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Tradition
Les Anges
Les Anges

| François-Xavier Esponde

Les Anges

1 - La hiérarchie céleste n’a jamais cessé de séduire l’esprit de l’homme au cours de son histoire.

 Objet d’une cosmologie de leur temps, sujet d’intérêt pour l’esprit humain en quête de sens de sa source.
“Les esprits créés par Dieu le servent dans cette histoire des hommes”, dit le fil du temps de la croyance.
Les noms et places de ces esprits sont rapportés en chacune des traditions abrahamiques, juive, chrétienne et musulmane ainsi que dans le pensée zoroastrisme.

Le judaïsme a nourri la kabbale dans les textes du Talmud, de cet univers caché apocryphe du ciel permettant de connaître le passé, le présent et le futur par l’exercice du Sephiroth , interprétation du secret des mondes célestes évalués selon dix classes de la pensée dans le commentaire. L’Apocalypse de Jean s’inspirera dans ce récit du Dragon qui met en scène ce combat entre les anges célestes où le tiers d’entre eux tombent du firmament, sous la férule de Lucifer, personnage malfaisant qui entraîne dans sa chute ces anges déchus en enfer.

Depuis l’origine, l’Antiquité se nourrit des croyances de la philosophie hellénique et par suite, le judaïsme les assimila dans sa pensée religieuse.  Dès le Vème siècle,  les Pères de l’Eglise, fascinés par l’existence de ces esprits supérieurs à l’intelligence humaine, se prêtèrent  à leur commentaire comme “des serviteurs de l’Eternel, à nul autre semblable,” dans une discipline théologique appelée angélologie particulièrement prisée par les franciscains, les dominicains dans leurs enseignements de la spiritualité médiévale.

Bonaventure et Duns Scot parmi les disciples de François d’Assise, Thomas d’Aquin parmi les dominicains, en Sorbonne à Paris, rivalisent dans ces enseignements sur les anges, dont le contenu trouvera grâce dans la spiritualité chrétienne de l’Eglise catholique.

Les anges et les démons, à contrario, se combattent dans cet univers céleste dont chacun devinera les conséquences terrestres chez les humains. Denys l’Aréopagite en fera la recension en neuf classes et trois degrés parmi les archanges Michel, Gabriel, Raphaël cités dans la bible, au milieu des anges gardiens par Jésus lui même dans les évangiles.

Le vocabulaire utilisé les concernant évoque l’ardent amour divin, la divine lumière et la sainteté de leur être de l’essence de Dieu.

2 - La hiérarchie céleste classera leur nature en trois degrés.

 - Dans le premier ordre, les séraphins qui donnent la chaleur et la limière spirituelle, car ils sont enflammés de l’amour divin, purifient et dissipent les ténèbres, assurant contre le doute, par l’amour de Dieu en acte. Les chérubins instruisent la sagesse et la science, leur vertu demeure la science ou le désir de connaissance. Puis encore les trônes, porteurs de la justice divine comme étant les porteurs de l’esprit divin incarné dans leur humilité. Suivant le second degré, l’esprit divin s’exerce dans sa souveraineté sur ses créatures par la force irrésistible qui la nourrit et que l’homme peut partager au prix d’un effort consenti.

- Suivent encore les dominations ou les commandements de Dieu qui libèrent l’esprit lorsque le doute et le découragement s’installent.
Les vertus apportent la force et la vigueur dans l’effort et récompensent l’homme pour son courage dans ses entreprises.
Les puissances en rapport avec les influences divines et l’attente du genre humain ouvrent les chemins de la foi et protègent contre les sentiments de doute.

 - Cette hiérarchie céleste ajoute un troisième degré, celui des principautés qui permet un certain ordre sur la terre sous l’effet agissant de l’esprit céleste en se confiant aux secret divins qui le nourrissent.
Les archanges ou messagers divins extraordinaires influencent encore l’esprit de l’homme.

Mais comme en tout principe originel, Samaël ou l’identification du diable, le Malin, Lucifer, relaté dans le livre d’Isaie au chap 14,12-17 vient contrarier les vues du Ciel, comme le venin de Dieu cité dans le Talmud, qui s’oppose, divise et désunit le plan des hiérarchies célestes.

Dans ce florilège nourri des esprits souverains, il faut citer le pouvoir bienfaisant des anges gardiens, protecteurs de nos cités, de nos corporations et des confréries médiévales, toutes inspirées de cette dimension spirituelle première de leur travail.

 Le pape Paul V fera fêter par l’Eglise les anges gardiens dès 1608. Ils ne sont pas pour les croyants comme des figures des saints incarnés en humanité, mais leur bienfaisance se résume en cette louange à leur intention : “Ange de dieu qui es mon gardien et à qui j’ai été confié par la bonté divine, éclaire moi, défends moi, conduis-moi et dirige moi “.

 La littérature, les oeuvres d’art, et plus récemment le cinéma, ont enrichi ce panthéon invisible à l’oeil de représentations du Ciel faisant le renvoi aux images visibles de toutes les créatures terrestres.

Il n’est jusqu’au folklore qui aime visualiser des personnages androgynes, mi-homme, mi-dieu, qui interviennent dans le déroulement d’une danse ou d’une scène de la vie. Les forces ésotériques du ciel et de la terre s’y combattent, se défient et se jaugent à l’esprit humain.

L’actualité nous en livre des messages. Comment comprendre ces puissances agissantes que nous cherchons à connaître dans leurs effets sur la nature et l’homme, sans vouloir les expliquer, faute de pouvoir les comprendre  ?

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