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La fondation Chillida Leku rouvrira au public en 2018 !

Edouardo Chillida et son épouse Pilar Belzunce-Chillida devant "Zabalga" © DR

« La Fondation Chillida Leku rouvrira ses portes au grand public l’année prochaine », avait annoncé la guide au groupe des Amis d’Arnaga, samedi dernier ! Réouverture rendue possible grâce à l’accord conclu avec la galerie contemporaine suisse Hauser & Wirth basée à Zurich et qui a obtenu une représentation mondiale exclusive de l'héritage de l'artiste.

Ce jour-là, au pied du mont Santa Barbara, dans les parages de l’ancienne ville des forges Hernani et à quelques encablures de Saint-Sébastien, sous une pluie de feuilles or et d‘eau céleste, le lourd portail du domaine de la fondation privée Chillida Leku s’entrouvrait pour accueillir l’association des Amis d’Arnaga présidée par Christian Perret.

Dans le grand parc de 12 hectares, une quarantaine d'œuvres de fer et des « menhirs » en granit d’Edouardo Chillida (1924-2002) promènent le regard du spectateur sur de vastes étendues de gazon jalonnées de grands arbres. Au cœur du domaine acquis en 1983-84 pour placer les collections de l’artiste, trône une noble bâtisse rustique du XVIe siècle en pierres de calcaire grises et crépis à la chaux portant le blason de la famille basque Zabalaga sur sa façade principale conservée à l’identique. A l’intérieur, l’espace et la lumière furent entièrement repensés autour des œuvres de Chillida composées de centaines de dessins, collages, gravures et sculptures en acier, terre cuite chamotée, albâtre… en modèles réduits. Une conception architecturale en noir et blanc qui rappelle qu’Edouardo avait étudié tout d’abord à l’école d’architecture avant de se consacrer à Madrid, puis à Paris, à l’étude du dessin, essence même de son écriture sculptée. Ami des philosophes tel Martin Heidegger, Gaston Bachelard l’avait surnommé « le forgeron » du rêve. Tout comme le sculpteur Real Del Sarte, Chillida sculptait  uniquement de sa main gauche suite à un grave accident à l’âge de 21 ans. A ses débuts à Paris, Chillida rencontra Brancusi, Arp, Calder… A leur contact, son travail se métamorphosa du figuratif à l’abstrait.

En 2002 à Saint-Sébastien où il était né,  celui qui avait sculpté « le peigne du vent » (baie de Saint Sébastien) s’est éteint comme « la mer » qu’il avait cristallisée en albâtre (visible à la Fondation Chillida). 
Ainsi, deux ans après avoir ouvert Chillida Leku au public, le plus célèbre des sculpteurs contemporains basques, âgé de 78 ans, laissa à son épouse et collaboratrice Pilar Belzunce, mère de ses huit enfants, le soin de veiller sur le domaine.

En 2011, la famille Chillida, lassée d’assumer les coûts trop élevés de son entretien, décida de fermer la Fondation au public.

Puis s’enchaînèrent diverses négociations inabouties avec le gouvernement basque et la députation provinciale du Guipuzkoa qui abandonnèrent en 2016 le projet d’acquisition du musée, Ignatio Chillida, le directeur artistique de la Fondation n’acceptant pas certaines dispositions contenues dans leur proposition de reprise.

Finalement, le rêve de rouvrir la Fondation au public aboutit avec le soutien et les conseils de la galerie contemporaine suisse Hauser & Wirth basée à Zurich. La fondation Chillida Leku  accueillera de nouveau le grand public à partir de 2018. Hauser & Wirth a annoncé sa représentation mondiale exclusive de « l’héritage d’Eduardo Chillida »,  premier sculpteur du XXe siècle en promouvant « un programme de manifestations et de projets d'édition qui positionne le travail de Chillida aux côtés d'autres figures majeures du contexte historique : sont déjà prévues cette année une exposition Eduardo Chillida à la galerie 69th Street à New York et la présentation d’une importante sculpture de l'artiste au Art Basel Miami Beach.

« Je suis ravi d'avoir maintenant l'occasion de travailler en étroite collaboration avec la famille de Chillida sur la formation et la préservation de son héritage et je suis impatient de faire croître sa réputation aux États-Unis ainsi qu'en Europe et en Asie », a indiqué Iwan Wirth lors d’une interview. Pour sa part, le fils de l'artiste, Luis Chillida, avait commenté au nom de la famille : « Depuis la mort de mon père, nous avons travaillé pour sauvegarder son héritage et avons lancé un certain nombre de projets et d’expositions. Il était devenu clair que la prochaine étape essentielle pour nous consisterait à la désignation d’une galerie pour guider ces activités. Hauser & Wirth s’imposa comme un choix évident en raison de leur vaste expérience dans ce domaine. Leur vif intérêt pour le travail de mon père et l'approche axée sur la famille a conforté notre décision et nous attendons avec impatience les collaborations à venir ».

Anne de La Cerda

 

 

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