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Lourdes les 17 et 18 février : l’anniversaire de Bernadette Soubirous

Il y a une décennie, Lourdes, pèlerinage des élus : O. de Coral, maire d’Urrugne, J. d’Elbée (Ahetze), J.-P. Raffarin © DR

Après avoir commémoré le 160e anniversaire des Apparitions, le Sanctuaire et la Ville de Lourdes célèbrent cette année le 175e anniversaire de la naissance de Bernadette Soubirous et le 140e anniversaire de la disparition de la jeune voyante. Avec le renouvellement du spectacle lumineux projeté sur le château (chaque soir en saison) et du cycle de conférences, des lectures des principaux auteurs ayant écrit sur elle devraient être programmées et le Festival de Musique Sacrée (du 13 au 22 avril), lui être consacré. On y ajoutera la création sur ce thème d’une comédie musicale qui relatera l’aventure extraordinaire de Bernadette Soubirous dont la fête, lundi 18 février prochain, sera présidée par le cardinal Robert Sarah. Le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements (depuis 2014) donnera également la veille une conférence au Palais des Congrès de Lourdes : le 17 février, à partir de 17h30, sur le thème « Trop de bruit ? L’urgence du silence pour notre temps ». Il a publié aux éditions Fayard « La force du silence contre la dictature du bruit », un livre d’entretien avec Nicolas Dia, où il entreprend de redonner au silence ses lettres de noblesse. Pour le cardinal Robert Sarah, à force de repousser le divin, l’homme moderne se retrouve dans un grand silence, une épreuve angoissante et oppressante. Le cardinal veut rappeler que la vie est une relation silencieuse entre le plus intime de l’homme et Dieu. Le silence est indispensable pour l’écoute de la musique de Dieu : la prière naît du silence et y revient sans cesse plus profondément. Le cardinal s’interroge : les hommes qui ne connaissent pas le silence peuvent-ils jamais atteindre la vérité, la beauté et l’amour ?

Pour sa part, le pape Benoît XVI était venu à Lourdes en 2008, cent cinquante ans après le miracle des apparitions. Auparavant, son prédécesseur Jean-Paul II avait mis deux fois ses pas dans ceux de Bernadette Soubirous, en 1983 et en 2004. Quant au pape François (élu en mars 2013), les années ont passé, il s'est rendu à Strasbourg pour visiter les institutions européennes, mais toujours pas de visite papale à Lourdes...

Au temps du thermalisme et du « pyrénéisme »

C’est le 11 février 1858 qu’eut lieu la première apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous. Il y a 161 ans ces apparitions avaient projeté sur le devant de la scène une ville dont on ne parlait pas beaucoup ?La ville était surtout connue pour son château-fort, longtemps disputé au moyen-âge entre les rois de Navarre, les Anglais et Gaston Febus qui avait également des vues sur la Bigorre afin de raccorder ses terres de Béarn et de Foix. Lourdes devient également une étape sur la "route des bains" de Barèges, dont les sources servaient à soigner les soldats blessés et malades.

Mais c’est à l'époque romantique que s'épanouit le thermalisme. Les Pyrénées sont à la mode. Le cirque de Gavarnie et l’ascension des sommets engendrent le "pyrénéisme". Le "tout Paris" vient y "prendre les eaux", surtout à Bagnères-de-Bigorre. On y rencontre Chateaubriand, Victor Hugo, Lamartine, G. Sand. Et la pieuse impératrice Eugénie qui fréquentait assidûment, parfois avec Napoléon III, les villes d’eaux pour améliorer une santé fragile et favoriser la naissance tant attendue de l’héritier du trône. 

