ville.
Très vite, l’école prit son essor.
Mais la création de l’internat Saint-Esprit dans la commune voisine (alors landaise, qui rejoindra Bayonne, comme celles de Saint-Etienne et Boucau), augmentent le recrutement de l’Ecole des Frères qui gardera toujours le nom de Saint-Bernard dérivé de son quartier de naissance.
Mais il fallut faut trouver un espace plus "hospitalier".
“Le petit collège” de saint André situé entre le lycée Paul Bert et l’église actuelle est tenu par les fidèles du mouvement de Jansénius et de Monsieur de Saint Cyran à Bayonne. Or, les relations entre les frères de La Salle et les jansénistes semblaient difficiles. On sait que le collège sera détruit pour construire à sa place l’actuelle Eglise Saint-André sur les fonds Lormand, généreux mécène bayonnais, de l’hôpital, des écoles, des presbytères et de dispensaires.
Le maire de Bayonne, Dubrocq, était un bienfaiteur des lasalliens. Son fils louera aux frères l’Hôtel Dubrocq qui vint à son heure pour fonder avec les édiles de la ville l’école sur l’avenue éponyme tout en portant le patronyme de Saint-Bernard, celui de l'internat originel de la congrégation établie à Saint-Esprit, et qui traversera l’histoire avec ce nom bien qu'il ait été fondé par la congrégation de Jean Baptiste de La Salle.
Le document sera signé au presbytère de la cathédrale : autres temps, autre histoire !
La création de cette école tient son pendant rue de Luc, pour les plus pauvres de la ville, dite école des frères de Saint-Bernard. Une école gratuite, pour apprendre aux plus démunis les rudiments du savoir lire, écrire et compter. Et le recrutement de cette institution naissante ira croissant.
Si l’internat ne constituait pas une priorité, en revanche l’enseignement et la pédagogie du cursus progressif de chaque enfant, selon son niveau et ses aptitudes, faisait partie de la méthode lasallienne depuis son origine.
Les frères développeront leur implantation bayonnaise.
2 - Mais l’ambition de ces pionniers va au delà vers l’autre versant des pyrénées via l’Espagne proche.
Telle sera une de leur destination future, par l’implantation à Madrid et à Saint Sébastien de l’école San Bernardo, à laquelle seront "greffés" des petits bayonnais après les expulsions politiques des religieux hors de France, au début du XXème siècle. “L’école franco-espagnole San Bernardo” avait bonne presse des deux côtés des Pyrénées. Les parents seront satisfaits. Les photos d’archives de l’époque montrent l’originalité de cette école où se mêlent l’enseignement, l’apprentissage de métiers manuels, et l’éducation lasallienne inspirée par la méthode jésuite de la progression de chaque enfant, et de l’évolution de sa maturation.
Mais l’histoire de France rattrape ces patriotes français qui, voyant les appelés de 1914 se rassembler pour la guerre, traverseront la frontière pour rejoindre leurs troupes et participer au service de la patrie.
Le Collège San Bernardo de San Sébastien est vidé des jeunes frères enseignants, et le prix de la guerre sera lourd pour ces religieux comme pour tous les appelés de leur génération. Il leur faudra renoncer à tenir l’école San Bernardo de Saint-Sébastien - devenue par la suite école Saint-Ignace et administrée désormais par les jésuites de Loiola. Et resserrer leurs rangs, car Bayonne réclame leur retour dans la cité.
3 - Les projets s’ajoutent aux portes de la ville, dans ce quartier qui porte aujourd’hui le nom des Arènes.
Une première maison, puis un agrandissement, puis encore la construction de l’édifice Saint-Bernard actuel qui mettra six mois, occupera des centaines d’ouvriers bâtisseurs pour réaliser cette imposante bâtisse, à laquelle s’ajoutera encore la chapelle.
Les Frères de Saint-Bernard portent deux-cents ans d’histoire bayonnaise. Le département en compta 522 depuis l'origine, qui exerçaient en France ou à l’étranger, selon les dispositions de leur communauté.
L’histoire de l’école fut écrite il y a quelques années par André Lissarrague, sous le titre “D’une rive à l’autre de l’Adour, le collège saint Bernard”. Ancien frère professeur à Saint-Genès de Bordeaux, il compila les archives de l’école rassemblées à Lyon parmi les Archives Lasalliennes de France  
mdevif@archives-lasalliennes.org
Mais d’autres sources d’informations demeurent à Saint Sébastien auprès des frères de l’autre versant pyrénéen  josemanuel@lasalle.es
L’histoire de l’école fut internationale dès l’origine de son implantation à Bayonne, les avatars de l’histoire de France précipitant des initiatives commune avec l’Etat espagnol voisin. Un lien fort et vital a réuni ces hommes qui connurent les tribulations historiques de nos pays respectifs et de leurs guerres... Le collège Saint-Bernard de Bayonne reçut des réfugiés de la guerre civile espagnole de 1936, prêtres et séminaristes fuyant les combats ; il servit d’hôpital militaire confisqué en 39-45 par les Allemands qui faillirent le brûler lors de leur débâcle, mais il maintint sa mission éducative, continue et résolue pour le service de l’enfance en toutes circonstances et à toutes les époques de l’histoire de cette noble institution lasallienne bicentenaire !

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