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la lettre du Pays-Basque

Patrimoine

Manex Barace : Tour du monde 2019 (8ème partie)

Paysage urbain de Californie © Manex Barace

Toujours assoiffé de revoir certains endroits du globe qui lui avaient beaucoup plus dans le passé, et en découvrir d’autres qu’il regrettait de n’avoir pas découverts, un nouveau projet s’est concrétisé au printemps 2019, « avant que le passeport de notre infatigable journaliste / globe-trotter (et chanteur du groupe Oldarra) ne soit périmé »… Après un séjour au Sri-Lanka, au Japon, en Malaisie et en Nouvelle-Zélande, nous continuons la découverte de la Californie :

Jeudi 25 avril 2019 :

Grands écarts de température sur la route durant cette journée de voyage : 75° Fahrenheit lors du départ de Las Vegas, 100° Fahrenheit (39° Celsius) au niveau de la célèbre et redoutée Death Valley (Vallée de la Mort). 80° Fahrenheit du côté de Bakersfield (où j’avais rencontré une importante colonie basque il y a quelques années), 68° Fahrenheit à l’arrivée, la nuit quasiment tombée il est vrai. De très beaux paysages, très diversifiés sur l’autoroute. Désert déjà quelques kilomètres après avoir quitté Las Vegas, désert encore plus intense et immense dans la Vallée de la Mort, puis au fur et à mesure que passent le temps et les miles parcourus, un peu de végétation, timide, puis des espaces non cultivés mais verdâtres, plantés de quelques arbres. Enfin la Californie telle qu’on peut l’imaginer, avec de vastes étendues où sont plantés arbres fruitiers, vignes, agrumes, dans la région de Bakersfield. Visibles depuis la route, des pompes signalant des points d’extraction de pétrole. Au nord de Fresno, vignobles à perte de vue. Malheureusement je n’ai pas eu la possibilité de prendre beaucoup de photos aujourd’hui par précaution en raison du trafic commercial important sur les routes et du manque de points de stationnement sans me retrouver en possible infraction. Motards et véhicules de police bien visibles, drones, hélicoptères, petits avions (de tourisme ou pas ?) veillent au respect du code et à la sécurité des usagers.

Vers 19 heures, de belles images (non photographiées hélas) de collines verdoyantes et de quelques troupeaux de bovins. C’est le Far-West ! Enfin, à 19h58 sur l’horloge de ma Ford, arrivée à l’hôtel (merci les GPS quand même). Bonnes nouvelles, le petit-déjeuner est inclus dans le prix de la chambre et la piscine intérieure et son Jacuzzi sont accessibles jusqu’à 22 heures. Ce sera pour demain au retour de la visite du Parc de Yosemite. Pour l’heure, mes impressions du jour couchées sur le papier, au lit car il n’y a ni réseau téléphonique ni Internet ou Wi-Fi dans le village, pourtant porte d’entrée du plus ancien parc national du pays !

Vendredi 26 avril 2019 :

Toujours réveillé de bonne heure (une habitude, même en vacances !) et avec un bon appétit en arrivant au buffet, situé dans un autre bâtiment. Toujours beau temps (qui m’accompagne depuis pratiquement mon départ de France), température 75° Fahrenheit, qui restera stable durant cette journée consacrée à la visite du parc. Une demi-heure de route et voici l’entrée sud. Droit d’entrée 35 $US par véhicule, quel que soit le nombre de passagers, valable sept jours. Le ranger de service fournit une carte (par véhicule toujours) « in French if possible, please ? ».  Il peut ! Par où commencer ? Le parc national est immense et il faudrait plusieurs jours pour en profiter pleinement, ce que semblent faire les touristes présents en nombre en camping-car.

La carte a le mérite d’exister, comme les explications, mais semble destinée plutôt aux randonneurs qu’aux automobilistes. N’y figure pas le fameux « You are here » et son point rouge pour se situer. J’aurais dû regarder avant. Au petit bonheur donc, espérant trouver quelques informations touristiques dans un des Visitor Centers annoncés sur la carte. En fait ce sont tout simplement des boutiques de souvenirs et je ne verrai pas indiquée l’ombre de quelque point de renseignements. La seule fois où je m’arrête à un carrefour pour demander à un ranger où je me trouve, je suis sèchement « prié » de circuler (il est vrai qu’il était occupé à sécuriser un passage pour piétons, nombreux tout comme les voitures). En suivant la route de montagne 41, qui devient parfois 120, voire 140 (selon la direction des localités où elles mènent, au sortir du parc), tous les chemins menant à Rome, donc ici à Yosemite Village (que j’ai localisé sur la carte) me voici arrivé à un des plus beaux points de vue (à condition d’être motorisé ou d’être à bord d’un bus de tourisme).

