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Lever de rideau à Arnaga : la fresque de Jean Veber de retour !

Christian Devèze, Philippe Veber, Béatrice Labat et le « Roi Manu » © DR

Beaucoup de monde s’était donné rendez-vous à la villa Arnaga vendredi 29 et samedi 30 mars dernier pour la  rétrospective consacrée à « Jean Veber, peintre des fées : témoin poétique et satirique de la Belle-Epoque » dont l’œuvre monumentale trône à nouveau dans le boudoir de Rosemonde, après plus de 80 ans d’absence.
L’arrière-petit-fils du peintre, Philippe Veber, venu spécialement de la région parisienne et passionné par l’œuvre de son aïeul qui a prêté la plupart des  œuvres pour l’exposition, le premier adjoint Christian Devèze, depuis lors élu maire de Cambo après le décès de Bernadette Jougleux, le député Vincent Bru ainsi que de nombreux représentants des maisons d’écrivains et associations littéraires comme celle de Pierre de Ronsard, Rimbaud, etc., qui tenaient leur réunion annuelle chez Edmond Rostand, et bien sûr Chrisian Perret, président des Amis d’Arnaga, entouraient la conservatrice de la villa Arnaga, Béatrice Labat.
Un  événement qui sera suivi de l’inauguration le 7 juin de la collection de divers mobiliers tapissés sur le thème des contes de fées d’après les cartons de Jean Veber prêtée par le  Mobilier national.

Originaire de Paris, Jean Veber (1864-1928) avait été engagé comme dessinateur caricaturiste pour la presse. D’un coup de crayon acerbe et parfois prémonitoire, il ridiculisait les personnages politiques de l’époque comme en témoigne la caricature du « Roi Manu » exposée à Arnaga, où l’on pourrait même entrevoir l’actuel premier ministre ! (voyez notre illustration). Il s’insurgeait contre une IIIème République trop autocrate. 

En 1914, âgé de 50 ans et au sommet de sa carrière artistique, il s’engagea dans la première guerre mondiale. Très remarqué pour sa bravoure, nommé Chevalier puis Officier de la Légion d’Honneur, il fut gradé sous-lieutenant et décoré de la Croix de Guerre Bronze et Vermeil avec palme ainsi que de la médaille militaire.

En 1905, sur les conseils de l’architecte de la villa Arnaga Albert Tournaire (1862-1958), Edmond Rostand avait commandé à Jean Veber une fresque de contes de fées (20 mètres sur 1 m de hauteur). « Il faut rappeler que les deux familles se connaissaient à Paris depuis plusieurs générations », faisait remarquer l’arrière-petit-fils de Veber.

Ainsi, s’inspirant des contes de Charles Perrault, l’artiste peignit avec poésie ces histoires magiques écrites avec moralisme afin d’éduquer le spectateur au merveilleux. Parmi les sujets représentés, on reconnaît  la poétesse Rosemonde Gérard en « Peau d’âne » ainsi que la « Belle au Bois dormant », « Cendrillon », « Riquet à la Houppe », « Barbe bleue ». Parmi les autres créations : « Les Noces du Chat Botté »représentés par le chat noir et la chatte blanche imaginés par Jean Veber d’après les contes de Perrault et de la comtesse d’Aulnoy. « Gracieuse et Percinet, l’Oiseau Bleu » furent également reconstitués d’après le conte de la comtesse, quand à « La Cage d’Or », l’histoire fut écrite par l’épouse du peintre.

Cette fresque disparue lors de la vente des meubles du boudoir dans les années 1930, sera finalement retrouvée dans un grenier parisien. Entre 1983 et 1993, l’œuvre réapparut détériorée et fut  mise en vente aux enchères mais le prix demandé était trop excessif.

C’est là qu’intervint le maire (1995-2017) de Cambo, Vincent Bru, qui entreprit de l’acquérir pour Arnaga. Pierre angulaire de ce projet, Vincent Bru essaya à multiples reprises d’acheter la fresque détériorée auprès du cousin de Philippe Veber qui lui en demandait une somme considérable. En 2012, après une négociation difficile de plusieurs années, Vincent Bru réussit à obtenir la fresque  pour un coût de plus de 80 000 € financé par la DRAC et par le Conseil Régional d'Aquitaine. Puis il la fit restaurer par le Centre de restauration et de recherche des Musées de France à Versailles pour un total de 156 000 € avec l’aide de la DRAC pour 1/3, et les participations du Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine et du Conseil Départemental, le reste étant financé par la mairie de Cambo. Aujourd’hui, le prix de la restauration a été presque remboursé (*). Seul regret, pour ce lever de rideau théâtral, pendant les discours d’ouverture, personne n’a cité le rôle incontournable de l’ancien maire de Cambo - aujourd’hui député - Vincent Bru, à l’origine même de ce projet pour lequel il s’est battu et sans qui rien n’aurait été possible.

- Horaires d’Arnaga : jusqu’au 30 juin de 9h30-12h30 et 14h-18h. Du 1er juillet au 31 août de 10h à 19h. Du 1er septembre au 3 novembre de 9h30-12h30 et 14h-18h. Ouverture du domaine à 14h tous les premiers mardis du mois (sauf en août). Visites guidées, visites thématiques, balades théâtralisées : consulter www.arnaga.com.

(*) Envoi de vos dons pour la restauration du décor de Jean Veber à la Fondation du patrimoine : https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/villa-arnaga-musee-edmond-rostand-a-cambo-les-bains

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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