Voici comment apparaissait Lourdes, à l’époque des apparitions, à un voyageur irlandais, Denys-Shyne Lawlor, qui avait dabord choisi « le climat doux et la grande tranquillité de Biarritz pendant l’hiver » pour y séjourner. Et de là, il avait parcouru les sanctuaires pyrénéens, en particulier Lourdes : « Les maisons sont groupées sans ordre au bas d’un rocher, sur le sommet duquel semble perchée comme un nid d’aigle une imposante forteresse. Entre les arbres de la plaine serpente le gave, dont la course est rapide et fait tourner les roues de plusieurs moulins construits sur les bords. Le paysage autour de Lourdes est à la fois riant et grandiose ; prairies vertes, champs cultivés, bois épais sont encadrés d’un côté par la forteresse, et de l’autre par les pics neigeux qui se perdent dans les nues »

Le miracle des Apparitions

Le jeudi 11 février 1858, Bernadette Soubirous, fille aînée d'une famille pauvre d'anciens meuniers, va ramasser du bois mort avec sa sœur et une compagne, le long du Gave, près du rocher de Massa Bielle, la Vieille Roche, en béarnais-bigourdan. A ce propos, certains rapprochent le nom même de Soubirous de zubi buru, au bout du pont, comme à Ciboure : peut-être à l’origine, la maison d’un de ses ancêtres se trouvait-elle à côté d’un pont (en Bigorre, et tout le long des Pyrénées jusqu’au Val d’Aran et Andorre, on trouve des noms de lieux d’origine basque) ? Pour en revenir à ce jeudi 11 février 1858, Bernadette Soubirous cheminait donc le long du Gave lorsque la vision d'une « Dame » lui apparut, à elle-seule, au-dessus d'un églantier, dans l'anfractuosité du rocher. La vision se renouvellera 18 fois jusqu'au 16 juillet 1858. Bernadette demandera à la Dame « qui elle était », une question inspirée par le curé de Lourdes, l'abbé Peyramale, à qui elle avait raconté ses premières apparitions.

Et le 25 mars, à sa demande, la visiteuse céleste se nommera en bigourdan : « Que soy era Immaculada Councepciou » (Je suis l'Immaculée Conception), du nom même contenu dans la définition mariale dogmatique proclamée quatre ans plus tôt par le pape Pie IX ! Le jaillissement d'une source s’était joint au miracle de la révélation, toujours le même de Bétharram à Fatima : prière, conversion, pénitence.

Cependant, les conséquences de ces apparitions furent catastrophiques pour la jeune Bernadette : rien ne lui fut épargné, on la prétendit « hallucinée », voire folle, et le zèle des autorités, devant l’afflux immédiat des pèlerins, défendit au public l’accès de la grotte par des barrières. Il s’agissait de prévenir des troubles à « l’ordre » public et, pour les ennemis de la religion, d’empêcher la « superstition » de contrecarrer le bonheur radieux de l’humanité assuré - du moins le croyait-on à l’époque - par le développement continu de la science… on en est bien revenu depuis !

Finalement, c’est l'impératrice Eugénie qui séjournait alors à Biarritz, qui mit fin aux tourments de Bernadette.

D’après l’historien Henri Lasserre, la souveraine y avait envoyé l'épouse de l’amiral Bruat qui était la gouvernante de son fils, le Prince impérial, né deux ans auparavant. Mais la rumeur indiquait qu’Eugénie aurait visité elle-même la grotte « incognito ». Ce qui est plausible puisque le couple impérial marqua une étape à Lourdes le 19 août 1859, sur le chemin d’une cure à Luz Saint-Sauveur. La Providence n’y avait-elle pas incité Napoléon III à construire la voie ferrée vers Lourdes, qui sera achevée en 1866 ?

Les autorités rouvrirent donc la Grotte. Quant à la hiérarchie ecclésiastique, après des tergiversations et une longue enquête, l'évêque de Tarbes décida de faire ériger l'église souhaitée par la Vierge dans ses « entretiens » avec Bernadette. Le grand pèlerinage national de 1872 ouvrit l'époque de Lourdes, ville mariale.

La fête de sainte Bernadette

Lundi 18 février : 10h30 Basilique N.-D. du Rosaire, Messe solennelle, suivie de l’Angélus à la Grotte / 15h30 Chapelet à la Grotte et 16h15 Vêpres solennelles à la basilique N.-D.

Dimanche 17 février à 17h30 au Palais des Congrès,  conférence du cardinal Robert Sarah :  « Trop de bruit ? L’urgence du silence pour notre temps ».

Alexandre de La Cerda

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