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la lettre du Pays-Basque

Patrimoine

Notre-Dame de Paris – Notre-Dame de France

N.-D. de Paris : le Chef d’Etat russe Medvedev et son épouse vénèrent la Sainte Couronne d’épines © église catholique

Evoquer les cathédrales de Reims et de Saint-Denis revient à rappeler l’histoire de la Royauté Française.

1 - Plus proche dans les siècles, Notre Dame de Paris personnifie une histoire nationale plus contemporaine : de Napoléon Ier sacré en ce lieu par le pape Pie VII le 2 décembre 1804 jusqu’aux évènements tragiques récents célébrés en cette cathédrale, le pays y vibre et communie aux moments pathétiques de la Nation.

On évoque le célèbre bourdon du nom d’Emmanuel-Dieu avec nous, au ton grave, dense et profond désigné par ce vocable par le roi Louis XIV il y a plus de trois siècles.

Les cérémonies officielles s’accompagnent aux Invalides du son des cloches majestueuses de « Notre Dame de France ». Aux moments les plus graves, les Parisiens les plus proches du lieu ressentent le jour venu la « profondeur » nationale.

Le pays a vu lors des attentats parisiens, des assassinats de policiers et de gens de la sécurité, de la violence terroriste à Nice, de l’assassinat du père Hamel, la fonction maternelle occupée par Notre-Dame de Paris pour choyer et compatir aux victimes innocentes des agissements barbares de l’époque moderne.

De Notre-Dame à l’Hôtel-Dieu, un pas à peine sépare la promiscuité de ces lieux de partage de la Nation et au cours des derniers siècles, le pays n’a cessé de rendre en cette cathédrale les hommages publics à ses enfants, renouant de la sorte avec le caractère sacré de l’Etat dans les moments difficiles de son histoire

2 - Depuis Napoléon, peu ou prou, ce lien ne s’est jamais rompu, bien que n’émergeant que par intermittence au gré des humeurs des gouvernants de la Nation. Du temps de l’Empire et de la Restauration avec le baptême du Duc de Bordeaux en 1821, lors des funérailles majestueuses du Duc d’Orléans en 1842, puis du mariage de Napoléon III et d’Eugénie de Montijo en 1853, Notre-Dame de Paris s’était parée à l’unison des temps mémorables de l’Histoire de France.

De 1845 à 1865, Viollet-le-Duc restaura l’édifice pour réparer les blessures infligées à la cathédrale par les révolutionnaires. Les détails ajoutés dans l’espace proprement religieux ont une forte symbolique : le lutrin à tête d’aigle - impressionnant par ses dimensions et toujours visible aujourd’hui - célèbre la gloire de l’Empire.

Bénéficiant des travaux d’Haussmann, l’espace alentour redessiné donne à l’édifice une dimension majestueuse de surface et d’environnement qui est admirée par les visiteurs.

3 - Les écrivains et les artistes s’attachent sans cesse à célébrer l’édifice.

Victor Hugo, Verlaine, Nerval, Flaubert, Huysmans, Péguy évoquent la Cathédrale Notre Dame qui leur inspire un message différent : Claudel n’en dissimulait pas l’influence lors de sa conversion brutale de Noël 1886. Mais le paradoxe atteignit un paroxysme lors des cérémonies officielles célébrées dans la cathédrale sous les différentes républiques, malgré les échanges politiques autour de la laïcité, lorsque Notre-Dame de Paris accueillit les funérailles nationales des présidents Sadi Carnot en 1894 et Félix Faure en 1899. Et Notre-Dame de Paris de recrvoir et célébrer les fils de la Nation qui avaient mérité sa reconnaissance.

Plus proche du siècle passé, souvenons-nous encore du Te Deum de la Victoire en novembre 1918. Et le 26 août 1944, De Gaulle y vint entendre le Magnificat au milieu des tirs de mitraillettes qualifiés de « tartarinades » par le chef de la France Libre, agacé de voir l’instant grave de la Victoire chahuté par quelques récalcitrants encore actifs dans les alentours de la cathédrale. « Le Roi » en tira bénéfice, et la République se conforma aux usages du lieu sacré, rectifiant la visite précédente du Maréchal Pétain à Notre-Dame en d’autres circonstances !

Philippe Henriot, le chef de la Milice, y avait été enterré et les Parisiens rappellent encore le rôle du cardinal Jean Marie Lustiger pour faire de Notre-Dame de Paris l’église de la Libération, chaque année, le dernier week-end d’août.

Les événements tragiques du monde y trouvent un havre de prière : du tsunami japonais de 2011 et des attentats récents du 11 septembre, des crashs d’avion, aux messes de funérailles de De Gaulle, Pompidou et François Mitterrand, les Chefs d’Etat y recevant des hommages semblables à ceux rendus aux souverains d’antan, en absence de corps, mais avec les attributs officiels des gouvernants de la République Française.

Et pour les fidèles chrétiens, c'est à Notre-Dame de Paris que sont conservées et présentées à la vénération des fidèles les insignes reliques de la Passion du Christ : la Sainte Couronne d’épines, un morceau de la Croix, un Clou de la Passion. Sa Sainteté le Patriarche Alexis II de Moscou et de toutes les Russies s’y était rendu afin de vénérer ces insignes reliques en 2007 (il avait offert icône de la Mère de Dieu), suivi trois ans plus tard par Dimitri Medvedev, alors Chef d'Etat de la Fédération de Russie, venu en compagnie de son épouse sous l’œil incrédule des photographes de presse et des caméras non sans avoir offert à cette occasion une icône du Christ de la Passion !

Toutes les routes nationales françaises démarrent de Notre-Dame de Paris et le flux des treize millions de visiteurs chaque année ne diminue guère, car Notre-Dame de Paris demeure « Notre-Dame de France » pour les nationaux et tous ceux qui la distinguent des autres cathédrales du pays.

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