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la lettre du Pays-Basque

Antiquités & Brocantes

Saint-Jean-de-Luz : 3 jours d’enchères chez les Lelièvre-Cabarrouy !

« Le Makildantzari ou Danseur Basque au bâton » de Ramiro Arrue © DR

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En ce début d’août,  pendant 3 jours d’enchères les 4,5 et 6 août, les commissaires priseurs Lelièvre-Cabarrouy reprennent  le thème régionalisme basco-landais qui se poursuivra par l’art contemporain et du design entrecoupés par la vente de mode,de bijoux et vins fins.

Pierre angulaire de l’exposition-vente, une dizaine de toiles de Ramiro Arrue (1892-1971) proviennent de la collection de la famille La Sota. Parmi les tableaux, un portrait à l’huile représente « Le Makildantzari ou Danseur Basque au bâton ». De 200m sur 120 m daté de 1930 (lot 36), cette œuvre couvrait le mur de la chambre du célèbre mécène et directeur général des tournées de la chorale Eresoinka, Manuel de la Sota. Une célèbre famille de Bilbao, très proche des plus grands peintres basques espagnols de la première moitié du XXème siècle. La toile du « Le danseur basque » est présentée dans le livre-catalogue de l’exposition du Bellevue « Ramiro Arrue - Entre avant garde et tradition » par Olivier Ribeton en 2017 ainsi que dans « El libro de oro de la patria Pais Vasco » ed. Gurea 1934.

Egalement dans le catalogue « Ramiro Arrue à Biarritz » de 2017 présenté aux enchères, figure une huile « Mariya Nora Zuaz » du peintre natif de Bilbao, datée de1952. (57 x 82 cm) (lot 88) qui illustre les instruments sur fond de montagne basque. Joint au tableau, un feuillet sur les ballets basques de Biarritz Oldarra, ed. UFI, Bordeaux, 1952. Des photos de danses et autres manifestations d'Oldarra y sont présentés avec les diverses pièces du répertoire et mentionnant les collaborations avec Ramiro Arrue (pour les décors).

Sur le thème de la danse et de la musique reproduit dans le livre-catalogue Ramiro Arrue et exposé pour la vente, une gouache « La Danse des Arceaux » au format 41 x 32 cm (lot 91) est datée aux environs de 1926. On peut remarquer la richesse des costumes comme celui du danseur à la ceinture à clochettes et au béret rouge brodé à pompon, cette danse étant pratiquée en Guipuzcoa ; au second plan, les danseurs en blanc portent chacun une épée, leurs mollets sont recouverts de bandeaux à grelots, costume musical très utilisé pour le carnaval et les mascarades.

Avec ses pastels et ses crayons, Pablo Tillac (1880-1969) saisit avec dextérité des caricatures stylisées de basques typiques, comme par exemple une pâtisserie de San Sébastien « En una Churreria de San Sebastian », une scène de la vie qui montre le goût pour les sucreries et le chocolat noir de si bonne qualité apporté par les conquistadors et les juifs d’Amérique au milieu du XVIIème siècle au Pays Basque. (13,5cm x 20cm).

Né à Angoulême, l’artiste étudia aux Beaux-Arts. Cumulant la profession d’illustrateur, l’artiste contribua à la publication d’une quarantaine d’ouvrages dont le Ramuntcho de Loti, le Don Quichotte de Cervantès et la « Femme et le Pantin » de Pierre Louys. Une biographie fort documentée de cet observateur assidu de la morphologie et de la psychologie basque a été publiée par l’écrivain Pierre Minvielle aux éditions Atlantica.

Parmi une pléiade d’autres œuvres intéressantes, une « vue de Pasajes » à l’huile de Gustave Colin (1828-1910) 26 x 26 cm (lot 8) rappelle que Victor Hugo avait séjourné dans ce port pittoresque. Peintre régionaliste basque appartenait au « groupe des neuf » créé vers 1923 dont faisait partie Ramiro Arrue, Gustave Colin et ses compères privilégiaient les paysages verdoyants du Pays Basque.

