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la lettre du Pays-Basque

Tradition

Les chrétiens d'Orient et la francophonie

Charles Personnaz avec le directeur de l’Œuvre d’Orient © DR

Alors que le Chef de l’Etat français Emmanuel Macron avait rendu hommage, lors d'une visite à la cathédrale Saint-Marc du Caire au cours de sa récente visite officielle en Egypte, aux coptes « tombés sous les coups de la barbarie terroriste » et annoncé la tenue d'une nouvelle conférence à Paris sur les chrétiens d'Orient (*), François-Xavier Esponde revient sur cet événement :

1 - Le voyage en Egypte, en Irak et au Liban du Chef de l’Etat français Emmanuel Macron

Le Liban plaque tournante des Chrétiens d’Orient et de la Francophonie. Un Rapport demandé par la France pour « la défense des Chrétiens d’Orient a été remis en début janvier au chef de l’Etat par Charles Personnaz, missionné par l’Œuvre d’Orient en vue de préparer ce voyage.

Le Rapport mentionne deux idées forces dans la protection du Patrimoine du Moyen Orient et le soutien au réseau éducatif de l’enseignement du français en cette région du nord de l’Afrique.

« En vue de renforcer » dit le texte, « la citoyenneté renouvelée au Proche et au Moyen 0rient et de soutenir la francophonie en net déclin dans la région ». Faire connaitre en France à travers nos institutions culturelles, la riche civilisation du christianisme oriental, des yézidis, des juifs du Moyen Orient. Protéger le patrimoine ancien sur place à travers l’Alliance internationale pour la Sauvegarde du patrimoine au cœur des régions en conflit –Aliph-, une initiative promue par la France à la suite de la destruction de Palmyre en Syrie. La France rappelle que « ces populations sont héritières d’un art, d’une pensée, d’une foi qui constituent l’une des racines les plus profondes de la construction des sociétés arabes, susceptibles de les ouvrir à l’universalité ».

Dans ces pays divisés entre sunnites et chiites, les écoles chrétiennes réunissent aujourd’hui  400 000 élèves de toutes conditions sociales, qui étudient le français ou en français, du Liban jusqu’en Egypte et constituent, dit le rapporteur, « un espace de construction de la paix et de la convivialité ».

L’enseignement particulièrement des filles dans cet esprit et cette ouverture d’esprit représente, « un défi majeur du rejet de tous les fanatismes », selon des propos tenus par des religieuses de Saint-Vincent-de-Paul au Caire. Propos semblables tenus au Liban par d’autres congrégations enseignantes qui rapportent « la quête d’une identité pour ces enfants qui ne soit pas une fiction éducative ».

La France serait à nouveau à la manœuvre pour financer de tels projets en envoyant des volontaires de la francophonie, comme c’est le cas aujourd’hui avec le réseau Barnabé fondé à la demande du Consul de France à Jérusalem, réseau de coopération entre l’enseignement catholique en France et les écoles de Terre Sainte, depuis 2006.

2019 en France est aussi une date majeure de la Conférence internationale consacrée aux victimes des violences ethniques et religieuses au Moyen Orient, une manière positive d’ajouter ces investissements pratiques sur place pour tenter de relever le départ de nombreux citoyens locaux tentés par l’exode et protéger l’identité chrétienne dans ce Proche et Moyen Orient, souligne le rapporteur. Le Moyen Orient y perdrait, dit Charles Personnaz « son pluralisme, une part profonde des sources de la culture et son caractère pluriconfessionnel ».

2 - Au Liban - le Centre Beit Gazo restaure déjà le patrimoine religieux.

Restaurer des parchemins anciens, des manuscrits d’une valeur inestimable est le travail en cours à Beyrouth  du centre de recherches et de conservation du patrimoine des églises d’Orient.

Beit Gazo, Maison des trésors en arabe : ce centre, inauguré le 12 avril 2018 dans la résidence du Patriarcat à Charfet, fut une initiative de l’œuvre d’Orient, du patriarcat syriaque catholique et d’un sénateur français de Savoie, Jean-Pierre Vial. Rejoints depuis par le ministère français de la culture, la Fondation du Patrimoine et la Bibliothèque nationale de France. Le premier contact avec les détenteurs de ces trésors se fonde sur la confiance réciproque. Chaque église résistant parfois à remettre ces parchemins et papyrus à des représentants d’autres églises chrétiennes, le résultat déjà accompli de la restauration de dizaines de manuscrits principalement religieux, d’ouvrages de médecine ou d’histoire, sert de preuve et d’encouragement pour continuer ce travail de spécialistes. Livres, tableaux, incunables, attendent et sont déjà visionnés en vue de ce labeur de restauration qui presse déjà.

On connaît aussi le travail de protection de ses biens inestimables déjà accomplis par les jésuites et les dominicains implantés en ces pays depuis plusieurs siècles.

Les initiateurs de ce travail au Liban espèrent élargir leur projet en Irak et en Syrie où des trésors attendent cette réhabilitation.

François-Xavier Esponde

(*) Selon l’agence Reuters, « au troisième jour de sa visite officielle en Égypte, le chef de l'État français s'était entretenu avec le pape des coptes d'Égypte, Théodore II (ou Tawadros II), à la résidence de ce dernier avant de visiter, avec son épouse Brigitte, l'imposante cathédrale adjacente. "Les coptes d'Égypte sont une composante essentielle de la société égyptienne", a-t-il écrit dans le livre d'or. "La France est attachée à son épanouissement. Je m'incline devant la mémoire des coptes d'Égypte tombés sous les coups de la barbarie terroriste. Je sais combien aussi les coptes orthodoxes ont ces dernières années pu souffrir de l'insécurité, du terrorisme, des attaques et je sais aussi tout le travail qui est fait aujourd'hui avec le gouvernement pour que la sécurité soit assurée et que vous puissiez croire dans une société apaisée", a-t-il ajouté lors de son entretien avec le pape.

"Je considère que le pluralisme et ce que vous portez aujourd'hui en Égypte et dans toute la région est un élément essentiel de la pacification", a-t-il ajouté, avant d'annoncer une nouvelle conférence à Paris pour voir comment accompagner "plus efficacement" les chrétiens d'Orient. Il s'est ensuite recueilli à l'Église Saint-Pierre, théâtre d'un attentat-suicide le 11 décembre 2016 qui avait fait 29 morts. Selon l'Élysée, le pape copte est revenu, lors de cet entretien qui n'était pas ouvert à la presse sur les récents attentats qu'il a qualifiés "d'atteintes à l'unité nationale" et insisté sur l'importance que les religions continuent de cohabiter en Égypte ».

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