Coup d’œil sur la carte. Je ne sais pas par où je suis arrivé, mais il semble que je suive la route de Wawona Road (immense terrain de camping situé en bordure de la rivière Merced). Je découvre que je suis à un embranchement qui permet de se rendre à Glacier Point mais, déception, l’accès est fermé en raison de la neige encore présente en quantité sur les pistes et les sommets. Mais au moins, je me situe. La route monte en zigzagant, redescend de même et voici qu’un panneau indique « Tunnel View ». Le premier lieu que je localise parfaitement sur la carte ! Je ne suis pas seul à chercher une place pour stationner, et pour cause : après la sortie du tunnel, majestueux, se dresse sur la gauche El Capitán, immense bloc de granit tout pelé. Lui fait face sur la droite le dénommé Half Dome et une trilogie de sommets dentelés surnommée la Cathédrale. Au milieu, dans une vallée de type glaciaire coule la rivière Merced, alimentée par les cascades mugissantes des Bridalveil Falls d’où chutent des flots d’eau et de vapeur, alimentées par la fonte des neiges. Un choc de beauté et de calme malgré la présence de centaines de visiteurs tout au long de la route, lesquels comme moi s’arrêtent de temps à autre pour photographier. Les parkings sont archipleins, les voitures tournent en rond à la recherche d’une place de stationnement ou attendent en double file qu’une place se libère pour jouir du paysage davantage de temps.

Guère d’intérêt en ce qui concerne le village proprement-dit, une concentration de magasins et boutiques, hôtels, restauration rapide, bureau de poste, et un parking central gratuit mais complet. Une information à un arrêt d’une des deux navettes gratuites. Sur cette ligne se trouve l’hôtel de luxe légendaire « The Majestic Yosemite » (ouvert en 1927, autrefois dénommé The Ahwahnee, du nom d’une tribu indienne) où un Président des USA (je n’ai pas retenu son nom) a reçu la Reine Elisabeth d’Angleterre. Très chic mais plus beau sur les photos anciennes qu’actuellement (à mon avis).

Déjà 15 heures. Le trajet entre le centre du village et l’entrée sud du parc (la sortie pour moi maintenant) est long en miles à parcourir (une bonne cinquantaine) et en temps de conduite. De plus la route est sinueuse et fréquentée. Si je veux voir les majestueux séquoias à Mariposa Grove (près de la sortie), il me faut vite, à regret, rebrousser chemin. Pour accéder à cette forêt de séquoias, il est obligatoire d’utiliser une navette gratuite, ce dont je ne me plaindrai pas.

Parmi les arbres gigantesques, dépassent les cimes d’autres plus hauts encore. Nature presque intacte bien que très fréquentée. Retour au parc de stationnement par la dernière navette, à 17 heures. Pour un peu j’aurais manqué ce lieu admirable. Trop courte visite de ce parc créé par décret par le Président Abraham Lincoln.

De retour au Best Western Plus d’Oakhurst, piscine et Jacuzzi (eau bouillonnante à 100° Fahrenheit – 40 ° Celsius est-il indiqué). Il fait encore jour mais il n’y a rien de spécial à voir ou faire dans les environs de l’hôtel, situé presque en sortie du village. Tentative de connexion Internet infructueuse, tout comme pour les appels téléphoniques. La faute à l’environnement montagneux, explique la réceptionniste.

Samedi 27 avril 2019 :

Le beau temps est toujours au rendez-vous à l’heure de quitter Oakhurst pour effectuer le dernier tronçon de mon voyage californien, à savoir destination San Francisco. Petit-déjeuner bien avalé, valise chargée dans le coffre de la Ford de location, passablement salie par les miles parcourus depuis Los Angeles. Toujours pas de couverture téléphonique ou Internet : impossible de régler les GPS avant le départ. La réceptionniste m’a imprimé le trajet préconisé par Google Maps, la carte seulement, pas les indications pour changer de route. Du côté de Merced je devrais pouvoir retrouver une connexion et programmer les aides à la conduite. Malheureusement pour moi, au lieu de me diriger vers Mariposa et Merced, en direction de l’ouest, étant donné la rareté des indications aux croisements de routes (au lieu d’indiquer « Merced, … miles » comme en Europe, les panneaux signalent des noms de routes, « Road 4 » en l’occurrence). Au bout d’un certain temps je me rends compte que je me dirige plein sud au lieu de sud- sud-ouest (d’après la carte peu précise qui m’a été imprimée) vers Fresno et Bakersfield. Une bonne heure de perdue et des miles parcourus en trop. Une fois les GPS programmés, cela ira mieux.

