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la lettre du Pays-Basque

Tradition

Orage et Voix célestes

Didon et Enée surpris par l'orage, tapisserie de Corneille Michel (l'Ancien), 1650-1660 © DR

1 - L’orage fut un phénomène céleste qui pétrifiait les anciens.

Car les voix du ciel en colère traduisaient des sentiments difficiles à comprendre et faciles à interpréter. Les dieux étaient en colère, et les menaces venues de l’univers pouvaient consumer toutes les résistances humaines.

Alors toute forme rituelle d’apaisement et de repos de la colère divine trouvait grâce chez les prêtres des anciens cultes à l’heure des accès de manifestations orageuses.

Témoin de ces traditions anciennes, la Bible ne manque de référer la conduite humaine à ces menaces de la colère de Dieu qui faisait l’objet d’offrandes et de sacrifices pour éloigner de la terre la punition inscrite dans ces gerbes de feu et les incendies qu’elles produisaient.

Il n’est que d’observer de quelque sommet de la terre le grondement du tonnerre et les rayons zébrés de lumière pour mesurer l’impuissance de chacun devant la force invincible de ces phénomènes naturels et leurs conséquences directes sur la nature.

Les anciens considéraient cette colère divine par temps d’orage comme « des punitions pour les pratiques idolâtres des fidèles qui se jouaient des conduites illégitimes en ces terres païennes de Samarie citées dans le texte », pays de tous les excès, des cultes portés aux animaux et aux hommes déifiés et objets de rites les plus étranges.

« Malheur, Samarie insolente, couronne des buveurs d’Ephraïm, voici un homme fort et vigoureux comme un orage de grêle, une tempête de grêle, une tempête dévastatrice, un orage d’eaux puissantes torrentielles, de sa main il va tout mettre à terre » (Isaie 28,1-2).

Tout soldat guerrier de son état sera comparé à l’orage personnifié dans le Roi des Assyriens qui, en s’emparant de la Samarie infidèle, accomplira le châtiment que Dieu réserve aux cités dévoyées de son autorité suprême.

Aujourd’hui, on ne se livrerait plus à une telle interprétation de l’autorité divine capable d’agir ainsi par punition, mais devant certains cataclysmes modernes, les tsunamis de la météorologie récente, on peut s’interroger et vouloir comprendre le sens de telles violences contenues et portées sur des régions de la terre affligées de ces destructions. Chacun livrant son interprétation et son commentaire, le phénomène observé dans les typhons, les tremblements de terre et les volcans, comme une forme des plus imprévisibles des forces cachées de l’univers, la question demeure en quête de réponse.

2 - La Parole du Tonnerre du ciel.

Les anciens, dans la simplicité de leur commentaire, comparaient la Parole du ciel contenue dans le tonnerre à celle de Dieu. Moïse recevra les Paroles de l’Alliance dans ce bouillonnement de voix célestes : « La voix du cor s’amplifia, Moïse parlait et Dieu lui répondait par la voix du tonnerre » (Ex 19,19).

Les  psaumes utilisent la force de cette Voix céleste dans leur contenu. Psaume 28, verset 3 : « le Dieu de la gloire déchaine le tonnerre découvrant la création et la libération d’Egypte et la traversée de la Mer Rouge » qui sont rapportés ainsi : « Au roulement de ta voix qui tonnait tes éclairs illuminèrent le monde, la terre s’agita et frémit. Par la mer passait ton chemin » (Ps 76, 19-20).

3 – En Dieu l’Eternel, le refuge contre la violence des forces invisibles.

Parler d’orage et de grêle au cœur de l’été est une punition céleste que l’homme des cultures n’accepte jamais mais subit. Les anciens le savaient et voulaient par des marches, pèlerinages et dévotions de l’été contenir cette brutalité des forces invisibles du ciel et de la terre, particulièrement violents au cœur de l’été. Ils savaient que toute destruction serait néfaste et meurtrière pour eux et leurs troupeaux. Avec un soin appliqué, on relève dans les rituels en usage en ces rudes saisons du calendrier, l’incantation des humains aux pouvoirs invincibles pour contempler au-dessus de tout, comme un dais, « la gloire du Seigneur, elle sera contre la chaleur du jour, l’ombre d’une hutte, un refuge, un abri contre l’orage et la pluie » (Isaie 4,5-6).

Telle demeure, en toutes circonstances et dans les pires tourments de leur histoire, cette confiance inaltérable des anciens sémites qui imploraient la présence divine pour partager les bienfaits de toutes les saisons, accordés à Israël par ce Mémorial qui traverse le temps, de l’Alliance qui n’a que peu épargné le peuple juif de force souffrances et destructions tout au long de l’Histoire sainte.

Sous ce dais nuptial, l’humanité vit ses pires moments d’horreur ou de paix, refuge habitué des contraintes et des retournements d’hommes souvent exposés aux aléas des saisons et aux conditions de vie sur une terre soumises à ces variations.

 

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