Logo BasKulture

la lettre du Pays-Basque

Actualité

CCI de Bayonne Pays Basque : reprise confirmée mais contrastée

André Garreta entouré de Christelle Rodet et de Pantxoa Bimboire © DR

« La reprise économique se confirme », annonce le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne Pays Basque, même si elle est « contrastée » dans la mesure où, si près de 80% des entreprises connaissent une amélioration de leur chiffre d’affaire, en revanche, pour la moindre part de celles qui connaissent une baisse, leur chute est plus importante… Le nombre d’immatriculations d’entreprises est supérieur (+ 4,4 %) à celui des radiations (2,8 %). Le port de Bayonne (qui va se doter de deux grues de grande capacité) et l’aéroport de Biarritz (avec 1,2 million de passagers, soit +4,9 %) sont en progression. En ce qui concerne la pêche, le trafic du port de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure est en augmentation (+1,7 %), mais son chiffre d’affaire baisse à cause de la diminution du prix moyen du poisson (mais c’est toujours la 5ème criée de France). Le secteur du tourisme reste celui qui connaît une bonne croissance d’une année sur l’autre, bien que notre région soit déficitaire en hôtellerie de plein-air. Quant au commerce, si celui du cœur de ville s’est bien comporté au 2e semestre 2017, le premier semestre 2018 connaît une perspective moins bonne alors que les grands centres commerciaux des périphéries évoluent plus favorablement : « il convient de faire des efforts au profit du centre-ville », insiste André Garreta qui s’inquiète de l’installation d’une nouvelle grande surface à la « périphérie ». Et de préciser : « Mais il faut que les centres des villes s’organisent, se ré-urbanisent pour assurer les services qu’apportent les grands centres commerciaux en périphérie : implantation de wc, service de caddies, bancs pour se reposer, animations pour les enfants. La CCI a fait des propositions dans ce sens, mais ce n’est pas elle qui décide » !      
Tout comme ce n’est pas la CCI ou son président qui décide des orientations budgétaires de la Communauté d'agglomération Pays Basque, mais bien les élus de cette collectivité territoriale dont le budget voté dernièrement laisse apparaître une augmentation de la cotisation foncière des entreprises au Pays Basque, malgré l’alerte de la CCI concernant la révision des valeurs locatives (février 2015) ainsi que celles contenues dans les vœux aux élus de l’agglo du 12 janvier dernier, et le message du président de la CCI appelant à une bienveillance des élus de la CAPB envers la fiscalité des entreprises. « Il reste toutefois encore un levier pour compenser cette hausse : celui de la réduction du taux qui sera voté en mars prochain. Gageons sur une prise de conscience des élus », espérait encore (notre article du 23 février) André Garreta qui ne regrette aucunement sa prise de position en faveur de l’EPCI unique du Pays Basque : « le travail est plus efficient avec une agglo plutôt qu’avec dix interlocuteurs », et de rappeler encore que « les chambres d’agriculture et de Métiers des Pyrénées-Atlantiques et leurs présidents respectifs avaient voté de manière identique en faveur de la nouvelle collectivité territoriale ».

A ce propos, soulignant les économies pratiquées dans le budget de la Chambre de Commerce (27%, avec le non renouvellement de certains départs à la retraite, etc.), André Garreta émettait le vœu que la Communauté d’agglo (« nous n’avons pas besoin d’un mastodonte ») connaisse une semblable évolution, souhaitée par les contribuables (en mutualisant les ressources avec la CCI plutôt que d’engager des « experts économiques »). Bref, « nous avons proposé de travailler ensemble, on attend toujours !

Encore à propos de la fiscalité, mais cette fois en matière de taxe de versement transport, André Garreta remarquait que le problème de la circulation n’allait pas être réglé par le futur « tram-bus » car les bouchons aux entrée et sorties des villes étaient engendrés par ceux qui viennent y travailler depuis les périphéries ; et d’avancer des solutions : créer des parkings de 1500 à 2000 places avec des navettes ou bien organiser des services de transport vers Mauléon et Saint-Jean-Pied-de-Port. Ce qui n’existe pas actuellement, et la fiscalité doit en tenir compte.

