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Musée Bonnat : entre prêts de tableaux et déboires « aquatiques »

Palissade du musée Bonnat © Manex Barace

Décidément, le Musée Bonnat-Helleu n’en finit pas d’alimenter l’actualité, et même « de prendre l’eau » comme le titrait mercredi « Le Canard Enchaîné » à propos de « la mise en demeure adressée à la municipalité bayonnaise par l’Association des Amis de Paul César Helleu », le peintre de la grâce féminine dont la fille, Paulette Howard-Johnston, avait décidé de léguer à Bayonne une collection des œuvres paternelles ainsi que de l’immobilier en Suisse. Une mise en demeure car la collection Helleu n’est toujours pas exposée à cause de la fermeture du musée bayonnais depuis huit ans pour cause de travaux. Or, si les travaux ont bien débuté – du moins des « dégagements » dans l’école voisine qui doit assurer l’extension de la surface du musée -, ils semblent à l’arrêt - ou peu perceptibles - depuis l’inauguration en janvier dernier dans la rue Jacques Laffitte de la « palissade » qui annonçait le début des dits travaux. Et l’association des Amis de Paul César Helleu menacerait même de reporter le legs vers son « second bénéficiaire » (en cas de manquement de la Ville de Bayonne), soit le Secours Catholique ! Affaire à suivre, d’autant plus que la perte du legs ôterait à la Ville une somme conséquente pour la rénovation du musée...

Par ailleurs, nous avions fait état dans notre dernière édition (du 15 mars) de l’acquisition au profit du musée Bonnat-Helleu et sur la demande de son conservateur Benjamin Couilleaux du tableau « La Nativité » du peintre italien du XVIIIème Domenico Corvi (Viterbe 1721-Rome 1803). Acquisition votée lors du Conseil Municipal du 14 février dernier (délibération n°18 sur le rapport de l'adjointe au patrimoine Madame Castel).

Pendant la même session, le conseil municipal avait accordé, au cours des délibérations suivantes, des prêts d’œuvres à d’autres musées : « la qualité et le rayonnement des œuvres qui composent les collections du Musée Bonnat Helleu, musée des beaux-arts de Bayonne, conduisent un certain nombre de musées et d’établissements culturels à solliciter le prêt d’œuvres du musée bayonnais, dans le cadre de l’organisation d’expositions temporaires.

Ainsi, en premier lieu, l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie organise conjointement avec la Wallach Art Gallery, Columbia University de New York, le second volet de l’exposition intitulée « Le Modèle noir, de Géricault à Matisse », qui se tiendra à Paris, au musée d’Orsay, du 25 mars au 21 juillet prochain. À l’occasion de cette manifestation, le musée Bonnat-Helleu prêtera donc le célèbre portrait du général Dumas en chasseur par Louis Gauffier (Poitiers, 1762 - Livourne, 1801) ». Tableau qui devrait être ensuite prêté à cette exposition qui se déménagera à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe du 13 septembre au 29 décembre prochain, et auquel s’ajoutera la « Tête de Jeune métisse » attribuée à Géricault.

Par ailleurs, le musée Bonnat prêtera encore des études de Jacopo Zanguidi dit Bertoia (Parme, 1544 – 1574) à la Fondation Franco Maria Ricci qui organise une exposition intitulée « Bertoia et Mirola », programmée du 5 avril au 30 juillet au Labirinto della Masone de la Fondation Maria Ricci à Fontanellato dans la région de Parme en Italie.

Enfin, le musée devrait prêter « L’Italienne », une toile connue de Bonnat, au Palais Fesch, musée des beaux-arts de la Ville d’Ajaccio qui organise du 28 juin au 30 septembre l’exposition « Mathilde Bonaparte et les arts » dans la continuité des événements consacrés à la relation des membres de la famille Bonaparte avec les arts et en collaboration avec le musée d’Orsay, le musée national de Compiègne et le musée national des châteaux de Versailles et Trianon. En l’occurrence, c’est la personnalité de Mathilde Bonaparte, cousine de Napoléon III, qui est mise à l’honneur cette année, une figure emblématique du mécénat dans la seconde moitié du XIXe siècle. Amoureuse des arts et peintre à ses heures, Mathilde Bonaparte, surnommée « Notre-Dame des Arts », acquit sa renommée à l’occasion des salons qu’elle organisait. La princesse Mathilde avait fait ses premières armes de salonnière à Florence, et ensuite à Paris, où elle tient d’abord salon à l’Elysée, puis dans son hôtel parisien au 24 rue de Courcelles où se fréquentaient l’élite intellectuelle, savante et artistique de l’époque.

Enfin, « La Piscine », musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix, qui organise du 29 juin au 22 septembre l’exposition « Jules Adler 1865-1962 – Peindre sous la Troisième République », labellisée « d’intérêt national » et coproduite par le musée des Beaux-Arts de Dole, se verra prêter par le musée Bonnat le tableau de Jules Adler (fusain et pastel sur papier) intitulé « Jeune garçon assis devant une clôture de prairie ». Etant donné les conditions particulières régissant la collection léguée par Bonnat qui n’envisage guère le prêt d’œuvres, le maire de Bayonne a dû solliciter l’avis du ministre de la culture Franck Riester !

Et en parlant de prêts, n’était-il pas question d’organiser cet été au Musée Basque l’exposition d’une sélection d’œuvres du Musée Bonnat en attendant sa réouverture, que certains situeraient désormais d'ici quatre à cinq ans, au mieux vers 2023/2024 ? Assurément, le franchissement de la rue Jacques Laffitte vers le Musée Basque devrait occasionner moins  de risques et de frais qu’un acheminement de tableaux à Pointe-à-Pitre… Et sans doute, l’autorisation du ministre ne serait pas nécessaire, même s’il resterait à vaincre quelques réticences plus « locales » !

Alexandre de La Cerda

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