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la lettre du Pays-Basque

Gastronomie

In Mémoriam : Henri Coret, un gentilhomme de la gastronomie

Henri Coret © DR

Il y a six ans, le 10 janvier 2012, disparaissait à l'âge de 92 ans une éminente personnalité du monde gastronomique franco-espagnol, le président du club des Fourchettes du Pays Basque, Henri Coret.

L’œil vif et la moustache aussi frétillante que son palais était exigeant, Henri Coret avait sans doute conclu un pacte avec les Dieux de la gastronomie en rassemblant au sein d’un club de goûteurs quasi-professionnels - très difficiles à séduire - la bande d’amis qui entourait naguère Pierre Laporte, le chef emblématique de la place Bellevue à Biarritz.

Encore deux ans auparavant, infatigable malgré ses 90 printemps, il était particulièrement fier d’avoir « éprouvé » en quelques jours une belle brochette d’étoilés sur la côte d’Azur, dont le célébrissime « Louis XV » de Ducasse à Monaco, avant de fêter son anniversaire à l’Hôtel du Palais autour d’une magnifique pièce montée créée par Lucien Gauthier, pâtissier et fils aîné du chef renommé du palace biarrot ! De la grande époque de Cirino au Grand Hôtel luzien si merveilleusement rénové par Jacques Lagun il y a trente ans, déjà, jusqu’à l’« Atelier » biarrot qu’il avait laissé en « legs » à ses amis inconsolables, en passant par Ithurria, Arrambide et Andrée Rosier que notre fringant président des « Fourchettes » avait signalée à l’attention de Jean-François Mesplède, directeur du « Michelin France », et combien d’autres, on ne peut qu’être redevable, des deux côtés de la Bidassoa, à ses éminents mérites de découvreur de talents. Mérite qui avait été reconnu en son temps par l’Académie basque de Gastronomie qui lui avait attribué son prix « Roberto Lotina » (du nom d’un insigne mycologue qui a consacré sa vie et de savants ouvrages aux champignons et à une prodigieuse encyclopédie de la faune aquatique). Partisan d’« une cuisine de plaisir, de vérité, des beaux et bons produits du terroir, avec des cuissons parfaites, loin de tout snobisme et des lobbies qui prétendent diriger la cuisine du 22e siècle », il appréciait également « la gentillesse et la compétence dans le service » chez ses promus. Et il eut sans doute été heureux d’assister au succès d’Alexandre Bousquet qui, avant de s’établir au « Gaztelur » à Arcangues, avait encore accueilli à son « Atelier » de Saint-Charles l’ultime réunion de la « garde rapprochée » des « Fourchettes » réunie une dernière fois en mémoire de son président-fondateur, qu’accompagnait le fils du disparu.

Grand découvreur de talents et fidèle soutien de jeunes cuisiniers, Henri Coret était également aficionado passionné des toreros et supporter du Biarritz Olympique.

Notre mentor disparu voilà six ans, nous ne voyons hélas personne (pour le moment) continuer l’œuvre de ce défenseur de l’authentique bonne gastronomie…

ALC

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