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Tradition
Baisers volés par la pandémie
Baisers volés par la pandémie

| François Xavier Esponde

Baisers volés par la pandémie

1 – Historique d’un baiser biblique

Les gestes « barrière » imposés pour éviter la propagation épidémique ont des contraintes intrusives dans la vie de chacun désormais.
On ne peut plus prêter contact à quelque tiers de crainte de lui transmettre le virus.
Il est intéressant de revenir dans le passé pour parcourir le récit historique du rapport des sociétés avec les gestes d’accueil, de transmission, de communion ou d’appartenance ou d’amitié au long du temps.

La Bible illustre le sujet depuis la Genèse, avec Isaac, “le père aveugle qui appelle son fils Jacob à s’approcher de lui pour sentir son odeur à la faveur d’un baiser.”
Mais déguisé, portant les habits de son aîné Esaü, son père se méprend. Premier baiser biblique d’un père et d’un fils qui usurpe le droit d’aînesse mais qui est peut être ce premier aîné.

L’histoire continue. Jacob fuit la colère d’Esaü, rencontre sa cousine Rachel, et lui donne un baiser. Chapitre 29. Le rapport nuptial et amoureux s’engage dans le couple. La bouche joue sa fonction, lieu de la parole, de la nourriture, de l’échange dans et hors de son corps.
Le souffle passe par la bouche, l’intimité se fonde et se joue dans la fonction des rapports contrastés entre deux êtres.

Par la suite, Jacob retrouvant Esaü embrassera son frère lors des retrouvailles de la paix reconnue entre les deux hommes.
- Dans l’Exode, Moïse avoue devant Dieu qui l’appelle son incapacité de parler. Sa bouche et sa langue sont pesantes. Exode 4,10. Dieu reconnaît cette impossibilité et fait recouvrer à Moïse cette faculté d’annoncer sa parole au Peuple d’Israël, car Dieu rééduque la bouche de Moïse.

- Le Livre du Deutéronome parle encore ainsi, “Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël”, signifiant que la bouche de Moïse parle comme la bouche de Dieu, toute une.
Dans le dernier chapitre du Deutéronome, on souligne que “Moïse mourut sur l’ordre de Dieu - Exode 34,5 - comprenez en langage biblique, sur la bouche de Dieu, relaté par une ancienne tradition juive qui traduit le passage ainsi, “Moïse mourut sur un baiser de la bouche de Dieu.”

- Dans le premier Livre de Samuel 10,1, Samuel donne un baiser à Saül après lui avoir conféré l’onction de Roi Messie d’Israël. Vieux rite biblique repris lors de l’onction des Rois de France.
Ainsi donc, l’Archevêque de Reims, après avoir donné l’onction au nouveau Roi, lui donnait un baiser public en sa cathédrale.
On se souvient du baiser de Judas à Jésus lors de son arrestation. Matthieu 26, 48-49. Le baiser d’une reconnaissance par défaut du “Roi des juifs” qu’il blâmait et déclarait malgré lui par ces rites symboliques des us d’Israël.

- Le Cantique des Cantiques est plus explicite. ”Baise-moi des baisers de ta bouche, tes caresses me sont meilleures que le vin.”
Le livre en son entier évoquera le rapport intime de Dieu avec l’humanité, un amour intime où s’échange le souffle de l’Esprit.
Les évangiles de Pentecôte en feront un récit illustré du corps de l’église, de son âme et de l’esprit visités par cette force invisible de l’amour que le grec ancien traduit en ces termes.
Le mot utilisé est le même pour embrasser et aimer : philéo, et l’on pense naturellement à cette femme amoureuse qui viendra déverser sa tendresse et ses parfums sur celui qu’elle aimait et embrassait de tous ses membres.
Dans la bible s’instaure ainsi une relation publique, fraternelle et amicale. Paul invitait les premiers chrétiens à se saluer mutuellement, et se donner un saint baiser”Romains, 16-16.

On se souviendra de la visite du Pape Paul VI au Patriarche Athénagoras, lors de leur rencontre à Jérusalem et de la belle embrassade des deux chefs spirituels peu habitués à de telles démonstrations publiques… Et plus tard, à l'aéroport de La Havane, devant un grand crucifix de style byzantin, le Pape François et le patriarche orthodoxe Kirill s’embrasseront sur les joues !
En Orient on n’embrasse que ses frères de sang, égaux et proches. Nul autre. Le maître n’embrassant son esclave, mais les pairs pouvaient le faire, comme le feront des frères et des soeurs.
Dans un monde moderne plus contemporain, le baiser établit une égalité de fait.
Dans la Rome antique des nobles romains devenus chrétiens embrassaient leurs esclaves affranchis, en donnant une signification subversive à l’ordre ancien en usage, et ouvrant à la communion fraternelle d’une voie nouvelle des rapports personnels.
S’embrasser en Orient aujourd’hui encore signifie appartenir à celui qui demeure dans un rapport spirituel de communion et d’alterité personnelle.

2 – Le baiser dans les civilisations.

Fonction de la bouche, la pratique viendrait de la mère nourricière donnant son sein, et mâchant les aliments pour les ingérer à l’enfant comme une becquée . Geste de survie comme l’ancêtre des bisous, relayé par la bise sur la joue, dérivé affadi du plaisir infantile du goût du sein de la mère.