L’exposition se poursuit avec Louis Benjamin Floutier dont plusieurs huiles et gouaches sont exposées pour la vente aux enchères. Ce dernier fonda la manufacture de Ciboure(1) avec Etienne Vilotte et Victor Lukas en 1919 à Ciboure. De 1919 à 1922, la manufacture signa en général au dos de chacune d’elles « LVK » (voir le vase néo-grec présenté). Floutier se chargea de la partie artistique de l’entreprise, imposant le style « à la grecque », sur fonds noirs, avec des personnages stylisés, à la mode 1920. Leurs peintures étaient dessinées directement à la main sans être décalquées. Puis, aidé de Lukas, ils privilégièrent les décors sous le signe « LF ». En parallèle, Floutier réalisa des cartons pour les vaisselles de Sarreguemines, à décors de svastikas en 1930.
Par exemple, la petite verseuse à boule à haut col et une anse en grès émaillé à décor de motifs géométriques. Signé C. Nouvelle Ciboure LVK. HM. Vers 1919-1921. Haut. 14 cm (lot 10)

A partir de 1920, Etienne Vilotte se consacra entièrement au néo-basque à la manufacture Ciboure. Pendant cette « période Vilotte » la marque « VE » au dos, les divers décorateurs qui collaborèrent ne signèrent pas leurs œuvres. Par exemple, le vase boule à col rond en grès émaillé à décor dit "à la grecque" d'hommes et femmes nus agenouillés dans un paysage avec arbres, bordure de la base à motifs géométriques. (lot 15) Marqué VE au tampon. Vers 1920. Haut. 20 cm ; Diam. 20 cm (lot 15) Certaines pièces en grès émaillées ne possédaient pas de décors Jarre ovoïde (lot 77) à deux anses en grès vernissé bleu vert d'eau, signée sous la base. Vers 1920-1930. Haut. 43 cm.

Références : La Poterie de Ciboure 1919-1945, par Séverine Berger, ed. Atlantica 1998, p.21 et pièce de forme identique d'un décor différent reproduite en couverture.

En 1945, Rodolphe Fischer racheta l’entreprise. Jusqu’en 1951, les décorateurs purent de nouveau signer leurs œuvres auxquelles étaient ajoutées les lettres « V.E. ». La marque fut progressivement remplacée par « R.F. » (Rodolphe Fischer), puis par « R.S.F » (Rodolphe, Suzanne Fischer) ou « M.F.C. » (Max et Carmen Fischer).Le dernier décorateur et peintre d’origine hollandaise Robert Brandhof dessina une série de plats et d’assiettes signés aux impressions du bleu Delft natal. Malheureusement la Poterie de Ciboure fut détruite en 1997.
A cette intéressante collection de faïence de Ciboure s’ajoute celle des Cazaux présentée en écho à l’exposition estivale à l’Hôtel du Palais. Egalement présenté des faïences parmi des paysages de la forêt landaise de Jean-Roger Sourgen une paire originale de plats triangulaires à décor et paysage landais si typique de son style.

Ce chapitre du Régionalisme Basque s’achève ou s’ouvre sur l’art contemporain par la sélection de dix œuvres d’artistes peintres ou sculptures vivant au Pays Basque français et espagnol. Parmi les artistes sélectionnés, le sculpteur Zigor, après son exposition cet hiver au Bellevue, exposera « Gurutxe X (la croix) 2017 sculptée en platane. Ht 67cm x larg 57cm x prof 47 cm (lot n°227).

Les enchères se prolongeront jusqu’au lundi avec la présentation de design et art contemporain du XXème. Le dimanche, une exposition de mode et bijoux invitera un public plus varié à se joindre à ces enchères.

Samedi 4 Août 201 8 à 14h
Régionalismes basques et landais (Lots 1 à 261 )

Dimanche 5 Août à 14 h
Bijoux et mode (Lot de 201 à 593)

Lundi 6 Août à 14h
XXème siècle et Design - Vins (Lots 601 à 1046)

Exposition publique toute la semaine du lundi 30 juillet au vendredi 3 août

(1) Manifacture de Ciboure : (voir visuel) :
1re marque, de 1919 à 1921 : tampon de Vilotte, Floutier et Lukas
2e marque à partir de 1922 : tampon d’Etienne Vilotte
3e marque à partir des années 50 : tampon de Rodolphe Fischer
4e et dernière marque : tampon de Max Fischer

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