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la lettre du Pays-Basque

Tradition

Les faussaires de la Bible

De faux manuscrits retrouvés dans la collection du musée américain de la Bible © DR

Les amoureux de la Bible n’hésitent pas à franchir l’Atlantique pour visiter le Musée de la Bible ouvert le 17 novembre 2017 par un riche milliardaire américain, pour voir de vrais fragments de manuscrits de la Mer Morte acquis par ce mécène. L’entreprise avait de la profondeur et de l’ambition pour ce chrétien évangélique désireux d’affirmer “la constance et la fiabilité des Livres Sacrés ayant traversé l’histoire de trois millénaires de notre histoire religieuse.” Cependant, le sujet ayant ses adeptes et ses critiques, un chercheur français avait émis des doutes sur l’authenticité de documents jugés fiables mais qui relevaient de fraude et du travail des faussaires.

Les documents découverts en 1946-47 ont une valeur unique et la légende raconte à leur sujet qu’ils furent découverts dans des jarres d’argile enfouis dans les grottes de Qumran par un pâtre à la recherche de la brebis perdue, ce qui dans le réel ressemblait à une supercherie, car les bédouins qui avaient compris la valeur de ces textes, avaient vidé de leurs trésors ces cavités de grottes et s’appliquaient à vendre sur le marché illégal ces trouvailles anciennes dont ils savaient le bénéfice.

Les biblistes assumaient l’importance de ces manuscrits anciens. Mais les documents connus les plus anciens de la Bible Hébraïque ne remontaient qu’au Xème siècle, jusqu’à ces découvertes inédites et d’une richesse incomparable.

Le Livre d’Hénoch parmi ces livres reconnus posait cependant question. Canonisé par l’Eglise orthodoxe d’Ethiopie, le livre ne trouvait pas grâce auprès des chercheurs juifs et chrétiens d’autres églises.

L’histoire se corsa lorsque l’antiquaire Kando de Béthléem fut démasqué par les chercheurs de l’Ecole Biblique et Archéologique de Jérusalem et le dominicain Roland de Vaux, comme le propriétaire en sous-main de ces manuscrits dont il fabriquait des contrefaçons pour alimenter son commerce des faux… Le Livre d’Hénoch avait ainsi des copies revisitées dont on apprenait l’existence et la diffusion faussaire sur le marché des antiquités orientales.

Les doutes et les critiques fuseront : l’encre utilisée était de confection récente, et l’écriture graphique avait des imperfections. Si la matière utilisée pour fabriquer des contrefaçons était ancienne, la peau ou le papyrus employés étaient recouverts de patine et de dépôts sédimentaires masqués par l’encre.

Or, certains de ces documents avaient déjà franchi l’Atlantique et figuraient dans le Musée de la Bible de Washington. Alertée, la communauté scientifique de la bible ne pouvait dès lors laisser faire ces faussaires malveillants et dangereux. Placés en vitrine dans le musée il y a un an à peine, certains fragments falsifiés des manuscrits de Qumram furent retirés de l’exposition, il y a peu, créant un malaise et un sentiment d’effroi devant l’audace et la malfaisance de ces auteurs sans scrupule qui utilisèrent des textes sacrés pour des commerces douteux, menant jusqu’à l’extrême, la mauvaise foi et l’appât du gain de leurs auteurs.

-  Le récit pourrait sembler du virtuel et du roman policier si les faits ne semblaient avérés par des universitaires de renom, spécialistes de la bible.

Huit lignes en copte ancien ont excité les experts car leurs découvertes dépassaient les espérances.

Des paroles inédites de Jésus venaient « conforter la preuve que Jésus avait une femme dans sa vie »... D’où le sens de cet évangile titré « l’Evangile de la femme de Jésus ».

De l’université de Harvard jusqu’en Israël et dans toutes les places tenues par les sommités bibliques, on s’agita... On supputait un document authentique du VIIIème siècle parmi tant d’autres fictions que le Moyen Age aimait entreprendre pour raconter la vie de Jésus en images et par le texte. Les colloques furent  tenus dès 2012 pour apporter la preuve écrite aux commentaires d’une vie maritale de Jésus.

Le professeur de Harvard auteur de ces interprétations manifestera cependant des doutes en 2016 : l’auteur de ce faux n’était autre qu’un savant formé en Egyptologie ancienne dont l’épouse disait entendre la voix des anges qui l’inspirait. Les regards se détourneront de ce récit falsifié d’un ancien document copte déjà publié et qui nourrit l’imagination de leurs auteurs.

- Dans les temps anciens, en Grèce, on fabriquait ainsi des faux de récits historiques. Ce travail malfaisant indispose désormais les biblistes en Israël pour qui toute référence au Livre est sacrée.

- Il en fut ainsi de fausses poteries découvertes à Moah.

- Puis les Bédouins découvrent en 1868 une stèle ancienne recouverte d’une inscription à Dhibon, à l’Est de la Mer Morte, sur les terres moabites que les sémites considèrent la descendance de Lot, le neveu d’Abraham. La stèle rapporte des faits passés de Mesha, roi de Moab au IX siècle avant JC et en conflit avec Israël.

Les Allemands cherchent à acheter ce document mais, par des circonstances inexplicables, les bédouins détruisent le document original. Or, par un hasard bien inspiré, le diplomate français Clermont Ganneau avait fait exécuter une esquisse et un estampage de l’inscription. En refaisant l’inscription, il obtient la copie du document inédit conservé au Louvre aujourd’hui.

D’autres copies apparaissent encore. Les études se succèdent. Chaque chercheur a l’assurance d’avoir la primeur de la découverte. En 1873, le Musée royal de Berlin achète 1600 pièces à Moïse Shapira, un antiquaire de Jérusalem, pour une somme d’argent importante.

L’Empereur Guillaume Ier participe à cet achat. Or, dans ce récit romanesque, Clermont Ganneau découvre des étrangetés dans la copie de son inscription. Shapira est suspecté de vente illicite de textes anciens et de faux fabriqués par ses soins. L’antiquaire pris à son jeu sordide se donnera la mort.

La communauté scientifique manifestera dès lors quelque prudence et l’usage du carbone 14 attestera le caractère scientifique de leurs travaux.

On dit cependant que “l’Evangile de la femme de Jésus” avait passé des contrôles d’authenticité par l’adoption habile de matériaux anciens qu’ils falsifiaient en remplaçant les récits antérieurs par des textes contemporains.

- Il est encore un sujet de commentaire relatif aux Sceaux anciens que les Religieux pratiquaient en Israël pour authentifier la qualité des documents ainsi certifiés. Tel le Sceau d’Ezéchias, Roi de Juda vers 700 avant JC, découvert et redécouvert plusieurs fois, en particulier en 2009, qui attisa toujours la curiosité intellectuelle de ces archéologues patentés en quête de reliques inestimables pour l’histoire de Terre Sainte, des sujets attachés à Israël ancien qu’Israël d’aujourd’hui surveille avec une disposition soutenue.

François-Xavier Esponde

Commentaires

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  1. A.D. Laurent MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS
    le 28/12/18 à 12h13

    Détails intéressants, si non exégèse des faux et usages de faux dont je sais par études diverses et constats personnels, à quel point il s'agit d'une mauvaise habitude de certains Juifs ( évidemment pas la généralité tout aussi trompée que tout le monde ! ). Il n'y a qu'à savoir avec précision par exemple qu'ils ont falsifié l'ORIGINAL des commentaires d'Anne FRANCK dans un but de propagande assez récemment. Il s'agit évidemment de crimes contre l'ESPRIT, crimes les plus abominables qui puissent se commettre !


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