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la lettre du Pays-Basque

Patrimoine

Le tour du monde de Manex en 30 jours (VI)

Rio Copacabana © Manex Barace

Manex Barace achève son carnet d’un voyage autour du monde, du 25 mars au 23 avril 2018 : de Rio de Janeiro à Hendaye

Mercredi 18 avril 2018.

Dernière douche pascuane partagée avec un insecte et dernier petit déjeuner.  A 10 heures pétantes, Any charge ma lourde valise dans la benne de sa Nissan. Arrivée quelques minutes plus tard à l’aéroport. Les nouveaux arrivants croisent les voyageurs en partance pour Santiago. Vol LATAM 844 sans histoire. Départ 12h25, arrivée 19 heures (heure locale). Durée 4h20. Une demi-heure d’attente à bord sur la piste, le temps que soit enfin attribuée une porte de débarquement au vol 844 ! J’ose espérer que ma valise enregistrée jusqu’à Rio ne fera pas fausse route… Arrivée nationale, d’où un rapide passage douane/police. Puis porte d’embarquement numéro 10, après les formalités de départ à l’autre bout de l’aéroport international. Embarquement prévu à 20h36 pour décollage à 21h21 du vol LATAM 8075 à destination de Rio de Janeiro. Vol nocturne d’une durée de 4h10. Le ciel est peu nuageux, si j’en crois les nombreuses zones éclairées tout en bas durant le vol. Est-ce encore le Chili ? L’Argentine ou déjà le Brésil ? Arrivée à 2 heures du matin (heure locale)… L’aéroport semble désert. Une fois les formalités rapidement expédiées, un quart d’heure plus tard, arrivée à l’hôtel Atlantico Rio. Le taxi a parcouru les 20 kilomètres sans encombre. L’hôtel est situé à quatre blocs (« cuatro cuadras ») de la plage de Copacabana, parait-il. Comme il est déjà 3 heures du matin, je vérifierai  après quelques heures de repos, sinon de sommeil. Il fait chaud et je n’ai aucune idée du fonctionnement de la climatisation, comme du coffre-fort d’ailleurs.

Jeudi 19 avril 2018.

Copieux petit déjeuner buffet… Il va falloir songer à commencer à s’orienter et faire des choix de visite de cette ville étendue qu’est Rio. Impossible de trouver un plan. Il y en aurait en vente dans les kiosques à journaux. Sur le chemin de la plage, un bureau de change pour essayer de liquider mes derniers Dollars Australiens (au Chili seuls les Dollars Américains et les Euros sont facilement changeables) et une agence de tourisme. Pas de plan, rien n’est gratuit. Une employée italienne s’efforce de parler français pour me vendre ses excursions : tour de ville pour demain vendredi, à la découverte de quelques-uns des principaux sites touristiques incontournables. Cela se fera en portugais et anglais, un petit résumé en espagnol tout de même est prévu.

Photos de la plage de Copacabana depuis le sable et du 30e étage d’un hôtel situé en première ligne. Après ma mésaventure en 1978 – rentré en maillot de bain à mon hôtel grâce à la compassion d’un promeneur qui m’avait donné un ticket de bus, suite au vol de mes affaires personnelles (heureusement pas l’appareil photo) – ne tentons pas le diable. Les photos lors d’un premier voyage depuis l’hôtel et  la baignade plus tard…  Repos dans la chambre enfin climatisée pour échapper au soleil de midi et plouf ! dans l’océan enfin vers 17h30 alors que le soleil est déjà très bas et que la brume commence à envelopper les collines au fond de la baie de Copacabana. Dîner : poisson frit et riz blanc et un peu de verdure (42 Reais). Réveil programmé pour 6h30 demain matin…

Vendredi 20 avril 2018.

Encore une nuit partagée entre somme, réveil et difficulté de ré-endormissement. Copieux petit déjeuner trop vite englouti de peur que le guide qui doit passer me prendre à la réception pour l’excursion de la journée n’arrive avant que je ne sois prêt et reparte sans moi…  Excursion accompagnée « classique » (220 Reais parce que payée en espèces) avec informations en portugais du Brésil, la majorité des clients étant semble-t-il des locaux en vacances de Pâques, avec résumé en espagnol pour les autres participants. Le prix m’avait semblé un peu élevé mais tout compte fait, je suis véhiculé et les entrées sont comprises (28 Reais pour l’accès au Corcovado, 85 Reais pour le téléphérique du Pao de Azucár), ainsi que le déjeuner buffet (hors boissons – 24 Reais la bouteille de bière - et desserts), ce qui relativise le prix pour une journée presque complète.

