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Patrimoine

Renaissance de l’église Saint-Laurent à Cambo

L'église Saint-Laurent en travaux © AdeMLC

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Après plus deux ans de travaux extérieurs, l’église Saint-Laurent retrouve sa blancheur immaculée d’antan.
Inscrite au titre des monuments historiques depuis 2013, l’église Saint-Laurent présente un grand intérêt mis en lumière par l’architecte du patrimoine, membre du Conseil de l'Ordre des Architectes à Bordeaux Catherine Matveieff.
Suite à la première phase de travaux comprenant la restauration de la tour du clocher en 2017, l’architecte du Patrimoine (d'origine russe par son père et béarnaise par sa mère) installée professionnellement à Bayonne et son équipe ont achevé la seconde phase des travaux en 2018 : enduits extérieurs à la chaux, toiture de la nef et du chevet ainsi que les vitraux rénovés par l’Atelier du maître verrier bayonnais Gérald Franzetti. A partir de cette année débutera la troisième et dernière phase des travaux qui concernera la restauration de l’intérieur de l’église, en particulier les peintures murales, les boiseries peintes, les décors et les dorures qui seront renovés par l’atelier 32 à Tillac.

Historique
Située sur le rebord d’un plateau, entourée d’un cimetière, l’église Saint-Laurent abrite de nombreuses stèles discoïdales et tabulaires basques du XVIIe ainsi que des dalles funéraires du XVIIIe siècle. L’édifice religieux fut reconstruit pendant la première moitié du XVIIème siècle sur les fondations d’une église datant du Moyen Age.
Remaniée à plusieurs reprises, son ancien clocher triangulaire fut remplacé à la fin du XIXe siècle par l’actuel clocher octogonal surmonté d’une flèche couverte d’un toit en ardoise (7,50 m ,30 m depuis le sol ). Il loge entre autres les cloches « Paula » et « Joana » dont la plus grande date de 1756.
A l’entrée de l’église desservant trois niveaux, l’auvent extérieur du rez-de-chaussée ajouté au XXème siècle est suivi d'un porche qui abrite la statue de saint Léon décapité, saint patron de Bayonne, aurait été offerte par  la reine Marie-Anne de Neubourg. La deuxième épouse de Charles II d’Espagne, de la famille des Habsbourg, menaçait le roi Philippe V. Après le décès de son mari en 1700 à Madrid, la reine avait été exilée à Bayonne en 1708 par Louis XIV qui avait placé sur le trône d’Espagne son petit-fils le Bourbon Philippe V.
Habituée à séjourner dans la station thermale de Cambo, reconnue pour les vertus de ses sources, la reine avait remercié la ville de son accueil en la dotant  d’un « souvenir » : la statue de saint Léon.
Marie-Anne de Neubourg était alors accompagnée par le prêtre et maître de chapelle de la cour d'Espagne Sebastián Durón (1660-1716), considéré comme l’un des plus grands compositeurs espagnols de musique baroque et organiste de la chapelle royale. Sa vie s’acheva à Cambo où il fut enterré à l’intérieur de l’église Saint-Laurent, derrière les fonds baptismaux et non loin du pavage qui entoure le chœur, réalisé en 1911 et marqué du monogramme « SL ».
L’orgue sur lequel avait joué Sebastián Durón n’existant plus, il fut remplacé au XIXème. Un projet de dotation d’un nouvel orgue auquel participe le député Vincent Bru a été initié par une association qui s’occupe de trouver les fonds.
Dans l’abside, à l’arrière de l’autel surélevé, un remarquable retable de la fin du XVIIème siècle comprend des colonnes torsadées en bois aux pampres sculptés et dorés à la feuille par Jean-Baptiste Dartiguecave (1651-1741). Au centre, le remarquable retable classé monument historique est orné d’ une peinture figurant le martyre de saint Laurent sur un gril à Rome en l’an 258 inspirée du célèbre peintre dessinateur baroque fondateur de la peinture classique française Eustache Lesueur (1617-1655). Les peintures intérieures auraient été décorées par Bernard Dartiguecave, frère du premier.
Parmi les autres dons, des terres cuites émaillées de la Renaissance florentine illustrent la vision paisible de l’Enfant Jésus sur les genoux de la Vierge, celles-ci offertes  par Edmond Rostand à l’occasion de la première communion d’un de ses fils (probablement Jean, en 1906).
De même que l’académicien, la famille Harispe de Cambo fit don en 1868 de deux vitraux d’un ensemble de quatre médaillons : Michel Garicoïts (1797-1863, saint patron des Basques), sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, la Nativité et la descente de la Croix. D’après le maître-verrier Gérard Franzetti en charge de leur restauration, ces quatre pièces furent réalisées par le même artisan, bien que deux seulement portent la signature du maître-verrier Gustave Pierre Dagran. Né à Bordeaux en 1868, ce dernier avait étudié à Bayonne. En 1888, il sera nommé peintre-verrier à la Basilique de Saint-Pierre de Rome. ).
L’ensemble des vitraux de l’église Saint-Laurent, encadrés de pierres de Bidache, reflètent le goût du XIXème siècle. Ils reverront le jour au mois de février après un travail minutieux qui oblige à reassembler ,redessiner et à ressouder les jointures des vitraux après avoir changé certaines pièces de verre.

En résumé, une rénovation sur trois ans (2017-2018-2019) dont le coût total a été estimé au  total à 844 487, 66 HT pour  les travaux financés par
- la mairie de Cambo pour 50,55%,
- la DRAC 36,09% et
- le Conseil Régional 13,36 %.
Soit un montage orchestré par l’ancien maire de Cambo et actuel député Vincent Bru qui, une fois de plus, a réussi à trouver la pluspart des financements de cette restauration de grande qualité avec les meilleurs spécialistes installés pour la plupart dans la région.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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