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Tradition

JMJ au Panama : les jeunes du diocèse de Bayonne y participent

Panama : le groupe des jeunes du diocèse bayonnais avec leur évêque © Iban Erguy

Inaugurées par Jean-Paul II en 1985, les 34es Journées mondiales de la jeunesse se sont déroulées au Panama du 22 au 27 janvier dernier. Seize jeunes du diocèse de Bayonne s’y étaient rendus – via Bordeaux et Amsterdam - avec le groupe JMJ de la province ecclésiale de Bordeaux. Leur première semaine s’était déroulée à Las Tablas, dans le diocèse de Chitré, où ils furent accueillis dans des familles pour y découvrir le pays, sa foi, sa culture et ses habitants lors d'événements sportifs, culturels et spirituels. Ils y ont également retrouvé les dix-sept jeunes de « Panama à la voile » patronnés depuis leur départ en septembre dernier par le Service diocésain de la Pastorale des Jeunes et des Vocations. Ancien officier dans la Marine nationale, le breton Thierry Pichon avait mis à profit sa « retraite » de manière nautique et originale « en évangélisant par la mer » et embarquant dix-sept Français qui ont navigué jusqu’au Panama pendant plus de quatre mois à bord de trois voiliers. Tous ont assisté mercredi 23 janvier à la catéchèse sur le thème « Me Voici » de l’évêque de Bayonne Mgr Aillet qui les avait rejoints la veille.

Ainsi, la deuxième semaine qui s’est déroulée à Panama City avait comporté des programmes divers, concerts, conférences, temps de prière. L’accueil du pape le jeudi, chemin de croix le vendredi, veillée de prière avec le pape le samedi soir et messe de clôture le dimanche 27 janvier avec le pape : « Une belle expérience de rencontre et de temps forts » comme nous l’avait indiqué un des participants, le séminariste Iban Erguy.

« Rentré un peu déphasé et plein de bons souvenirs », Iban nous a fait part de ses impressions (accompagnées de quelques photos) : « de belles JMJ, l’occasion de se ressourcer spirituellement. Les catéchèses et les mots du pape François ont été l’occasion de s’interroger sur ce que nous les jeunes pouvions faire dès aujourd’hui. Le pape a insisté sur l’aujourd’hui de nos actions.

Deux moments que j’ai particulièrement appréciés :

- le chemin de croix du vendredi : magnifique, incarné parce qu’en lien avec l’actualité des pays latino-américains (violence, recherche de la paix, corruption, problèmes politiques, etc.). Pas spectaculaire mais empreint de vérité.

- la veillée du samedi : beaux moments de silence (adoration et prière à la vierge), témoignages, accueillir la volonté du Seigneur dans nos vies comme Marie.

- Accueil formidable des panaméens, en diocèse la première semaine comme à Panama City pour la deuxième semaine. Voilà quelques mots ».

Ce 26e voyage apostolique a permis au pape François de délivrer son message en trois directions :

- celle des jeunes tout d’abord, en face desquels le Saint-Père a décrit les maux de l’époque actuelle : « cri étouffé des enfants que l’on empêche de naître », « spirale de la mort de la drogue et de la prostitution », mise en garde contre les dangers de vivre dans le monde virtuel d’internet. Devant ces maux quotidiens, a déploré le pape, « le monde reste indifférent et consomme le drame de sa propre frivolité ».

- celle des 70 évêques réunis le 24 janvier : le pape a évoqué les violences politiques et sociales qui, avec la misère économique, frappent le continent sud-américain, sans parler de la prolifération croissante des sectes évangéliques qui gagnent de plus en plus les jeunes : « Soutenir et renforcer vos jeunes (…) avant que la culture de mort, en leur vendant de la fumée et des solutions magiques, ne s’empare et ne profite de leur esprit (…) Obstinez-vous et élevez la voix contre la désertification culturelle et spirituelle de vos peuples », avait déclaré le souverain pontife à l’adresse des prélats.

- celle des prêtres rencontrés le 26 janvier devant lesquels le pape, faisant référence à la baisse des vocations, avait reconnu que les fatigues de l’apostolat pouvaient être la cause d’une « lassitude paralysante », source des pires maux, et qui provient de « ne pas savoir comment réagir face à l’intensité et à la perplexité des changements (qui) mettent en question, dans de nombreux cas, la possibilité même de la vie religieuse dans le monde d’aujourd’hui ».

