Logo BasKulture

la lettre du Pays-Basque

Histoire

Les Catacombes à Rome

Catacombes romaines © DR

- On en dénombre soixante-cinq à Rome dans la totalité de la ville et de ses environs, car ces cavités sont situées hors des enceintes périphériques de la Cité suivant la pratique des Etrusques de ne jamais confondre le royaume des morts avec celui des vivants.

Les noms de ces espaces mémoriels se nomment Domitilia, Priscille, Saint-Calixte, Aproniano, Saint-Sébastien, la Crypte des papes, parmi les sept plus connus qui participent aux origines de l’Eglise. Un monde insolite qui n’a cessé d’attirer le regard des curieux et le culte des fidèles, car selon la tradition, ce sont ces lieux qui contiennent les restes des témoins, martyrs de l’église primitive.

Le terme « cementaria » voulant dire dortoir, et « catacombe », lieu près d’une carrière, chaque religion, juive, chrétienne et païenne avait ses catacombes dans une ville habituée à la mixité de ces trois cultes originels.

Les historiens situent au Second Siècle la création de ces catacombes en surface et en sous-sol, dans un terrain argileux où ces couloirs furent creusés sur des kilomètres.

L’épisode du Pape Etienne arrêté dans une catacombe par la police romaine avait attisé l’intérêt pour ces endroits uniques de la Ville. En France, dans son livre « Les martyrs », inspiré du romantisme, Châteaubriant avait vulgarisé auprès des fidèles la séduction des souvenirs prêtés par les chrétiens à ces sites antiques ; mais, selon la critique apportée à ces récits, ces endroits ne constituèrent jamais des cachettes pour les vivants aux prises avec leurs adversaires religieux, sinon le lieu du repos observé pour les morts ensevelis dans ces cavités souterraines.

- La conversion de Constantin et de ses sujets changera le rapport des Romains avec leurs catacombes, dont l’usage disparaîtra au VIème siècle, au profit d’une sépulture en surface à l’heure de la mort, et non plus dans le sous-sol de la ville.

Parmi les espaces d’une dévotion entretenue au fil du temps, la catacombe de Saint-Sébastien est souvent citée par les nombreux visiteurs qui se rendent à Rome en pèlerinage, pour son décor, son riche habillage de motifs religieux, que l’on admire encore aujourd’hui. Mais au nombre des catacombes décorées, il faut citer encore San Lorenzo, Pancrazio, Valentino, qui sont dotées de peintures anciennes, naïves et pleines d’intérêt. L’imagination et le goût de les visiter, de les étudier et de les comparer a donné lieu à des publications nombreuses au fil du temps.

Le pèlerin de passage à Rome trouve ces ouvrages disponibles pour son contentement.

- L’habitude de déposer les corps dans les catacombes se perdra à Rome à partir de 313, année où une tolérance permettra aux chrétiens de disposer de sépultures en surface. La décoration des motifs religieux entourant les gisants ensevelis révèlera cette évolution des esprits des habitants de la ville.

Initialement dans les sépultures les plus anciennes on trouvait trace de lampes à huile, de candélabres, et sur les fresques colorées des motifs relatant la procession des offrandes, l’olivier, le pain eucharistique, le rameau et la vigne, la colombe de l’Esprit Saint ; plus tard, les motifs de l’iconographie seront plus affirmés, comme le Christ, le Bon Pasteur, le soleil du Ressuscité, la représentation de Jonas englouti par le monstre marin, et de multiples scènes de la vie de Jésus le Christ, qui désormais se dévoilent sans retenue, sans interdit. X et P seront peints croisés, comme les deux lettres de l’alphabet grec désignant le Seigneur Jésus sur les parois des niches réservées aux chrétiens.

La coutume d’inhumer en catacombe les gisants rencontrera aussi des motifs de la mythologie gréco-latine sans difficulté de cohabitation des croyances diverses et présentes dans la ville de Rome, depuis son origine.

Si les catacombes existent toujours, elles furent fermées ou condamnées pour les visites, à cause des dommages commis par les invasions successives de la ville. On les dépouilla des biens - pouvant être « marchandés » - qui accompagnaient les sépultures, et par précaution, elles furent interdites aux visiteurs par les autorités afin de les protéger des malfaiteurs.

Commentaires

Réagir

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.