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Histoire

Quand Claude-Joseph Vernet peignait le port de Bayonne

Claude-Joseph Vernet : Vue de Bayonne, prise de l'allée de Boufflers (détail). © DR

Cliquez sur le visuel pour voir le second ! Les éphémérides du 14 août 1714 rappellent la naissance de Claude-Joseph Vernet qui fut Peintre du roi, membre de l’académie royale de peinture, peintre de marine, et dont le nom était lié à Bayonne. Précisément, la fermeture jusqu’en 2021 du Musée National de la Marine de Paris pour une longue période de restauration avait permis au Musée Basque d’emprunter le célèbre tableau de Joseph Vernet « le port de Bayonne, prise à mi-côte sur le glacis de la citadelle » (1760).

Originaire d’Avignon, Claude Joseph Vernet (1714-1789) formé adolescent par son père décorateur, poursuit sa formation à Rome où il s’établit une dizaine d’années 1734-1743).
A son retour en France, il connut un vif succès. Le peintre fut alors chargé par le roi Louis XV d’exécuter vingt-quatre tableaux des ports de France (1753-1765), des chroniques illustrées de la vie portuaire du royaume.
Répondant à cette commande qui demandait une grande précision topographique, le peintre n’en réalisa finalement que quatorze, dont celle de la vue de la citadelle du port bayonnais.

N’ayant pas la possibilité d’embrasser la totalité du panorama, le peintre proposa deux vues de Bayonne :
- la première, prise à mi-côte sur le glacis de la Citadelle datant de 1760, est actuellement exposée au musée Basque et d’histoire
- la seconde, prise de l'allée des Boufflers, près de la porte de Mousserole fut réalisée un an plus tard, en 1761.

Ces deux tableaux font partie des collections du Musée National de la Marine de Paris.

Rappelons encore que lors de sa venue à Bayonne pour peindre les deux vues de la ville dans le cadre de sa série des « Ports de France », Vernet avait commandé pour la cathédrale, sur la demande de l'évêque Mgr d'Arche, six tableaux à quatre de ses amis : Nicolas-Bernard Lépicier, Jean Bardin, Breuet et Jean-Philippe Caresme dont on continue d’admirer « La naissance de la Vierge ».  Le magnifique tableau de la « Cène », anonyme daté de 1763 qui a été restauré il y a quelques années, fait partie de ces peintures attribuées à l’Ecole française du XVIIIe siècle qui ont embelli l’édifice à partir de1760…

Pour en revenir aux vues du Port de Bayonne, ces deux œuvres - documents historiques d’une grande précision - se distinguent également par leur valeur artistique de grande qualité.
Peintre des marines très à la mode, son œuvre abondante s’inspira principalement de la mer aux effets du soleil couchant qu’il emprunta à Poussin et Lorrain.
Une atmosphère mystérieuse qui rappelle que dans « Vingt mille lieues sous les mers », le Nautilus de Jules Verne fut décoré en partie avec les marines de Vernet.
Diderot, qui s’était mis en scène dans certains de ses paysages (en dehors de la commande royale), avait intitulé poétiquement son récit « la promenade Vernet ».

Anne de MLC

NDLR : Le XVIIIe siècle fut marqué par la croissance urbaine (le royaume gagna près de 8 millions dhabitants entre 1715 et 1789) et le développement des échanges maritimes. Si Bordeaux connu un essor remarquable grâce aux échanges transatlantiques, notamment avec les « Isles à sucre » (les Antilles), Bayonne n’était pas de reste : au XVIIème siècle, la ville  de Bayonne était reconnue comme « un port fameux et de grand trafic ». Elle concentrait ses  activités sur les rives de l'Adour, de part et d'autre du pont Saint-Esprit. En aval, rive droite, Colbert avait créé en 1666 l'Arsenal du Roi qui fournit les bateaux, notamment lors des guerres maritimes. La guerre de course, menée par les Corsaires du Roi, relançait régulièrement  la construction navale sous l'Ancien Régime. En 1726, Léon Rol est le premier  président de la toute  nouvelle Chambre  de  Commerce établie à Bayonne pour défendre le  commerce et mener une réflexion sur la politique économique. Afin de redynamiser l'activité  portuaire qui a tendance à stagner, une franchise est accordée en 1784 : les marchandises étrangères sont exemptées de toute espèce de police, de formalités et de droits. Cest dans ce contexte quAbel François Poisson de Vandières, marquis de Marigny, surintendant des Bâtiments, Arts, Jardins et Manufactures sous Louis XV, commande en 1753 au peintre Joseph Vernet la série des « ports de France »...
ALC

 

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