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la lettre du Pays-Basque

Exposition

Polina Jourdain-Kobycheva : autour de l’usure du corps

Le danseur-chorégraphe Jacques Alberca. © Polina Jourdain-Kobycheva

A partir du 4 septembre - A la saison de velours, à l’image des feuilles qui commencent à s’envoler annonçant l’automne, l’exposition « En Corps » autour de l’usure du corps » noir et blanc a été mise  en scène par la photographe Polina Jourdain-Kobychevaavec l’aide du danseur-chorégraphe Jacques Alberca. Quel est le devenir du corps d'un danseur ?

Installée à la médiathèque en  parallèle du festival « le Temps d’Aimer »,  elle rappelle que Jacques Alberca, âgé de 75 ans, qui dansa entre autres pour la Cie PH7, avait chorégraphié des ballets pour Cie « Electric Zinc » et que Polina Journain-Kobycheva avait collaboré il y a deux ans sur le thème de la danse avec le Malandain Biarritz : « Après avoir reçu une éducation classique, j’apprécie de m’ouvrir sur des horizons plus contemporains ». Attirée depuis l’enfance par le monde de la danse, l’artiste saisit au vol la gestuelle des corps aux nuances de gris et noirs veloutés. Travaillant régulièrement avec les danseurs du ballet Malandain, elle capte l’expression des bras, des mains, des jambes... Epousant les courbes élégantes des danseurs, l’artiste saisit au vol, lors des répétitions, le charme indicible de leurs gestes, parfois imparfaits.
En 2016, deux albums de photographie, l’un concernant la danse « Danse l’Absolu Délicat », l’autre sur le nu « Peinture de Lumière sur Fond Noir » concrétisent son œuvre.

Prémisses artistiques à Saint-Petersbourg

Née en 1972 à Saint-Pétersbourg, Polina Jourdain-Kobycheva a vécu l’époque charnière de la Russie. Sa fibre artistique, elle la tient de son père ingénieur qui lui communiqua sa passion pour la photographie. Après avoir obtenu un diplôme de sociologie et culture à  l’Université de la Culture et des Arts en 1977, Polina Jourdain Kobycheva poursuivit son cursus à l'école de cinéma « Cadre Studio en film » puis à « l’École Baltique de la Photographie » à la Maison des journalistes de Saint-Pétersbourg. Spécialisée dans l’étude du portrait et de la mise en scène, elle a travaillé avec de nombreux théâtres de Saint-Pétersbourg (Mariinsky Ballet, Mikhaïlovski Ballet, Boris Eifman Ballet, etc.) et à de nombreuses publications russes et étrangères.

Depuis quatre ans en France, la photographe travaille à l’argentique en noir et blanc, ainsi qu’avec le numérique dans son atelier de Bayonne. A l’occasion de l’exposition « En Corps », Polina Jourdain Kobycheva et le danseur Jacques Alberca offrent une nouvelle lecture plus humaine et évoluée du corps, à l’image des clichés pris de l’actrice Isabella Rossellini,  ambassadrice de la maison Lancôme à 66 ans.

Médiathèque de Biarritz, du 4 septembre au 27 septembre - exposition « En Corps » de la photographe Polina Jourdain-Kobycheva. Horaires du mardi au samedi de 10h à 18h (en continu) sauf le jeudi, de 14h à 18h (entrée libre).
Vernissage samedi 8 septembre à 11h à la médiathèque en présence de Polina Jourdain-Kobycheva, de Jacques Alberca et de Luce Buchneit.

Samedi 15 septembre à 11h à l’auditorium de la médiathèque - projection de Pas s’age (20’), spectacle créé en 2016 par la compagnie In Corpus, dialogue intergénérationnel chorégraphié par Anaïs Rouch, dansé par Jacques Alberca et Anaïs Rouch, suivie d’un débat en présence de Jacques Alberca et de la photographe Polina Jourdain-Kobychova. (Entrée libre).

En parallèle, voici le poème « Métamorphose » de  Luce Buchheit.

Métamorphose
 
 "Jeune danseur, 
Je volais avec grâce 
Vers des cimes lumineuses 
Fildefériste ailé. 
Et j’étais tour à tour, 
Amant, cygne ou guerrier, 
Ciel bleu, orages, vents et marées. 
Arrive  l’âge mûr, 
Les exploits du corps triomphant 
Deviennent  germes 
D’un travail souterrain 
D’ensemencement. 
Transformation. 
Transmutation. 
Le corps a pris des rides, 
L’imaginaire s’enrichit de variations agiles. 
Après l’apprentissage en plaisir et douleur
De ce langage universel, 
La Danse, 
Mes gestes un peu plus lents, 
Un peu moins amples, 
Creusés par l’usure du corps, 
Vont droit à l’essentiel. 
Et,  Puisqu’il y a, moins que jamais de temps à  perdre, 
Ils synthétisent et symbolisent Les axes essentiels de la vie. 
Ils questionnent le spectateur, 
Et lui offrent des réponses 
Sur la beauté fondamentale 
Et la communication entre vivants.  
Comme dans les philosophies orientales, 
L’âge me confère, à moi, ‘’vieux’’ danseur, 
La plénitude du sage, 
Du guide, 
Sur une ligne de métamorphose."

Luce Buchheit

 

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