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Tradition
Du vœu de Louis XIII au « dimanche des Basques » © DR

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Du vœu de Louis XIII au « dimanche des Basques »

Comme dans tout le Pays Basque où nombre de paroisses sont consacrées à l’Assomption, la fête religieuse (célébrée le 15 août depuis la proclamation de Marie comme Mère de Dieu par le Concile d'Éphèse) correspond également en France à une double fête dynastique initiée par Louis XIII. Car, en 1638, après 23 ans de mariage, le roi et la reine attendent enfin un enfant, le futur Louis XIV. Louis XIII signe alors à Saint-Germain-en-Laye des lettres patentes plaçant le royaume « sous la protection spéciale de Marie, mère de Jésus ». Le 15 août de la même année, l'ensemble du royaume célèbre la consécration faite par le souverain à la Vierge, en lui remettant « sa Personne, son État, sa Couronne et ses Sujets ». Des processions en l'honneur de la Vierge et de la France ont désormais lieu dans tout le pays, le 15 août.
Saint-Jean-de-Luz
Pour la fête de l’Assomption, c’est encore aujourd’hui toute la ville qui accompagne la vierge illuminée du fronton municipal en mémoire du Vœu de Louis XIII (ce jeudi 15 août à 21h, rassemblement marial au fronton municipal puis à 21h30, procession aux flambeaux par Karrika haundi - rue Gambetta - jusqu'à l’église Saint-Jean-Baptiste).
Abet, entre Puyoo et Lahontan
Jeudi 15 août, comme chaque année, à 7h45, départ de la chapelle Saint-Jean-Baptiste de Puyoô (300, rue de la Vieille Eglise) pour le pèlerinage à pied, vers Notre Dame d'Abet, autour des porteurs de la Vierge Noire. Une très belle promenade de 7 km à travers champs, rythmée par les chants et prières des pèlerins, jusqu'à l’arrivée pour la messe de 10h30 à Abet (village de Lahontan). Ce pèlerinage vers la source miraculeuse de Notre-Dame d'Abet, au bord du gave de Pau, perpétue une tradition datant du XIVe siècle. Tous ceux qui le souhaitent peuvent pique-niquer sur place. Vêpres et procession, l'après-midi, à 16h.
Dans l’histoire
Antérieurement, et pour d’autres raisons, des festivités avaient lieu au Pays Basque, entre autres dans le village navarrais de Zugarramurdi près de Sare où les habitants processionnaient aux grottes le 15 août pour « tenter de faire disparaître les sorcières qui s’y réunissaient, leur curé répandant des poignées de moutarde afin qu’elles ne reviennent pas durant autant d'années qu'il y avait de grains de moutarde ».
Sans oublier une curieuse tradition qui avait pour cadre la Côte des Basques à Biarritz lors du « dimanche des Basques » qui suivait celui de l’Assomption : il s’agissait du bain de mer rituel des villages labourdins et bas-navarrais. Encore sous le Second Empire et jusqu’à la Belle Epoque, « Ils tombaient des montagnes par bandes, en costumes de fête et couronnés de fleurs et de rubans. Ils se répandaient dans ce qui n’était encore qu’un village et, précédés de fifres (txistus) et de tambourins, brandissant leurs makilas (bâtons ferrés), ils chantaient en se livrant aux danses les plus extravagantes ».  Après quoi, nos Basques de l’intérieur dévalaient leur côte préférée et, arrivés sur la plage, se déshabillaient tous, hommes, femmes et enfants. Puis, se prenant par la main, ils formaient une seule ligne pour s’élancer, à un signal, au-devant de la vague - la chronique dit « en poussant des cris sauvages », sans doute des « irrintzinas » - et, après cinq ou six aspersions de ce genre, allaient s’étendre sur le sable et se sécher au soleil !
La « Saint-Napoléon », pour le 250ème anniversaire de l'Empereur !
Si l’Assomption et le Vœu de Louis XIII constituaient une véritable « fête nationale » sous l'Ancien Régime, ce jour férié avait été supprimé par la Révolution française, puis rétabli par Bonaparte : le hasard (en était-ce un ?) voulait que cette date fût également son anniversaire, car le futur empereur était né le 15 août 1769 à Ajaccio ! Et, Biarritz, la villégiature impériale de Napoléon III et d’Eugénie ne se devait-elle pas également de célébrer cette fête de leur dynastie qui rejoignait, finalement celle de la monarchie antérieure qui avait une origine religieuse ?
Cette fête nationale de « Saint-Napoléon », instituée par Napoléon Ier en 1806 fut fixée au 15 août, date anniversaire de la signature du Concordat de 1801 (qui avait mis fin, du moins officiellement, au schisme religieux entre prêtres constitutionnels et réfractaires) et jour anniversaire de la naissance de l’Empereur. Ce jour-là, dans chaque commune, le ministre du culte devait donner un discours, une procession était organisée et un Te Deum entonné solennellement. Les autorités civiles, militaires et judiciaires devaient assister à cette cérémonie. Mais il s'avéra difficile de trouver un saint Napoléon. C'est le cardinal-légat Caprara, très inspiré, qui « trouva » mention, dans le martyrologe de Benoît XIV, d'un martyr « Néopole » ou Neopolus. Le prénom de l’Empereur serait provenu de ce Neopolus, dont la prononciation avait évolué au fil du temps (Napoléo en Italie au Moyen Âge) pour devenir Napoleone en italien !
Célébrée jusqu'en 1813, cette fête de la Saint-Napoléon sera supprimée sous la Restauration, puis rétablie par le Second Empire en 1852 afin de « réunir tous les esprits dans le sentiment commun de la gloire nationale » : aumônes aux pauvres, messe, revues militaires, jeux et divertissements publics se succèdent dans la journée. Si la dernière Saint-Napoléon fut célébrée en 1869, le célèbre feu d'artifice du 15 août, grand rendez-vous incontournable de l'été à Biarritz, semble en constituer un beau reste qui continue d'animer l'ancienne villégiature impériale...
Mais il est d'autres 15 août historiques : outre l'année 778 qui vit la victoire des Vascons sur l'armée de Charlemagne à Ibañeta (voyez notre article dans la rubrique « histoire »), en 1683, agenouillé devant l'icône miraculeuse de Czestochowa, le roi de Pologne Jean III Sobieski priait pour l’heureuse issue des combats avant d’aller libérer Vienne assiégée par l'armée des Turcs ottomans lancés à la conquête de l'Europe au nom du sultan et d'Allah. La victoire finale interviendra le 12 septembre, lorsque Sobieski, sabre au clair, déboule à la tête de ses fameux « hussards volants » sur le camp du vizir. La roue de l’Histoire…

 

 

 

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