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la lettre du Pays-Basque

Patrimoine

Le Colisée à Rome revisité.

Le pape Benoît XVI le Vendredi Saint au Colisée © DR

1 – Restauration du Colisée.

Trois années de restauration ont permis depuis novembre de l’année dernière aux Romains de jouir de la beauté du Colisée qui reste pour eux la prouesse impériale, culte de leur fierté.

L’amphithéâtre Flavien bâti dans les années 70-72 de notre ère, quelques années après l’incendie de Rome en 64, est le plus grand édifice de ce style existant dans le bassin méditerranéen.

Les noms de Vespasien, de Titus, de Domitien demeurent attachés à sa construction qui durera entre dix et douze ans.

On pouvait y accueillir 50 000 personnes à ciel ouvert, peu ombragé dans cet espace magnifique et si noble pour l’âme éblouie et patriotique des citoyens romains. Un bâtiment sur cinq niveaux, plus les soubassements – hypogées - qui donnaient la mesure de l’entreprise de ces bâtisseurs de génie.

On y organisait des batailles d’animaux, de gladiateurs, de combats entre les animaux sauvages et les esclaves jetés aux bêtes, des reconstitutions des batailles gagnées de l’Empire, des fêtes et des jeux en tous genres...

On importait d’Afrique des animaux sauvages, éléphants, lions, dromadaires, rhinocéros, caïmans et toutes autres espèces dentées et féroces pour jouir impunément du plaisir de combats entre fauves, entre les humains et entre les animaux et les hommes !

Le Colisée maintint ce profil pendant cinq-cents ans, jusqu’à la fin du VIème siècle selon les historiens.

Lors de son inauguration par Titus, l’Empereur proposa une bataille navale reconstituée, une fierté nationale romaine, « naumachie » où Corinthe et Corcyne s’affrontèrent dans le passé en mer. On devine la prouesse et l’habileté « des ingénieurs de l’époque » pour rejouer l’histoire dans une telle enceinte avec des figurants qui devaient somme toute être des acteurs du terrain.

2 - Le Colisée connaitra des utilités multiples au cours du temps.

Un espace artisanal, le lieu d’une église construite à la fin du VIème siècle, un sanctuaire catholique, et même un carmel...

La statue de Néron placée à l’entrée donnait par ses dimensions copie de celles du site colossal du Colisée. Le Colisée s’appellera « Colosse », nom d’emprunt d’origine grecque qui pouvait rappeler à la fois la figure de Néron et celle de l’amphithéâtre de Flavien plusieurs fois débaptisé et rebaptisé du nom des empereurs suivants, jusqu’à décoiffer la tête de Néron sur la statue et la remplacer de ces derniers successeurs.

Dans la mythologie romaine, Helios, le dieu soleil, Sol, pouvait aussi rappeler le culte rendu par le peuple au soleil et sans doute aux empereurs qui l’incarnaient à la fois. On prêtait encore à la statue de Néron des pouvoirs secrets et magiques. Bède le Vénérable, témoin de son temps, cite cette sentence qui dit le sens de cette noblesse de cœur du Romain : « tant que durera le colosse, Rome durera, quand le Colosse tombera, Rome tombera, quand Rome tombera, le monde tombera »... Colisée des uns, Colosse des autres, le monument personnifie la fierté des Romains d’hier et bien d’aujourd’hui. Il faut se souvenir qu’avant le Colisée, un amphithéâtre plus ancien fut détruit par un incendie, Statilius Taurus, bâti de bois et qui se consuma dans l’air.

Les historiens de l’Empire rapportent encore que le sac de Jérusalem par les soldats romains et pillèrent le trésor de la ville sainte, permit de payer les dépenses colossales engagées pour construire cet amphithéâtre...

A la suite des tremblements de terre de 443, de 508, de 801, de 847, et le dernier de 1349, mettant sans cesse en fragilité l’édifice, on sut réutiliser les pierres de la façade tombées. Elles furent employées à l’édification du Palais de Venise et de la Basilique Saint Pierre...

 

On rappelle encore qu’un ordre religieux contraria la volonté d’un cardinal italien désireux de « rejouer les combats de taureaux dans le Colisée »...

Le pape donnant raison au frère carme opposé à ce projet, on décida de consacrer ce lieu à la mémoire des chrétiens morts sous la dent des fauves. En 1749, Benoit XIV consacra cet espace mémoriel au souvenir des Martyrs de la foi par l’érection d’un chemin de croix que les papes empruntent tous les ans pour le jour du Vendredi Saint.

Le souvenir de Napoléon Ier et de Napoléon III ont donné à la Ville Eternelle le témoignage de l’intérêt porté par les Français pour organiser des fouilles in situ et des restaurations. Laissé à l’abandon pendant des décennies, noyé dans une végétation sauvage, le Colisée était menacé.

Il fallut dégager la pierre, la nettoyer, la renforcer, et faire de cette splendide restauration un écrin de beauté unique qui se visite par millions chaque année. Trois années durant, la dernière restauration fut menée par les Italiens qui redonnèrent à l’édifice sa merveilleuse expression.

189 m de long, 156 m de large, 2,4 hectares contenant un Patrimoine exceptionnel que les zélateurs de l’Empire romain, les visiteurs de la Ville Eternelle et les curieux contemplent comme l’une des sept merveilles du monde !

 

 

 

 

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