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la lettre du Pays-Basque

Tradition

Michel, Gabriel et Raphaël, archanges de la vie des hommes (fêtés le 29 septembre)

« Les trois archanges avec Tobie » de Francesco Botticini © DR

1 – Figures bibliques

Toute représentation de ces trois figures célestes trouble notre imaginaire, notre intelligence et notre cœur. Que sont donc ces personnages ailés selon les artistes, qui hantent notre curiosité ? Des êtres virtuels selon le langage moderne ? Des genres littéraires d’un passé qui ne semble plus être de mise aujourd’hui ? Des réalités spirituelles qui traversent la vie du quotidien des hommes ?

L’église les fête ensemble non comme des saints, puisqu’ils ne furent pas des humains, mais comme des êtres spirituels qui sont représentés dans le texte biblique à diverses époques.

Tobie cite Raphaël dans son Livre au second siècle avant JC. « Il aide et soulage les peines de toute vie ». Dans le Livre de Tobie, il vient secourir deux familles éprouvées. Le nom de Raphaël en en provient, rapporte l’action de l’Eternel, bénissant son Nom, agissant dans les circonstances importunes de toute vie.

Michel et Gabriel sont cités par le prophète Daniel dans les années 167-164 avant JC. La persécution du roi grec Antiochus Epiphane régnant sur la Terre Sainte impose le secours de Dieu pour son peuple opprimé où les morts se comptent par milliers. Qu’en est-il de leur destin ?

2 – Archanges, figures de la résurrection des morts.

Pour la première fois dans le récit biblique, on mentionne la perspective de la résurrection de ces morts innocents (Dn, 12,1-3). Michel sera cité dans la nouvelle alliance, dans le Livre de Jude 9 et dans le Livre de l’Apocalypse (12,7). Gabriel, l’archange messager de la nouvelle, est rapporté dans le récit des deux annonces à Zacharie et à Marie (Luc 1).

Archanges du pourvoi de réconfort, de paix et de sérénité, en Michel « qui est comme Dieu », en Gabriel « Dieu est fort », en Raphaël car « Dieu a guéri ».

Peintres, artistes et cinéastes ont figuré ces êtres spirituels dans leurs œuvres :

- Francesco Botticini (1446-1498), peintre florentin qui étudia dans l’atelier du maitre Andrea del Verrochio et subit l’influence de Botticelli, a illustré avec un raffinement sublime ces êtres spirituels dans « Les trois archanges avec Tobie » en 1470. On ne cesse de contempler le ciel par ces visages d’une humanité inspirée de divinité.

Dans l’église San Spirito de Florence, l’artiste a illustré le voyage de Tobie et son combat contre la cécité de son père en exil à Ninive. Si dans le texte de Tobie on ne rapporte que la présence de l’archange Raphaël, les deux archanges Michel et Gabriel accompagnent leur compagnon de bonne fortune céleste.

Le sujet a inspiré d’autres peintres :

- Philippino Lippi, autre sublime artiste florentin, reprend à son compte le même thème - autour des trois archanges - dans un tableau semblable. Michel y porte l’épée et le globe terrestre, surmonté d’une croix. Gabriel tient le lis blanc qu’il offrit à la Vierge pour le jour de l’Annonciation. Raphaël - le Dieu qui guérit - est illustré avec un chien à ses pieds. Entraînant Tobie une coupelle à la main, portant le poisson qui guérira son père et sa future femme.

Les symboles bibliques sont numériques dans ce tableau de perfection esthétique. Couleurs et coloris, d’une exquise composition fixent le regard.

Les peintres ont voulu initier et guider la voie de toute initiation spirituelle vers ces anges gardiens afin que ceux qui les voient puissent croire à l’origine de leur message, goûter ainsi ce rapport à l’invisible en trouvant du sens à leur vie, et les fraîches lumières qui les habitent, illuminer les pires zones d’ombres qui les accablent.

Le livre de Tobie en demeure la source : « Tobie partit à la rencontre de son père et l’ange avec lui, le chien partit aussi avec lui et il les accompagnait. Comme le garçon descendait se laver les pieds dans le Tigre, un grand poisson bondit hors de l’eau et voulut avaler son pied. Le garçon cria mais l’ange lui dit : attrape le poisson, et maîtrise-le. Le garçon saisit le poisson et le hissa sur la berge ». (Tobie 6,1-3).

Selon la croyance de l’époque, le fiel, le cœur et le foie du poisson guérissaient les aveugles et faisaient fuir les esprits mauvais.

- Augustin d’Hippone, fin connaisseur du récit biblique depuis sa conversion et selon toute probabilité bien avant, rappelle que « ce poisson qui remonte le fleuve et se livre à Tobie, c’est le Christ qui, dans sa passion amère, a mis en fuite Satan et guérit le monde aveugle »...

Au Moyen-Âge, le chien est le personnage fidèle de toute vie, suivant les qualités chrétiennes de la constance dans le temps et dans les aléas des infidélités de l’exil. Les artistes inspirés des images de leur temps les ont représentés illustrant les récits bibliques de « ces trois archanges agissant dans le soutien porté aux fidèles dans la foi, qui connaissent le risque du découragement et de toute lassitude du long cours de la vie » !

 

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