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la lettre du Pays-Basque

Musique

la musique traditionnelle dans tout son éclat

Michel d'Arcangues, txistulari (vers 1945) © DR

Dans le cadre de « Bayonne fait le Pont » (Journées du Chocolat), le Musée Basque organise ce vendredi 11 mai à 18h une « balade en musique à la découverte des origines du txistu », instrument souvent considéré comme emblématique de la musique traditionnelle en Pays Basque. Pourtant, son apparition en Iparralde (Pays Basque Nord) est relativement récente (1930) et a succédé à la xirula, dont la pratique de nos jours est plutôt circonscrite à la province de Soule. C’est cette transition culturelle et politique, et les acteurs de cette transition qui seront présentés par Pierre Haira de Herri Soinu, accompagné par la banda Uztaritzeko Txistulariak.

Il s’agit de l’âme du Pays Basque à travers son essence musicale : txistus, gaïtas et txirulas et autres instruments utilisant le souffle, participent au répertoire régional depuis la nuit des temps et remontent au moins aux petites flûtes préhistoriques (aurignaciennes) trouvées dans les grottes d’Isturitz, tout comme d’ailleurs, au registre des instrument à percussion, la txalaparta, heureusement sauvée de la disparition dans les années soixante par les frères Artze en Navarre !

Pello Ibarguren qui préside la nonagénaire association des txistularis du Pays Basque, lauréate du célèbre « Prix Sabino Arana », affirmait que « le txistulari au sein de la société basque est semblable au persil qui parfume toutes les sauces » ! Parmi les plus célèbres bandas de txistulari avant-guerre se détache celle de Renteria qui passa plus d’une fois la Bidassoa, comme en 1931 lors du concert pour les Basques de la diaspora que le Père Donostia avait fait retransmettre depuis le Musée Basque sur les ondes de la station « Radio Coloniale ».

Classiques et  populaires

Au nombre des virtuoses du txistu, cet instrument populaire entre tous, s’impose le nom de Polentzi Guezala, aux sonorités quelque peu étranges pour le petit garçon que j’étais à Biarritz ; il restera à jamais lié à un merveilleux microsillon 33 t que ma grand-mère me fit un jour écouter dans notre villa Ibañeta, ce devait être l’été 1958. Ce disque enregistré quelques années auparavant marquait la participation du célèbre musicien à « l’épopée » de Philippe Oyhamburu et de son groupe Etorki, témoin d’une volonté de professionnalisation qui constituait pour l’époque un défi peu commun. Ne lisant certes pas « Combat » à cet âge-là, je ne savais pas que le critique du quotidien avait comparé « à du Jean-Sébastien Bach les extraordinaires variations au txistu de Polentzi Guezala sur le Kontrapas d’Intxausti, d’une habileté folle » ! Or, le txistu ne s’accorde-t-il pas merveilleusement à l’orgue comme le démontraient les œuvres et arrangements écrits pour Polentzi Guezala par le compositeur Tomas Garbizu, originaire comme lui de Lezo ? Un répertoire pour orgue et txistu également mis en valeur par la musicienne luzienne Pantxika Solorzano, auteur compositeur de chansons pour enfants, sans oublier celui pour orgue et gaita, interprété avec talent par Jean-Pierre Dumoulin...

Vendredi 11 mai à 18h au Musée Basque, salles Musée, Argialde et Xokoa, entrée libre

Alexandre de La Cerda

 

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