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Critique

Les cinq concertos de Beethoven par Jean-François Heisser

Jean-François Heisser répétant avec son orchestre © DR

La sortie, ce vendredi 10 novembre, d’un coffret de trois CD consacrés aux cinq concertos pour piano et orchestre de Beethoven enregistrés par Jean-François Heisser rappelle ce que me confiait Alain Rousset lors de la réception à la mairie de Saint-Jean-de-Luz, l’été dernier, pour l’inauguration du Festival Ravel : confirmant que l’Orchestre Poitou-Charentes dirigé par le président de l’Académie Ravel était devenu officiellement l’Orchestre de chambre de la Nouvelle-Aquitaine (sans avoir voulu se prononcer sur le futur de notre orchestre régional Bayonne-Pays Basque), le président de la Nouvelle Aquitaine m’avait fait part de sa « satisfaction d’avoir trouvé dans ce festival une manifestation qui pourrait être mise en exergue de la nouvelle région ». Pour en revenir à ce nouvel enregistrement, Jean-François Heisser nous livre le témoignage d’une complicité rare avec les musiciens de cet Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine, phalange reconnue pour son engagement et son exigence. Leur vision des cinq concertos de Beethoven, dirigés du piano pour la première fois en France au disque, abolit les frontières entre musique de chambre et musique symphonique. 

L'interprétation des cinq Concertos proposée par notre chef-pianiste et son orchestre permet ainsi d'apprécier l'évolution de l'écriture de Beethoven pendant la dizaine d'années décisives de leur composition, à cheval sur les XVIIIe et XIXe siècles : soit comment le pianiste improvisateur virtuose des deux premiers Concertos conçus à la fin du XVIIIe siècle dans le sillage de Mozart et de Haydn s'affirme compositeur dès le début du XIXe siècle par le troisième Concerto pour culminer avec les surprises des deux derniers. 

​La conception très originale, innovante, de ce CD procède de la vision propre à Jean-François Heisser, en complicité avec son orchestre, qui a choisi d'enregistrer l'ensemble de ces cinq Concertos sur instruments modernes mais avec une approche historique, c'est-à-dire au plus près des sources : ils ont donc utilisé les partitions authentiques avec les indications d'interprétation de Beethoven (sans les retouches postérieures effectuées par les éditeurs du 19e siècle) et ils se sont documentés sur les qualités et possibilités des instruments qui ont servi à la création de ces Concertos entre 1796 et 1809, en particulier le piano dont la facture n'a cessé d'évoluer, justement en fonction des impératifs de Beethoven. 

​En rendant hommage à ce monument que constituent les cinq Concertos pour piano, l'interprétation de Jean-François Heisser souligne la double dimension de Beethoven qui, garant d'une tradition héritée de Mozart et de Haydn, n'a cessé d'avoir une intuition géniale de la musique du futur, celle de Brahms par exemple, pour rester dans le registre des Concertos pour piano : « J'ai toujours ressenti que la musique de Beethoven serait le fil conducteur de mon parcours et de mon « action » musicale, tout en explorant les répertoires les plus variés, défendant aussi les musiques contemporaines ou plus anciennes auxquelles je croyais », commente Jean-François Heisser qui précise : « L'écrivain Michel Butor, esprit universel, fut un fidèle compagnon de route beethovenien. Nous nous sommes régulièrement retrouvés, pendant presque quarante ans, pour dialoguer autour des « Variations Diabelli » : ces rendez-vous m'ont permis de mesurer l'évolution constante du regard porté sur Beethoven et de m'attarder inlassablement sur une œuvre-charnière de toute la musique occidentale. 

​Je ne pensais pas enregistrer un jour les cinq Concertos pour piano : la rencontre d'un chef, d'un soliste et d'un orchestre en studio, même dans les meilleures conditions après des concerts dits de « rodage », me semblait peu susceptible de conduire à l'unité de pensée requise pour ce répertoire que tant de géants du piano et de la direction ont gravé au sommet. 

​La chance m'a été donnée de pouvoir jouer, oublier, rejouer ces œuvres au fil des ans en compagnie de l'Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine dans une vision plus « chambriste » qu'à l'accoutumée, plus proche aussi des effectifs de l'époque. Cet enregistrement est donc un témoignage des années de complicité avec une équipe de musiciens engagés ». 

Les cinq concertos de Beethoven par Jean-François Heisser. Offre spéciale de lancement : coffret 3 CD à 25€

 

ALC

 

 

 

 

 

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