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Musique

Itxassou : Errobiko Festibala ou la culture au grand air

Le duo « Acciaccatura » © DR

Au coeur des nuits de juillet, les rencontres inspirées et les spectacles à foison d’Errobiko Festibala à Itxassou avec danse, chants, arts plastiques et moments conviviaux animeront les flancs du Mondarrain : venant de Syrie, d’Andalousie, d’Aragon, du Brésil, de Cuba, du Pays Basque Nord et Sud, de Tchéquie, d’Occitanie, des artistes nourris de traditions fortes, dans tous les styles, musiciens, danseurs, poètes, viendront offrir leurs créations. « Créations où l’on se réinvente grâce à la force des traditions vivantes, aux relations fécondes, aux échanges, telle est depuis les débuts d’Errobiko Festibala la forge, le foyer » autour desquels Beñat Achiary, directeur artistique du festival, a bâti son programme, avec « cette année un regard, une attention particulière portée à la place des artistes femmes dans ce processus : seules ou avec des hommes, elles apportent leur suc essentiel et leur vision du monde à la création artistique »

Le jeudi 18 juillet, en lever de rideau de son inauguration à Sanoki (à 19h avec les organisateurs, les artistes du festival, Txinpartak / musiques de Garazi, les élus, le public, et l’exposition de Monique Brot), Errobiko Festibala débutera sur les chapeaux de roues à 17h par une conférence spectacle de Pınar Selek (*) à propos des « Femmes dans la création artistique ».
Suivra à 21h30 un concert à Atharri, avec en première partie le duo « Acciaccatura » : « une musique baroque, comme on l’entend peu, dansante, frémissante, intense comme un feu. Une magnifique violoniste au son tout en intensité et en finesse, accompagnée par un guitariste au jeu fougueux. Un duo qui cultive une intimité rare, un volcan offert par une fine main ». Cet ensemble chambriste dédié à l'interprétation de la musique baroque est formé de Berta Ares (violon) et Nacho Laguna (théorbe et guitare baroque), qui s’étaient  rencontrés à Saragosse en 2013 pour partager pendant quatre ans leur formation classique au Conservatoire de musique d'Aragon. C’est ainsi que naquit entre eux un lien nourri d’intérêt commun pour le cinéma, la littérature, la nature et la musique, lien émotionnel les engageant à jouer ensemble.
La deuxième partie du concert permettra d’entendre le « Naïssam Jalal quintet » : la grande flûtiste franco-syrienne en pleine maturité artistique se lance dans des projets qui ne cessent de surprendre par leur originalité et leur authenticité humaine et artistique, tel ce spectacle « Rythms of Résistance » où Naïssam Jalal réunit dans une seule main, un seul coeur, un seul souffle, le monde de la musique orientale et celui de la musique improvisée européenne ; entourée de merveilleux musiciens, elle joue « une musique de très haute intensité qui respire la liberté, la profondeur et l’engagement, une musique vibrante et lumineuse qui réunit son public dans la beauté » (Naïssam Jalal : flûte Nay chant / Mehdi Yachou (Chaïb) sax ténor, soprano, percussion et chant / Karsten Hochapfel : guitare et violoncelle / Zacharie Abraham : contrebasse et chant / Arnaud Dolmen : batterie et chant.
Le festival continuera ensuite au fil des monts et des espaces culturels, avec des promenades dans la riche nature environnante : ainsi, par exemple, vendredi 19 juillet à 15h, autour d’un itinéraire ludique, les familles et leurs enfants iront à la rencontre d’arbres remarquables d’Itsasu et profiteront du charme des lieux traversés, en suivant et en vibrant pour des performances atypiques et passionnantes… Cette balade artistique pour les enfants aura pour fil rouge le thème « Des couleurs et des mondes » avec Teresa Hogie (conte), Ringo Irigoyen (beat box), Boris Moncomble (batterie/percussions), Céline Latasa (lecture), Jean-Christian Irigoyen(accordéon) et d’autres amis et artistes du festival. Douce, étonnante aventure par les chemins et sous-bois d'Atharri (tarif : 3 € goûter inclus, info : 06 33 72 55 53). Infos: http://www.errobikofestibala.fr/
Alexandre de La Cerda

(*) la sociologue turque Pinar Selek, féministe et défenseur des minorités, avait eu déjà maille à partir avec le régime islamiste d’Erdogan qui l’avait emprisonnée et torturée avant qu’elle ne vienne s’établir en France. Il y a quatre ans, elle avait donné des conférences au Musée Basque de Bayonne ainsi qu’à Biarritz, sur l’invitation d’Agur Arménie (Association culturelle France-Arménie du Pays Basque), où Pinar Selek avait présenté son livre « Parce qu’ils sont Arméniens » dans lequel elle porte un regard honnête d’intellectuelle turque sur le mensonge fantasmé de l’Histoire officielle « enseignée » dans les écoles turques : la non-existence du génocide des Arméniens. Témoigner sur les souffrances des minorités chrétiennes et non-islamiques de son pays, inciter tous les sympathisants de la cause arménienne à aider effectivement les Arméniens à faire reconnaître la réalité du génocide sont deux des objectifs poursuivis par Pinar Selek qui, désormais, vit et enseigne en France.

 

 

 

 

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