Départ de la visite en bus vers le célèbre Corcovado envahi par la foule. Aux escaliers de Selarón, célèbres pour leurs marches décorées de  céramiques, encore pire. Visite ensuite de l’émotionnante cathédrale de Saint-Sébastien, de forme pyramidale culminant à 75 mètres, pouvant accueillir 20.000 personnes (mais lors des JMJ le pape François y a réuni 30.000 fidèles et 3 millions lors d’une célébration sur la plage de Copacabana, dixit Manuela la guide accompagnatrice). Extérieur du stade Maracana sous un soleil de plomb, qui n’intéresse que les quelques amateurs de sports du groupe. Le Sambodrome, lieu mythique du défilé des 24 comparsas du carnaval (lesquelles reçoivent chacune chaque année un million de Reais pour leurs frais de costumes). Traversée d’une partie de Rio ensuite pour accéder au Pão de Açúcar et son téléphérique (ouvrage « sûr » car construit par une entreprise suisse !) d’où la vue sur les nouveaux quartiers, la plage de Copacabana et le Corcovado est magnifique. J’ose à nouveau un jus de fruits naturels après une traditionnelle caiperinha (équivalent brésilien du mojito cubain) savourée pers de l’arche de Lapa ce matin. Retour à l’hôtel un peu avant 17h30 : l’heure de plonger dans les vagues (dangereuses) de Copacabana, d’autant plus que les secouristes viennent de plier bagages et qu’il n’y a pas foule dans l’eau…

Samedi 21 avril 2018.

Debout comme la veille à 6h35. Bien que le check out soit à 12 heures, il me faudra libérer la chambre à 9 heures, avant le départ pour la dernière excursion de demi-journée (160 Reais) pour ne pas avoir de mauvaise surprise. Surprise, l’agence a déniché un guide francophone qui a appris le français tout seul, dit-il. Il serait ancien professeur, ce qui, ajoute-t-il est rare dans ce pays où contrairement à ce que l’on peut croire, le métissage ne facilite pas l’intégration sociale…  Découverte en sa compagnie d’endroits moins visités du Vieux Rio au passé colonial, le quartier de Santa Teresa – petit « Montmartre local » aux rues sinueuses et pentues – où dans les années fastes du premier tiers du XXe siècle vivaient de nombreux artistes dans de belles demeures proches de celles de leurs mécènes. Les thermomètres des panneaux publicitaires affichent des températures oscillant entre 26 et 28°. Puis, de retour à l’hôtel Atlantico Rio, quelques heures à tuer avant de prendre un taxi pour l’aéroport international. Un dernier bain dans les vagues de Copacabana ? Chiche ! Beaucoup de monde cette après-midi sur le sable, touristes, Cariocas et vendeurs de produits de toutes sortes, comme sur les plages espagnoles du pourtour méditerranéen. Dernier étage de l’hôtel, où se trouve une piscine minuscule (à moins que ce ne soit un grand Jaccuzi en panne de bulles) qui a finalement le mérite d’exister et surtout de proposer une douche, avant de me changer en prévision du long vol de nuit de ce soir, de Rio à Londres, pour lequel je n’ai pas réussi à m’enregistrer par Internet.

J’ai appris par un SMS envoyé par la SNCF que mon TGV de milieu de journée de lundi prochain est supprimé en raison de la grève… Taxi à prix fixe : 50 Reais, soit la moitié qu’à l’aller (102 Reais), de nuit il est vrai.

A l’enregistrement il m’est proposé de différer mon retour en Europe de 24 heures, British Airways prenant à sa charge la nuit d’hôtel et accordant une petite compensation financière. Refus poli de ma part, argumentant qu’une chambre d’hôtel est réservée et payée à Paris, ainsi que mon billet de train non modifiable (bien que je sache que ce n’est pas vrai en ce qui concerne le train).

La durée du vol British Airways 248 à destination de Londres Heathrow 5 est d’environ 11h20. Vol tranquille. La nourriture n’est pas gastronomique mais les (petites) bouteilles de cava et de vin coulent à flot. Conséquence ? Une de mes meilleures nuits depuis bientôt un mois !

Dimanche 22 avril 2018.

