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la lettre du Pays-Basque

Cinéma

La critique de Jean-Louis Requena

« A l’heure des souvenirs » de Ritesh Batra © DR

A l’heure des souvenirs - Film britannique de Ritesh Batra – 108’

Tony Webster (Jim Broadbent) est un retraité qui mène une vie paisible à Londres. Pour occuper ses journées il tient une échoppe ou il vend, fort cher, des appareils de photos argentiques prestigieux. Divorcé heureux, il entretient les meilleures relations du monde avec son ex-femme Margaret (Harriet Walter) et sa fille unique Susie (Michelle Dockery) sur le point d’accoucher. Tout va pour le mieux. Un jour, le préposé du Royal Post Office (la Poste anglaise) lui remet une lettre d’un notaire : il hérite du journal intime de son meilleur ami Adrian Finn (Andrew Buckley) qui s’est suicidé dans les années 60 lorsqu’ils étaient au lycée, ensemble amoureux de la même fille : Veronica Ford (Charlotte Rampling).

Tony, cet homme débonnaire, paisible, que rien ne semble atteindre dans sa vieillesse, se remémore les années passées durant ses études et du triangle amoureux qu’il formait avec Adrian et Veronica. Il cherche à entrer en possession du journal intime de son meilleur ami, trop tôt disparu : des obstacles en tout genre se dressent devant lui. Il se débat, englué entre son passé incertain et son présent prégnant.

Tony se lance dans une enquête afin d’accéder au journal intime de son ami. Des surprises l’attendent.

Le deuxième film de Ritesh Batra, cinéaste (39 ans) d’origine indienne, natif de Bombay, dont ce long métrage est le deuxième opus après le remarquable Lunchbox (2013), est une réflexion sur les répercussions dévastatrices que peuvent générer nos actions passées. Le scénario est construit autour d’aller-retour entre les années 60, jeunesse des personnages, et nos jours. La vérité d’abord cachée, enfouie, affleure petit à petit du magma existentiel des personnages impliqués dans ce drame.

Nick Payne, le scénariste, a adapté le roman de Julian Barnes « Une fille, qui danse » (Mercure de France – Bibliothèque Etrangère - 2013). Nous reconnaissons ici la qualité de certains films anglais intimistes où le jeu des acteurs, tous exceptionnels de vérité, se conjugue avec celle du scénario. Nous glissons de scènes en scènes qui s’éclairent l’une l’autre sans que nous y prenions garde. La « qualité anglaise » de ce film, comme d’un autre visionné il y a quelque temps (45 ans - 2015 d’Andrew Haig avec Charlotte Rampling) fait que la banalité du propos, description de vies simples, est magnifié par la subtilité du scénario, et le jeu tout en retenue des acteurs.

François Truffaut (1932 – 1984), dans un article retentissant, iconoclaste, dont il avait le secret, soutenait que le cinéma anglais n’existait pas. Qu’il nous pardonne, car nous pensons exactement l’inverse.

 

 

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