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Notre disparu
In Memoriam : l’Abbé Lahon, Béarnais d'âme et de cœur
In Memoriam : l’Abbé Lahon, Béarnais d'âme et de cœur

| Philippe Beitia 546 mots

In Memoriam : l’Abbé Lahon, Béarnais d'âme et de cœur

Lors de la messe célébrée par Mgr Aillet, une foule de paroissiens avait tenu à rendre mercredi dernier un dernier hommage à l’église Saint-Pierre d’Orthez à leur prêtre, l’abbé Lahon soudainement décédé à l’âge de 70 ans d’un arrêt cardiaque. L’abbé Philippe Beitia a rédigé pour nos lecteurs l’article biographique qui suit : 

De sa petite patrie incluse dans la grande patrie, l’Abbé Lahon en était fier. Il partageait cette fierté légitime des Béarnais de souche, fierté de ce qu’ils sont, fierté de ce qu’ils réalisent et de ce qu’ils font. 
Fierté de leur langue et de leur culture. Langue qu’il pratiquait. N’avait-il pas été accueilli, sur les instances du Chanoine Puchulu, président du Chapitre de la Cathédrale, Gascon authentique malgré son nom Basque, dans l’Académie Gasconne ? (il était également titulaire de deux maîtrises, en biologie et en droit canonique)

Et l’abbé Beitia de préciser encore, dans son homélie : "c’est à Cassaber, dans ce petit royaume qu’était sa maison de famille, là où il était né qu’a eu lieu son départ. Cassaber où sa naissance devait apporter une grande joie à ses parents, Cassaber où il devait à travers les relations familiales, scolaires, sociales se développer comme homme, Cassaber, port d’attache lors de ses études de biologie,  Cassaber, où tout jeune, il devait se mettre au service de la paroisse en tenant l’harmonium en préparant la sacristie et développer sa vocation sacerdotale en voyant les curés successifs exercer leur ministère, Cassaber où le lendemain de notre commune ordination le samedi 16 avril 1983 à la Cathédrale de Bayonne, il devait, le Dimanche, célébrer sa première messe et présider les vêpres. Cassaber qu’il devait doter d’un carillon pour l’angelus. Cassaber où il devait présider des processions du 15 août vers le Séqué, non sans que cela provoque des tensions avec le curé de l’époque.

On a connu Pierre Lahon soucieux de la beauté des églises où il avait été nommé. Ne l’a-t-on pas vu à Orthez briquer un autel pour lui rendre sa splendeur première ? Il pouvait y avoir parfois des choix plus étonnants. Ainsi l’église de Cassaber, qui a comme patron saint Jacques, n’avait point, il y a plusieurs années, de statue de l’Apôtre. Pierre s’en prit à une statue du Sacré-Cœur – sûrement en supplément-, gratta le cœur, transforma la tunique rouge en tunique marron et s’arrangea pour y mettre un bâton de pèlerin. Et donc, ce nouveau saint Jacques pouvait être mis à l’entrée de l’église de Cassaber. 

Mais, c’est bien sûr de l’Eglise faite de chrétiens en chair et en os dont il avait prioritairement le souci. Tout comme le désir de vivre de vivre la fraternité sacerdotale et de rendre service à ses confrères et d’accompagner des parents de prêtres et de religieux du diocèse".

L’abbé – qui avait toujours aspiré à être curé de campagne en Béarn – avait bien compris que l’Evangile doit s’incarner dans une culture donnée, que celui qui annonce l’évangile doit donc connaître – mieux partager – une culture, c’est-à-dire une langue, une histoire, une manière de penser et de vivre, des coutumes. 
L’abbé savait bien qu’il s’agissait, de par son ministère, de faire mûrir ce qu’il y avait de meilleur dans une culture, dans un peuple donné. Toutes choses que préconise d’ailleurs l’Eglise.

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