Les paysages traversés alternent verdure et zones presque arides. Dans le lointain, vers l’ouest, le ciel n’est pas aussi lumineux que derrière moi. L’influence océanique qui s’annonce ?

Aux larges prairies où paissent tranquillement des troupeaux de bovins (j’ai aperçu, mais pas pu photographier, deux véritables cow-boys !) succèderont bientôt de vastes étendues dédiées à l’agriculture et à l’arboriculture. Facile de reconnaître les vignobles, plus difficile par-contre (pour moi) de deviner quels fruits seront récoltés sur ces immenses plantations. Un semblant de réponse à la lecture d’un panneau à l’entrée d’une exploitation : des pistaches ici.

CA 41 (par erreur), puis CA 140, CA 99, CA 120, autoroutes 5 puis 4 et leurs variantes dans le nom suivant les endroits, conduisent enfin vers San Francisco.

Premier et seul péage durant mon périple, pour la traversée du pont surplombant Bridge Bay (6 $US). Le temps est gris, le brouillard semble avoir envahi la baie, la température a baissé et de 75° passe à 65° Fahrenheit. C’est une caractéristique de San Francisco, ville au climat plutôt froid, le brouillard y est présent un jour sur deux parait-il. Lors d’un précédent voyage j’avais connu le soleil durant tout mon séjour à SFO. Ce ne sera pas le cas, tout au moins en cet après-midi. Je n’ai pas trouvé de station-service pour rendre le véhicule avec le plein. Tant pis, je paierai le prix fort lors de la restitution du véhicule chez Alamo (un plein complet !)

Il est 14h30. Je dois me présenter au bureau de location avant 17h30 selon le contrat. Une priorité, déposer valise et sacs à l’hôtel Park Central, le garage d’Alamo se trouve à moins d’un mile de ce dernier selon mon GPS. Encore faut-il y arriver avec toutes ces rues à sens unique. Le voiturier de l’hôtel consent à surveiller mon véhicule sans que j’aie à payer sa prise en charge, pendant que je me rends à la réception (mais sans pouvoir prendre possession de ma chambre).

Dépôt Alamo. Rapide tour autour de la voiture : sale mais pas d’éraflures. Vérification du compteur kilométrique : 1136 miles au départ, 2776 à l’arrivée, soit 1640 miles parcourus (mais le kilométrage est illimité) et surtout du niveau du carburant à la restitution. Je le savais, je vais payer le prix d’un plein complet alors que le niveau indique que le réservoir est rempli à moitié…

Surprise au comptoir. Sur le relevé qui m’est donné (écrit en Français !) ma carte bancaire a déjà été débitée de 412,16 $US (380,21€), somme correspondant à un supplément pour changement de catégorie de véhicule ainsi que taxes et impôts divers, que je n’avais pas demandé – et surtout pas compris – lors de la signature du contrat de location (en Anglais, et pas possible de l’avoir rédigé en Espagnol ou Français) à l’aéroport de Los Angeles. Il parait que je peux m’adresser au service clientèle de la société Alamo en appelant un numéro spécial (et surtaxé), sans garantie d’obtenir un interlocuteur francophone le week-end, et surtout d’obtenir quelque chose puisque j’ai signé (tout ceci lu sur le téléphone de l’agent qui écrit le texte en anglais et le fait traduire par Google). Automatiquement et instantanément ma carte bancaire sera à nouveau débitée pour le plein d’essence et divers impôts et taxes (contrevaleur 155,35€) …

De retour à l’hôtel je peux enfin prendre possession de ma chambre avant de découvrir le quartier et commencer à me repérer. Je n’ai pas voulu prévenir mon ami Jean-Paul Barthe, installé à San Francisco depuis 1978, de mon court passage et avais acheté avant le départ sur Internet un billet pour parcourir la ville à bord d’un bus touristique de la compagnie Big Bus, étant donné que je ne dispose que de la journée de demain avant de prendre un vol de nuit pour New-York

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