Enracinement, migrations, drame de l’avortement

Et lors de la veillée de prière à Campo San Juan Pablo II au Panama, le pape François avait déclaré : « Il est impossible que quelqu’un grandisse s’il n’a pas de racines fortes qui aident à être bien debout et enraciné dans la terre. Il est facile de se disperser, quand on n’a pas où s’attacher, où se fixer, s’il n’y a pas de lieu pour se fixer. Cela c’est une question que nous, adultes, sommes obligés de nous poser, nous adultes qui sommes ici, et plus encore, c’est une question que vous aurez à nous poser, que vous jeunes devrez nous faire à nous adultes, et à laquelle nous aurons le devoir de répondre : quelles racines nous donnons vous ? Quels fondements, pour vous construire comme personnes, nous fournissons vous? C’est une question pour nous adultes. Combien il est facile de critiquer les jeunes et de passer son temps à murmurer, si nous vous privons des opportunités de travail, éducatives et communautaires auxquelles vous raccrocher et rêver l’avenir. Sans instruction il est difficile de rêver l’avenir, sans travail, il est très difficile de rêver l’avenir, sans famille et sans communauté il est quasi impossible de rêver un avenir. Parce que rêver l’avenir, c’est apprendre non seulement pour quoi je vis, mais aussi pour qui je vis, pour qui il vaut la peine de dépenser ma vie. Et cela nous devons le favoriser, nous adultes, en vous donnant travail, instruction, communauté, opportunité ».

Par ailleurs, interrogé, dans l’avion, sur la fermeture d’un centre d’accueil de migrants en Italie où des enfants étaient scolarisés, le Pape  insisté sur la « complexité » du sujet en soulignant que « les gouvernements doivent faire preuve de prudence parce que la prudence est la vertu de ceux qui gouvernent ». Ils se trouvent face à une « équation difficile » comme l’a montré l’exemple de « la Suède » qui a dû restreindre les flux d’entrée de migrants : « C’est la prudence du gouvernement » et « il faut penser avec réalisme ».

Et le pape François de pointer une autre face du problème : « résoudre le problème de l’immigration revient aussi à aider le pays d’où ils proviennent, chassés par la faim ou par la guerre. Investir là où il y a la faim, l’Europe est capable de le faire ». C’est donc « un problème complexe dont nous devons parler, sans a priori, en tenant compte de tous ces éléments ».

Dans l’avion de retour du Panama, le pape François a encore évoqué la question des conséquences de l‘avortement sur les femmes : « Le message de la miséricorde est pour tous, y compris pour la personne humaine qui est en gestation » et pour les femmes qui ont « fait cette chute. Il y a la miséricorde pour elles (…) La miséricorde est difficile car le problème n’est pas de donner le pardon : le problème est d’accompagner une femme qui a pris conscience d’avoir avorté. Ce sont des drames terribles ». Et le pape François d’évoquer la souffrance des femmes qui ont avorté : « Quand une femme pense à ce qu’elle a fait… je dis ici la vérité… Il faut être là au confessionnal. Tout ce qu’on peut y faire, c’est de donner la consolation et de ne rien dire (…) C’est pour cela que j’ai ouvert la possibilité d’absoudre l’avortement par miséricorde (…) Je conseille souvent, quand elles pleurent : Ton enfant est au ciel : parle-lui, chante-lui les berceuses que tu n’as pas pu lui chanter (…) Faut-il trouver une voie de réconciliation de la mère pour son enfant. Avec Dieu, c’est déjà fait. Dieu pardonne. Dieu pardonne toujours. Mais, la miséricorde est aussi pour elle et il faut travailler à cela. Le drame de l’avortement pour bien le comprendre, il faut être au confessionnal. C’est terrible ».

Et la fierté des Panaméens hissant leurs enfants vers le pape est un geste « éloquent pour l’hiver démographique » de l’Europe, avait enfin souligné le pape François deux jours après son retour de voyage, lors de l’audience générale du 30 janvier au Vatican, en évoquant « une chose qui (l’avait) beaucoup touché : la foule portait les enfants à bout de bras ». Et de faire lui-même le geste : « quand passait la papamobile, tous avec leurs enfants, comme pour dire : voici ma fierté, voici mon avenir ! Et ils montraient leurs enfants, et les pères et les mères étaient fiers de ces enfants. J’ai pensé, avait confié le pape : quelle dignité dans ce geste, et combien c’est éloquent pour l’hiver démographique que nous sommes en train de vivre en Europe ! La fierté de ces familles sont les enfants, la sécurité de l’avenir ce sont les enfants », a-t-il ajouté ; « un hiver démographique sans enfants est rude ».

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