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la lettre du Pays-Basque

Histoire

La première guerre mondiale dans les commémorations

Les traces de la première guerre mondiale au Pays Basque © DR

La période 2014-2018 aura été riche en événements commémorant la Grande Guerre et notamment les artistes qui s’y sont impliqués. Parmi eux, André Caplet, Lucien Durosoir et Maurice Maréchal ont reçu de très nombreux hommages musicaux, théâtraux, muséographiques.

C’est pour eux qu’avait été créée, en 2005, l’association Musiciens entre Guerre et Paix. C’est d’eux que le livre « Maurice Maréchal, Lucien Durosoir, deux musiciens dans la Grande guerre » (Taillandier, 2005) livre les écrits de guerre.

Les derniers mois de cette année vont concentrer plusieurs événements de grande importance autour de l’un ou l’autre de ces trois artistes.

- 16 novembre à Radio-France : l’orchestre philharmonique créera « Sous la pluie de feu, concerto pour violon, violoncelle et orchestre », œuvre de Philippe Hersant en hommage à Lucien Durosoir et à Maurice Maréchal. Commande conjointe de Radio-France, l’orchestre de Pau Pays de Béarn, l’orchestre national de Lorraine.

- Fin 2018 : mise en place d’une sculpture monumentale, œuvre d’Aitor de Mendizabal en hommage à Lucien Durosoir dans le village landais de Bélus où il avait choisi de s’installer en 1926 pour y mener à bien son œuvre de compositeur.

- Découverte dans les archives privées (Durosoir) d’un manuscrit intitulé « Deux petites valses pour quatuor à cordes » composées par Caplet au front, en 1917 (création le 27 octobre par le quatuor Tana au château d’Arcangues dans le cadre du Festival Quatuor en Pays Basque.

La guerre de 14-18, telle qu'elle fut vécue dans le « Grand Sud-Ouest »

Le vendredi 26 octobre prochain à 18h30, une conférence est proposée à l'Euskal Etxea de Pau (94, Avenue Buros). Elle aura pour thème : Regards sur la guerre de 14-18, telle qu'elle fut vécue dans le « Grand Sud-Ouest » et sera présentée par Jean-Baptiste Hiriart-Urruty, professeur émérite de l'université Paul Sabatier de Toulouse (et ancien de LEM).

La consultation des journaux, des archives municipales, des lettres, permet de percevoir comment furent ressentis et vécus tous les moments importants de la guerre de 1914-1918. Ces éléments apportent un éclairage différent et parfois nouveau par rapport aux descriptions et interprétations « officielles ». La commémoration de cette guerre, durant ces dernières années, a été l'occasion pour beaucoup de se réapproprier l'Histoire, grande ou petite, de cette terrible période et des conséquences sur nos territoires. A l'aide d'exemples en Pays Basque mais aussi dans d'autres parties du « Grand Sud-Ouest », seront mis en lumière dans cette conférence quelques-uns des aspects comme : le vécu réel de la mobilisation ; le rôle de la pression sociale, de l'école, du clergé et de la presse ; les déserteurs et insoumis (dans les zones frontalières des Pyrénées) ; la réorganisation de la vie rurale (réquisitions pour l'armée, l'enrôlement des réfugiés, les travaux des champs et cultures à reconfigurer) ; les tués (notamment dans les zones rurales) ; les conséquences sur l'après-guerre immédiat.

Et en Bigorre, c’est la nouvelle cloche de Libaros, baptisée « Concordia », qui sonnera pour la première fois pendant onze minutes, le 11 novembre prochain à 11 heures, à l'occasion du centenaire de l'armistice de la Grande Guerre

Edmond Rostand, un auteur engagé dans la Grande Guerre

Il s’agit d’une exposition à la Médiathèque Bayonne du 22 octobre au 21 novembre. Car, cette année célèbre à la fois le centenaire du décès d’Edmond Rostand et de la fin de la Grande Guerre.

Grâce à un choix de documents anciens (plaquettes, photos, cartes postales, livres, objets), la Médiathèque évoque les relations entre l’auteur du célèbre Cyrano et la 1ère guerre mondiale, de son rôle pendant le conflit à ses œuvres « récupérées » par une propagande nationale.

Visites commentées samedi 27/10 et mercredi 31/10, mercredi 14/11, à 15h, en compagnie de Michel Forrier, spécialiste de Rostand. Inauguration et visite commentée, mardi 23/10, 18h15.

Médiathèque de Bayonne, tél. 05.59.59.17.13 ou site Web : https://bit.ly/2MJWm9P

Au moment où devant la menace allemande, le gouvernement français évacuait Paris pour se réfugier à Bordeaux, la famille Rostand qui se trouvait également dans la capitale empruntait le même chemin, mais pour rallier son domaine d’Arnaga où Edmond et Rosemonde se consacreront à l’aide aux blessés à l’hôpital militaire installé dans l’ancien séminaire de Larressore. Comme l’écrivait Pierre Espil dans son ouvrage sur Edmond Rostand, « faute de pouvoir s’engager, dans ses visites quasi quotidiennes, il subvenait à tous leurs besoins, et on le voyait parfois écrire à leur chevet, de sa main qui avait signé tant d’œuvres fameuses, les humbles lettres de soldats illettrés. Touchante humilité des authentiques poètes », ajoute encore Pierre Espil. Quant à son épouse Rosemonde Gérard, dans son voile blanc d’infirmière, elle secondait à l’hôpital Mme Louis Barthou - l’épouse du député béarnais et ancien président du Conseil qui deviendra en 1917 ministre des Affaires Etrangères – Mme Louis Barthou la guerre terminée, obtiendra de son mari, devenu Président du Conseil Général, la création sur place d’un sanatorium départemental.

La 1ère guerre mondiale avait beaucoup éprouvé Edmond Rostand. Il avait écrit à son ami Pierre Clarac, de l'Institut, qui servait dans l'infanterie : « Vous m'avez écrit une bien belle lettre, bien consolante pour le poète qui se sent inutile, dont on n'a pas voulu aux armées, et qui a besoin qu'on lui répète un peu qu'il n'a pas été, avant, inutile. Que j'aurais aimé, ayant connu bien des joies, terminer ma vie sur le champ de bataille, et que ma mort signa mon œuvre » ? Rostand s’était rendu dans la ville lorraine de Gerbéviller, détruite à 80% au début de la guerre, ainsi qu’à Masevaux, sur le front alsacien où, avec Maurice Barrès, il emmena une délégation de journalistes et d’écrivains.

Jusqu’au bout de ses forces, dans l’espérance d’une issue victorieuse de la guerre de 14, il continua de recevoir ses visiteurs à Arnaga : Pierre Loti, le poète Francis Jammes, ainsi que Sarah Bernhardt, en convalescence après son amputation de la jambe droite par un chirurgien militaire à Bordeaux.

En 1918, après un court séjour à Paris pour assister à la revue du 14 juillet, voilà Edmond Rostand de retour à Arnaga en compagnie de la comédienne Marie Marquet… Je vous propose la suite de cette évocation dans notre prochaine « Lettre ».

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