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la lettre du Pays-Basque

Histoire

L'astrologie inspirée de la curiosité des humains

Saint-Augustin d'Hippone par Boticelli © DR

Le solstice d’hiver en décembre a beaucoup fasciné les astrologues d’antan, et encore aujourd’hui !

A – Peu de personnes reconnaissent consulter les prédictions astrologiques, cependant le nombre de ceux qui y en font une « profession » ne cesse de croître dans un univers partagé entre l’objectivité scientifique des savoirs et la croyance des religions.

Ptolémée inventa la science astrologique à partir de la date de naissance de chacun. Il était l’héritier fidèle d’une société fascinée par ces prédictions où les Dieux agissant partout et sans cesse pouvaient déterminer le cours de la vie des hommes. Mais les religions furent l’obstacle majeur de ces croyances au fil de l’histoire.

En particulier les Conciles : celui de Laodicée, le premier, condamne en 364 l’astrologie, celui de Tolède en 400 fait de même.

Le penseur saint Augustin d’Hippone avoue dans ses Confessions la pratique de l’astrologie qu’il fit avec passion dans sa jeunesse.

Au Moyen Age, les oppositions se lèvent encore, les conciles de Braga, d’Agde, d’Orléans, d’Auxerre, Narbonne, Reims réitèrent leurs condamnations.

Mais les pratiques demeurent légion dans un monde familier de ces divinations et prédictions.

Gerbert d’Aurillac devenu pape sera lui aussi adepte d’astrologie vers l’an 1000. Car les hommes d’église étaient parmi les plus introduits dans ces pratiques non officielles mais toujours en usage.

L’astronome Kepler fut aussi astrologue en son temps.

Roger Bacon fit de même, comme Junctin de Florence, carme religieux de son état.

Au cours des XIXème et XXème siècles, les publications astrologiques fleurissaient toujours et prenaient la forme d’une « science » où les disciplines se croisent.

Depuis l’Ancien Testament biblique, le soleil et la lune, objets de divinités, les prédictions astrologiques se nourrissent de commentaires sans limite, non sans rencontrer, cependant, l’hostilité des religions à confronter la puissance souveraine de l’Eternel avec les forces invisibles de ses œuvres.

Car l’objet du litige est fondamental : « entraver la puissance divine de croyances en des destins imposés par des forces imparables » remet en cause l’adhésion en l’unicité souveraine de Dieu, face auquel aucune autre souveraineté ne peut vouloir l’égaler dans son état.

Pour un sémite, disciple de la Bible, la providence est unique, majeure et première.

Aucune force ne peut lui porter ombrage dans sa propre nature.

B - Au cours du temps, l’astrologie prend un visage nouveau, associé à la psychologie humaine.

Cette relation inter subjective et objective des astres, inspire l’ambition de sciences nouvelles dénommées astro-psychologies ouvrant des horizons inédits à des échanges entre ces deux disciplines originales, parfois concurrentes et proposant des horizons inattendus chez ces professionnels.

Elle en devient ainsi un objet d’analyse et d’étude, un défi moderne de la psychologie des hommes dans un espace où les disciplines scientifiques de la nature interrogent le chercheur sur la nature de ses connaissances et de ses ambitions.

La profonde réticence observée par les spirituels et religieux à la nature de ces observations ne retient cependant le goût de nos contemporains à se nourrir de ces « sciences nouvelles » qui souvent croisent des sagesses asiatiques présentes dans l’horizon de nos cultures.

Maintes fois rappelée, la défiance des adeptes de la Bible ne décourage pas les pratiques d’autres traditions spirituelles, en ce cas - autour du cosmos et des astres de l’univers - dans un espace de prédictions, de divinations, parfois de cartomancie, qui font alliance avec les connaissances les plus élaborées. Il en résulte aujourd’hui un grand défi à donner du sens à ces observations humaines.

L’astrologie demeure objet de curiosité contemporaine parmi la floraison des disciplines autres, objectives et subjectives, séparées ou croisées par des lectures originales ou singulières.

Elle n’a point disparu de l’horizon des hommes, mais a muté vers des attentes neuves de spiritualités modernes, inspirées de traditions anciennes, revisitées par la curiosité de nos contemporains.

 

 

 

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