On associe selon les chercheurs cette quête du goût alimentaire à l’odeur humée avec la bouche, comme dans les sociétés primitives où les hommes se sentaient nez contre nez pour contrôler la santé des autres et établir leurs relations mutuelles.

La littérature hindoue mentionne le premier baiser  sur les lèvres environ 1500 ans avant notre ère,  comme signe de “l’inhalation de l’âme de l’autre”. La littérature védique donne des références et des illustrations sur ces pratiques asiatiques anciennes. On trouve dans la littérature une ancienne loi hindoue (pour pandémie) qui condamne l’homme qui boit l’eau des lèvres d’une esclave.
En Inde comme en Egypte, en ces temps antiques, des amoureux posés sur des fresques d’époque, se bécotent en couple.
Un mythe babylonien gravé dans la pierre au VIIème siècle, fait mention du baiser de salutation ou celui d’une supplication par terre ou sur les pieds, dans cette civilisation orientale.

Au cours de l’Antiquité le baiser sur la bouche deviendra  un rite de salutation.
Dans la Rome antique, l’expression “jactare basia” ou - jeter des baisers - relate la propension méditerranéenne de se livrer en baisers chaleureux d’affection et de vénération.
Les Grecs jadis ne pratiquaient l’usage qu’entre gens égaux et de même condition sociale.
Il apparaîtra qu’il faudra attendre le IVème siècle à l’époque d’Alexandre le Grand pour adopter le baiser sur la bouche venu des Perses comme relaté par Hérodote, suivant un protocole adapté à la condition et la hiérarchie sociale de la population.
Xénophon au IVème siècle admet le rapport homme/femme de l’embrassade, néanmoins ce geste vis à vis d’un jeune garçon présente “le risque de tomber sous son joug, de perdre sa volonté  et tout sens critique comme si on embrassait une araignée venimeuse”.

 La Rome antique interdisait aux femmes d’embrasser quelque étranger selon les lois en usage, dénommées  -ius osculi -  mais semblaient moins regardants à propos des hommes qui s’embrassaient entre gens du même sexe ou de sexe différent, sans contrainte...
On distinguait deux baisers, lèvres fermées appelé basium, et suavium, lèvres ouvertes peu recommandé par les temps que nous savons.

Devenu signe de reconnaissance de la part des premiers chrétiens, il fut adopté au cours du Moyen Age comme un signe vassalique dans les ordres nobiliaires et les ordres religieux, au cours des ordinations.
Le baiser se popularise entre chevaliers, et tous rangs égaux, tête contre tête, joues contre joues, ou de bouche à bouche.
Plus bas étant le rang  de celui qui embrassait, plus bas se plaçait l’endroit du baiser !
A la Renaissance les poètes livrent leur exquise adhésion à contenter sensualité et érotisme dans une dimension spirituelle en lien avec la nature et les énergies qui l’habitent. Très contemporaine semble-t-il !
En s’embrassant selon les philosophes néo-platoniciens, les amants s’échangeaient leurs âmes, telle une déclaration amoureuse assez innovante pour l’époque.
La peste et les épidémies dévastatrices qui traverseront les siècles  qui suivent dissuaderont les démonstrations de ces pratiques expansives.
Aujourd’hui qu’en ferons-nous en ces cadres barrières que l’on adopte par devoir, faute  d’y consentir par conviction ?
Le geste tendre devenu suspect, il faudra inventer le rite attendri qui ajoute à ces poings serrés et coudes armés  ressemblant  à des frictions de guerriers, la gestuelle qui manque.

Légende : Aéroport de La Havane, le Pape François et le patriarche orthodoxe Kirill se sont embrassés

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MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS | 13/07/2020 17:13

La peste bubonique se transmet par des piqûres de puces de rats noirs dits RATUS RATUS qui transmettaient la bactérie Yersinia pestis. On l'appelle à cause de cela la peste noire. C'est la plus fréquente (https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/peste). Ce n'est que de la part des malades déclarés qu'elle peut se retransmettre par la toux (gouttelettes de salive infectée). Une bactérie est un être vivant comme tous les microbes, certes élémentaire. Un virus est un déchet cellulaire d'où leur nombre à peu près équivalent en moyenne au nombre de cellules de l'organisme. Nous les fabriquons nous-mêmes en permanence et ils sont drainés et éliminés par les reins. De la même manière, les malades déclarés de la grippe dans l'une ou l'autre de ses plus 20 sortes principales dont la dernière en date peuvent alors aussi transmettre ces "virus" par la toux. Mais si l'on a aucun symptôme on ne peut rien transmettre contrairement à la propagande et aucun masque ni distanciation ni aucune précaution ne sont alors nécessaires par rapport à d'habitude depuis des décennies et des siècles ! Il y a pus de 156 sortes dérivées de coronavirus ! Nous produisons tous les jours 380.000 Milliards de virus ! On ne va pas s'empêcher de vivre pour autant ! Pourtant c'est ce que veut le GVt satanique pour nous maintenir sous sn contrôle. C'est inacceptable ! Le masque ne sert que dans les romans de science-fiction ! Sauf dans un cas : si on est malade et pendant quelques jours si l'on est obligé de sortir, alors là oui, un masque est utile... Mais c'est le seul cas.

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