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Tradition
Béthanie pour les chrétiens du monde
Béthanie pour les chrétiens du monde
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| François-Xavier Esponde

Béthanie pour les chrétiens du monde

Béthanie, le lieu du baptême de Jésus

Parmi les destinations de pèlerinages et de voyages en Israël et en Jordanie, Béthanie figure parmi les rencontres spirituelles de milliers de visiteurs venus du monde entier. Depuis l’an 2000 et la visite papale de Jean Paul II lors de l’année jubilaire encore dans les mémoires, chacun renoue avec le baptême du Christ et souvent pour le sien en cet endroit habité au-delà du Jourdain et cité par les Ecritures et l’histoire de l’Eglise. De toutes provenances, des chrétiens orthodoxes, catholiques, syriaques, coptes, arméniens et bien d’autres encore, partagent le baptême de Jésus transmis par Jean le Baptiste dans le Jourdain, ce fleuve cité dans la bible, au 1er siècle.

Pour exemple, chaque église a ses usages. Les orthodoxes immergent une croix dans le Jourdain, bénissent les colombes et les pèlerins présents en rappelant la présence de l’Esprit Saint.

Mais l’histoire reprend ses droits disputés en cet endroit frontalier entre la Jordanie et la Cisjordanie, dans une vallée du nom de Wadi al-Kharrar. Pour les Jordaniens et leur souverain, le site est l’objet de disputes de territoires car des deux côtés du Jourdain, chaque Etat réclame “ le privilège de protéger le lieu du baptême de Jésus.”

Depuis le IVème siècle, disent les annales des récits racontés par les pèlerins, le site en question se situe sur la rive droite ou la rive gauche selon les époques. Et depuis le XXème siècle, c’est sur la rive occidentale que les chrétiens se rendent côté Jérusalem et Jéricho.

Mais la guerre habite toujours cette Terre Sainte.

Terre britannique pendant les guerres passées, ”depuis 1930 les autorités anglaises marquent leur attachement aux chrétiens en offrant aux églises sises à Jérusalem des terres incultes du désert où chacune construira des édifices religieux, des chapelles et parfois des monastères.”

La terre vit de cette présence, et les églises rayonnent de leurs pèlerins qui chaque année au printemps affluent en nombre.

Aujourd’hui le contraste est saisissant, car le côté de la Cisjordanie est vide, gardant encore le souvenir de 1967 et de la Guerre des Six Jours, faisant de cet endroit un désert inhabité.

En changeant de rive, les communautés se réinstallent. Depuis 1994 et les accords signés entre Israël et la Jordanie, les autorités jordaniennes acceptent les fouilles archéologiques in situ menées par un archéologue franciscain de Jérusalem.

Elles seront généreuses : on y découvre les vestiges anciens des premières communautés religieuses installées en cet endroit béni des chrétiens.

Le nombre des chapelles, des fontaines baptismales, des églises, des canaux hydrauliques percés en ces lieux, confortent la conviction que la présence romaine et des byzantins nos pères dans la foi, avaient leurs attaches au Jourdain et du côté de Béthanie.

Rien ne fut perdu puisque dans une époque contemporaine, chaque église a veillé à réimplanter en cet endroit son assise primitive. Le nombre des dômes, des clochers et des coupoles garnissent le paysage “comme une oasis”, disent les guides attachés à ces visites commentées.

Les édifices neufs brillent de lumière chez les Grecs, les Russes orthodoxes,  les Coptes, les Arméniens et les Luthériens suédois y ont construit chacun leur espace religieux pour leurs visiteurs.

D’aucuns se demandent encore combien de temps les choses iront ainsi ? Les Russes disposent d’une longueur d’avance en raison des accords passés par la Russie et la Jordanie. Les monastères construits ces dernières années par les orthodoxes russes contrastent par leur beauté avec les édifices des églises orientales et locales.

Mais l’Unesco, veilleur du Patrimoine Historique Mondial, a classé depuis 2015 le site jordanien dans la catégorie de Patrimoine Mondial non pour fixer le lieu du baptême de Jésus mais par choix historique afin de reconnaitre le site qui attire depuis l’Antiquité les pèlerins du monde entier sur le Jourdain et à Béthanie. En demandant cependant aux Autorités Jordaniennes “de ne plus permettre la construction de nouveaux édifices par les églises du monde en attente, et de vouloir préserver l’environnement originel du Jourdain, proche de sa naturalité”...

Mémoire spirituelle des uns, naturalité des autres, ainsi va l’histoire religieuse. Elles résistent en ces espaces disputés où le Jourdain et Béthanie ont pris ces dernières années plus de relief encore, malgré les aléas et les intérêts de ceux qui cherchent à annexer la Terre Sainte de nos pères !

François-Xavier Esponde

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