Arrivée à Londres sous le soleil. Il est 13h10 (heure locale). Connexion sans problème dans deux heures, valise à récupérer (j’espère) à Paris CDG2. Départ pour Paris retardé d’une demi-heure, passée dans la file d’attente sur le taxiway. Durée du vol 1h20. Arrivée sur le tarmac parisien avec le même retard. A l’heure du départ du dernier TGV pour Hendaye, les valises n’ont pas encore commencé à être livrées. Heureusement que j’avais préféré rentrer à Hendaye plutôt lundi que dimanche soir car je l’aurais raté… Direction Paris Montparnasse où est réservée ma chambre pour la nuit, par le « Bus Direct » (17 euros) nouvelle dénomination des anciens bus Air France. Circulation difficile ce dimanche soir, plus de 80 minutes pour le trajet, soit le double de temps normal.

Priorité des priorités, échanger mon billet de train. Sans problème, le TGV suivant celui prévu initialement circulera normalement demain malgré la grève. Le Tim Hôtel est à deux pas de la gare Montparnasse, rue de l’arrivée. Il suffit de ne pas se tromper de rue en sortant de la gare. Dans la même rue que l’hôtel et à quelques mètres, le restaurant de la Tour. Menu simple à 20 euros. Déjà 23 heures au moment de régler l’addition. Dernière nuit avant le retour au bercail. Avec en prévision une petite grasse matinée (le petit déjeuner buffet est accessible jusqu’à 10h30).

Lundi 23 avril 2018.

Excellente dernière nuit ! Le Tim Hôtel n’est en rien l’Hôtel du Palais, loin s’en faut, mais a le mérite d’être situé presque face de l’entrée de la gare Montparnasse et bien que ma chambre, au premier étage de surcroit, donne sur la rue, je n’ai rien entendu durant la nuit. Question petit déjeuner, j’en ai pour mon argent (92,80 euros chambre et petit déjeuner).

Quatre heures à passer au mieux avant l’heure du départ. A ce jour un ticket de métro coûte 1,90 euro. Dix tickets pour 14,90 euros, remplaçables si démagnétisés. Direction l’île de la Cité pour une nouvelle visite de la cathédrale Notre Dame et de la Sainte Chapelle (ligne 4 depuis Montparnasse Bienvenüe). Retour vers Montparnasse et changement à Raspail, station moins encombrée pour prendre la ligne 6 en direction de la station Bir Hakeim – Tour Eiffel. A la sortie du métro je suis pris à partie par une bande de vendeurs à la sauvette (de type africain) de « souvenirs de Paris » dont un m’arrache mon appareil photo car j’avais l’intention d’en prendre une… Les gros mots en français n’ont pas de secret pour eux… Ils auront changé de lieu d’exposition-vente à mon retour des environs de la tour Eiffel où j’ai tout de même pris quelques clichés. Entre les stands des vendeurs autorisés, ceux des vendeurs à la sauvette, les travaux sur voirie, les centaines de badauds qui piétinent et ne laissent pas passer - et l’heure qui tourne – j’ai préféré renoncer et retourne vers la station de métro. Retour à Montparnasse par la même ligne 6. Pas le temps de « visiter » Paris davantage. Il est 15 heures. Une bière au comptoir d’une brasserie, et une autre pour le voyage achetée chez Mohamed, commerçant tunisien en grande conversation avec son ami Mohamed pendant que son petit-fils Mohamed qui est en vacances garde l’épicerie…

Récupération de ma pauvre valise qui a beaucoup souffert durant ce périple autour du monde. Attente à la gare. Les trains qui circulent sont pris d’assaut. Le mien est enfin affiché voie 5. Reste à trouver la voiture 15 et la place 58 après le contrôle sur le quai. Le TGV 8549 à destination de Bordeaux, Dax, Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz  et Hendaye partira à 15h52 et arrivera à l’heure à son terminus à 20h35.

B A du jour, petite aide à deux américaines semble-t-il  quelque peu perdues. Elles ne comprennent que la langue américaine et souhaitent rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port pour débuter leur pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques. Leur souhait, trouver où se loger ce soir à Bayonne et se rendre à Garazi demain. Appels téléphoniques à mon frère Didier à Anglet et Anne-Marie, une connaissance demeurant à Garazi pour résoudre l’équation. L’association diocésaine peut dépanner des pèlerins à Bayonne. Pour rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port, un bus remplace au départ de la gare de Bayonne les trains SNCF. Thank you ! Pour la petite histoire, deux américaines a priori perdues dans les rues de Garazi seront remises dans la bonne direction par Anne-Marie mardi matin… Les mêmes ?

Une tentative de demande de dédommagement n’aboutira à rien, ayant finalement pu voyager avec seulement quelques heures de retard sur ce qui était initialement prévu. Tout est bien qui finit bien. Je reconnais la Fiesta de Joana dans la cour de la gare : mon taxi est également à l’heure.

 

 

 

2 Rio depuis le « Pain de sucre »

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