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la lettre du Pays-Basque

Gastronomie

Le repas, objet culte des temps modernes

Représentation d’un village avec animaux en liberté par Hartmut-Kiewert © DR

1 - Le repas quotidien
Jadis on mangeait pour se nourrir et se sustenter comme on disait dans le vocabulaire commun. Aujourd’hui, on choisit en faisant le tri sélectif du manger et des aliments selon des critères neufs et insolites.Le casher et le halal des uns était prescrit dans les rites religieux des Israélites et des Musulmans, « le végan devient la religion civile entre le pur et l’impur des aliments de la part de nouveaux adeptes de la table, militants assurés de nouer de la sorte une communion avec la terre et ses créatures ». Il a été dit, il y a peu, par l’Association anti fourrure Peta, qu’il serait à propos de « parler des individus qui ont un réel besoin de protection, les millions de vaches, cochons poules et autres animaux qui sont confinés, mutilés et massacrés pour finir sur l’étalage des bouchers »...

Ne souriez pas, mesdames, vos coquetteries sont repoussées par les sujets issus de l’antique Arche de Noé et les professionnels de la viande ne rient plus, car les végans se comportent comme « des croisés inspirés d’une doctrine donnant aux éléments naturels des propriétés surnaturelles au bénéfice d’une nature primitive, sauvage, authentique et qu’il faut défendre par les armes si nécessaire »... Les Américains ont appelé cette philosophie « le préservationnisme  d’une nature sans l’Homme, le prédateur des animaux » !

Le débat dépasse les cercles environnementalistes, « notre société, disent-ils, s’est trompée, elle est en retard dans son rapport aux animaux qui ne doivent plus être la propriété des hommes », comme l’affirme l’Association Végane L 214, demandant à chacun un changement civilisationnel.

On pressent qu’au milieu du mouvement classique « Pêche, Chasse et Traditions » est en train de naître le courant adverse, qui pourrait drainer les adeptes du Mouvement végan, avec son panel « des adeptes animalistes », des protecteurs et défenseurs de la cause animale.

Paradoxalement le mouvement prend racine dans des adhésions spirituelles inspirées dans la Bible de la Genèse comme « une croyance non religieuse qui influence de manière substantielle l’identité, la vision du monde et le mode de vie d’un individu qui partage cette religion laïque, civile et de philanthropie ».

2 - Une religion de substitution
Une croyance ancienne revue et corrigée par « une même communion à un régime alimentaire » ?

Ne sourions pas, les professionnels de la table, les métiers de la viande, et les commerçants concernés par de tels changements d’habitudes de consommation s’inquiètent. Il n’est que d’entendre les restaurateurs qui observent les préventions des clientèles à l’heure du manger, les craintes et les réticences à consommer les plats les plus authentiques du temps passé, et l’aversion des végans pour la charcuterie, les grillades, les délices de la cuisine traditionnelle, condamnée aux feux de l’infamie…

En donnant une dimension sacrée au règne animal, on invite à la conversion des habitudes, on construit « des refuges animaliers ou sanctuaires » (au nombre de dix en France), et les animaux recueillis en ces lieux après avoir été arrachés aux abattoirs et aux élevages, sont considérés comme « des miraculés ». On donne encore le titre de « Refuge de l’Arche », inspiré de l’Arche de Noé biblique, et excusez du peu, en comparaison fortuite avec le Mouvement de l’Arche qui réunit les handicapés physiques et mentaux au sein de leur Fondation. On ne sera donc pas surpris de l’ampleur du travail prosélyte de leurs adeptes et les campagnes menées pour rendre cette cause juste, bénéfique et nécessaire aujourd’hui dans un monde des humains, prédateur et dangereux pour les animaux.

Les outrances du langage comparant les pratiques dans les abattoirs aux camps de la Seconde Guerre Mondiale, on semble dans l’excès, la passion et l’agression de la part de ceux qui comptent sur de telles campagnes d’informations pour obtenir une adhésion à leurs idées, somme toute, radicales et quelque peu fondamentalistes. De grâce, ne cherchez pas du sectarisme dans les religions, il est « lové » dans des espaces plus inattendus et les radicaux s’expriment publiquement au risque de réveiller des passions indésirables dans l’opinion !

 

 

 

Représentation d’un village avec animaux en liberté par Hartmut-Kiewert

Commentaires

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  1. Alan Abeberry
    le 31/08/18 à 04h58

    Agur. Votre article prends position, c'est votre droit. Le rapport à l'animal est une question philosophique centrale. De nombreux philosophes grecs étaient végétaryens (Pythagore,Orphée), le bouddhisme considère comme immoral de faire souffrir 1 animal. Dans le Christianisme, la gourmandise est un péché. Saint François d'Assise puis Ignace de Loyola, le fondateur basque des Jésuites, mangeaient plutôt des simples, des légumes, illustrant ainsi une vision de "donner du pain à ceux qui n'en ont pas..." Certes dans la nature, les animaux mangent les animaux, et le végétarianisme total n'est pas forcément naturel. Mais dans la nature les prédateurs laissent leurs libres et ne les font pas souffrir. Manger de la viande à tout les repas, n'est ce pas une démesure ? Il faut être nuancé, s'ouvrir à des options philosophiques et voire la réalité de la souffrance animale. Niez-vous qu'il y ait des situations d'extrême souffrance animale? Chacun peut se faire son opinion en regardant les nombreux documentaires disponibles sur internet , en cherchant les vidéos youtube "souffrance animale". https://www.youtube.com/results?search_query=souffrance+animale C'est une question morale : en voyant ces vidéos, croyez-vous que faire souffrir 1 animal est bien?


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