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Madrid : danseurs et stylistes pour Balenciaga et la peinture espagnole

Danser à Madrid devant les robes de Balenciaga et les portraits de Zurbaran © DR

Parallèlement à l’exposition consacrée à Balenciaga au DIDAM de Bayonne (voyez l’article d’Anne de La Cerda dans notre « Lettre » de la semaine dernière), le célèbre musée Thyssen-Bornemisza de Madrid consacre également une exposition au grand couturier basque grâce à une trentaine de vêtements prêtés le musée Balenciaga ainsi que le musée du costume de Madrid, le musée de Disseny de Barcelone et différentes collections privées.

Les quatre-vingt-dix pièces exposées dialoguent avec près de 55 peintures datant du seizième au vingtième siècle, et occupent toute la surface des expositions temporaires du Thyssen, environ 800 mètres carrés. « L'idée est d'expliquer comment la beauté de l'art espagnol a influencé leurs créations », explique Martinez de la Pera, qui a travaillé pendant huit ans avec Hubert de Givenchy, le disciple de Balenciaga disparu l'année dernière. Le dialogue entre les vêtements et les peintures s’établit  à travers « des éléments conceptuels ou des formes, des volumes, des couleurs, de la spiritualité ou de simples querencias artistiques ».

Balenciaga avait une relation très jeune avec l'art, grâce à sa mère, Martina Izagirre, couturière au service des grandes familles de Getaria, entre autre le marquis de Casa Torre – établi dans le port guipuzcoan en 1895, année de naissance de Balenciaga - qui fréquentait le palais Aldamar  - annexe de l’actuel musée Balenciaga à Getaria - et où, en plus de découvrir les tissus et les modèles portés par l'élite de l'époque, Balenciaga a pu accéder à la collection d'art de ces familles aristocratiques. Précisément, la première partie de l'exposition rassemble huit œuvres, aujourd'hui dispersées, de la collection qui se trouvait à Getaria, tels les portraits des souverains espagnols Charles IV et Marie Louise, « qui sont à nouveau réunies 120 ans plus tard ».

Ainsi, Balenciaga dialoguera avec des peintures de la tradition espagnole, une de ses sources d'inspiration.

Et pour l'enregistrement du clip de cette merveilleuse exposition « Balenciaga et la peinture espagnole », entouré des peintures du peintre basque Zurbarán, des dessins de Balenciaga, sur une musique originale composée de Jésus Torres, un danseur habillé par le styliste et tailleur Oteyza, lui aussi d’origine basque, a exécuté une performance sur une chorégraphie écrite par Antonio Najarro, directeur du Ballet National d'Espagne, et inspirée de la salle dédiée à Zurbarán, qui annoncera l’événement à partir de l’ouverture de l’exposition le 18 juin prochain (ouverte jusqu'au 22 septembre) ! Car, nul n'était mieux indiqué pour rendre hommage au grand couturier basque de Guetaria, que ce créateur de mode madrilène, dont le nom révèle ses racines basques : il réinvente le vêtement de style hispanique avec cape et chapeau inspirés de Zuloaga, en lui conférant des tonalités contemporaines !

Mode, peinture, danse et musique témoigneront ainsi du génie créatif basque autour de l'exposition « Balenciaga et la peinture espagnole ». Une exposition qui invite également à la lecture du dernier livre "Haute Couture" de Florence Delay publié chez Gallimard en 2018. À travers une quinzaine de tableaux, l'Académicienne mène l'enquête. Un livre où le dessein secret de Zurbarán rejoint celui du couturier Balenciaga.

 

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