Quant aux relations de la CCI avec sa puissance de tutelle, actuellement l’Etat représenté par le préfet de région, remarquant que « nous sommes dans un jacobinisme exacerbé, alors que, par exemple, l’Allemagne ne connaît que des CCI territoriales, permettant d’irriguer tout le territoire », André Garreta indiquait encore que cela « ne le perturberait pas d’être sous la tutelle d’une région », celle-ci disposant de compétences économiques : « on travaille déjà beaucoup avec la région, les agglos et EPCI constituant un deuxième niveau. Soit le tout-régional, soit le système espagnol avec la marchandisation et la vente des prestations. Mais l’important est l’action territoriale », martelait-il encore en rappelant « les 20.000 interventions de la Chambre en faveur des petites et moyennes entreprises, l’importance de la formation – les CCI occupent deuxième rang après l’Education Nationale -, et les activités de gestion (port, etc.) destinées non pas à faire des bénéfices mais à l’investissement et à l’amélioration des équipements ».

Il a été également question de la fragilité de l’emploi au Pays Basque et de l’apprentissage : « la formation n’a pas trouvé l’adéquation entre l’offre et les besoins, il manque des compétences dans l’industrie et l’artisanat (plombiers, etc.) ». Favorable à la réforme, A. Garreta reste « dubitatif sur son financement ». Le sport fut même évoqué : « puisqu’il existe une agglo Pays Basque, il eût été intéressant d’avoir une équipe Pays Basque (coûts et moyens mutualisés), afin de dépasser le microcosme à taille réduite pour embrasser la valeur du territoire, tout en conservant une équipe bayonnaise et une autre, biarrote ».

« Il faut produire sans perdre notre ADN, la qualité et la personnalisation de nos offres demeurent nos atouts », résumait-il en rappelant combien la CCI s’engageait dans l’accompagnement des entreprises en les aidant à ouvrir leur commerce au monde (en particulier avec le développement du numérique) sans renoncer à leur qualité et à l’utilisation des ressources du territoire. Ainsi, pour 3,5 millions € de contribution à son budget, la CCI générait une valeur créée de 370 millions € en soutenant 3.700 emplois. Et de conclure : « Nous sommes des passionnés du territoire (…) Je ne sais pas faire de discours alambiqués de convenance, mais je privilégie une action forte en faveur des chefs d’entreprises et des jeunes afin qu’ils puissent rester au Pays Basque ».

Alexandre de La Cerda

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Réagir
  1. Emmanuel Eymard
    le 27/03/18 à 10h18

    Alexandre, Pour ce qui est du Chapitre du Commerce, André Garreta n'est pas du tout sincère... La Chambre de Commerce de Bayonne a toujours soutenu tous les projets de la grande distribution sur le BAB, et aussi Ikea avec la mairie de Bayonne..il ne parle pas des parkings couteux, et vite saturés, il est ridicule avec ses histoires de caddies et banc pour se reposer...etc, mais à Pau, c'est encore pire..c'est la détresse des commerçants, des fonds qui baissent de moitié...Labarrere sympathique était infeodé à la Grande distribution..comme Destrade et Jean Grenet au Pays Basque.. « il convient de faire des efforts au profit du centre-ville », insiste André Garreta qui s’inquiète de l’installation d’une nouvelle grande surface à la « périphérie ». Et de préciser : « Mais il faut que les centres des villes s’organisent, se ré-urbanisent pour assurer les services qu’apportent les grands centres commerciaux en périphérie : implantation de wc, service de caddies, bancs pour se reposer, animations pour les enfants. La CCI a fait des propositions dans ce sens, mais ce n’est pas elle qui décide » !


En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.