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Grande première à Bidart : une pastorale

Les futurs jeunes acteurs de la pastorale à l’écoute de Roberto Raspiengeas © DR

Décidément, la pastorale, un genre historiquement souletin (également joué anciennement dans les montagnes béarnaises) quitte son territoire originel de la province « orientale » du Pays Basque. Ainsi, après l’expérience réussie de Saint-Pierre-d’Irube, c’est au tour de de Bidart d’accueillir sa pastorale : intitulée « Bidartean Pastorala », elle se déroulera le samedi 15 juin à 17 heures au grand fronton bidartar. Ecrite par les élèves et les enseignants de l’école élémentaire publique Jean Jaccachoury, cette création ne réunira pas moins de 131 acteurs, tous élèves bilingues de l’école, du CP au CM2, pour faire découvrir l’histoire de la ville à travers les cinq thématiques : le chemin de Saint Jacques de Compostelle, la chasse à la baleine, le mariage forcé, les gudaris de la guerre d’Espagne (36-39) et « Bidart aujourd’hui ».

Au carrefour de tous les apprentissages scolaires, la création d’une pastorale représente des enjeux forts pour les enfants bidartar inscrits en filière basque-français dans l’école élémentaire du village. Depuis le début, ce projet a été travaillé avec différents intervenants.

Tout d’abord, rendez-vous avait été pris avec Roberto Raspiengeas, un des guides de Bidart. Ce bénévole amoureux du village avait accompagné les jeunes (futurs) acteurs de la pastorale lors d’une balade. Plus qu’une simple visite, il s’était agi d’une véritable rencontre avec un passionné qui leur avait raconté l’histoire de leur village. Il avait tout d’abord abordé la vie à Bidart entre le XIème et XVIème siècle. Quatre aspects avaient été abordés : en premier lieu, le chemin de Saint Jacques de Compostelle dont un des nombreux itinéraires passe par Bidart. Ce parcours côtier est appelé chemin des Anglais et le nom de Bidart vient d’ailleurs de ce pèlerinage (Bide: chemin ou route, Arte: au carrefour ou croisement). De plus, la statue de Saint Jacques de Compostelle se trouve dans l’église.

La chasse à la baleine avait longtemps constitué une activité nourricière à Bidart. D’abord réalisée sur nos côtes, elle s’était au fil du temps étendue jusqu’en Amérique. Les baleines qui pouvaient peser jusqu’ à 40 tonnes étaient utilisées essentiellement pour leur graisse. Lors de la visite de l’église et de son cimetière, Roberto leur avait montré une pierre tombale qui se trouvait dans l’église. Elle est aujourd’hui sous le porche, devant la porte d’entrée, un harpon y est gravé, témoignant de l’ancienne activité du village.

Roberto avait aussi évoqué « La Roseraie », bâtiment bien connu des Bidartars, qui avait servi d’hôpital militaire pendant la Guerre d’Espagne de 1936 à1939. De nombreux soldats gudaris (soldats du gouvernement basque de 1936) y avaient été soignés. D’autres, qui sont morts de leurs blessures de guerre, sont enterrés dans le cimetière de Bidart, la présence de stèles discoïdales en témoigne.

Pour finir, les enfants ont découvert l’écusson de Bidart qui rappelle le passé du village de chasseurs de baleines. On peut en effet y voir un harpon, une nef naviguant sur les flots et la tour de guet, « Koskenia », située à l’extrémité de la plage de Parlamentia. La devise inscrite sur ce blason, « Bidartean zuzena onena » signifie : « au carrefour, le chemin le plus droit est le meilleur ».

Suite à cette rencontre passionnante, les élèves de CM accompagnés de leurs enseignants ont écrit des textes (berset, en basque) ainsi que leur traduction que l’on trouvera dans le livret.

La danse a une place très importante dans une pastorale. Les organisateurs ont donc fait appel à Johane Etchebest. Danseur, professeur de danse et txirulari (joueur de txirula, flûte à bec basque à trois trous), Johane  Etchebest a été formé dans les groupes de danses souletines, de Larrau et de Licq Athérey, lorsque qu'il a participé à la création de mascarades et de pastorales. En tant que danseur, il a participé à une dizaine de spectacles avec Pier Pol Berzaitz, Mixel Etxekopar et, ces dernières années, à Bakuna show ou Kautere Balet, ainsi que dans des pièces des compagnies Elirale, Kukai ou Bilaka, entre autre. Ancien professeur d'école, il est depuis 2015 responsable de mission au sein de la Fédération de danse basque Iparraldeko Dantzarien Biltzarra. Il propose des formations, des outils pédagogiques, ainsi que des projets de création autour de la culture et de la danse basque.

Les projets d'Education Artistiques et Culturelle des écoles entrent dans ce cadre là. Il fait découvrir aux élèves la richesse de la culture basque, de ses mascarades et de ses pastorales. Ainsi, les élèves interpréteront différentes danses traditionnelles basques ainsi que des danses actuelles pour donner à cette pastorale une modernité et une proximité avec leurs références culturelles.

Le chant a également un rôle central dans une pastorale. Au-delà du travail mené en éducation musicale (paroles et chants) par Marie-Pierre Garmendia et Xabi Biscay, enseignants de l’école, il faut souligner l’investissement de Sophie Rochefort, animatrice bilingue du centre de loisirs, qui prolonge les apprentissages pendant le temps périscolaire. Ainsi, après chaque saynète jouée (jeikaldi), un chœur de 131 enfants viendra interpréter un chant. Enfin, Nicole Rio, la costumière de « Xinkako » (Association culturelle de danse et musique basque de Bidart) a donné de nombreux conseils aux futurs acteurs de la pastorale. Elle a également retouché et confectionné une grande partie des costumes prêtés par Roberto, Johane, Nicole de Xinkako.

Un livret a été créé dans lequel les spectateurs retrouveront les chants et paroles des saynètes avec leur traduction. Cela permettra de suivre le spectacle et de comprendre l’histoire de Bidart. Ces livrets seront en vente sur place à 5 euros.

Après le spectacle, L’A.P.E. tiendra une buvette et un stand de restauration, la soirée étant animée par le groupe de chant de Bidart « Zertako ez ».

 

 

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