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la lettre du Pays-Basque

Histoire

Il y a 20 ans, Hossegor retrouvait son Sporting-Casino

Le Sporting-Casino d’Hossegor © DR

A l'image du style "régionaliste" basco-landais, c'est de Biarritz qu'était venue la renaissance du "Sporting-Casino" grâce au groupe Lucien Barrière qui faisait retrouver, après un an de travaux, leur monument emblématique et leur centre de vie et de loisirs aux habitants d'Hossegor.

Hossegor n'avait que sa solitude sauvage lorsqu'un critique littéraire et artistique au "Temps", Dacquois par alliance mais d'origine suisse, révéla sa beauté grandiose à l'écrivain Rosny jeune ; "l'Ecole d'Hossegor" prenait dès lors son élan et acquérait sa célébrité, avec une pléiade d'artistes et d'écrivains qui, fuyant le bruit et l'effervescence qui agitaient Biarritz, trouvèrent leur havre créatif autour du lac, résidu d'un ancien lit de l'Adour qu'un canal venait de réunir aux marées de la houle océane proche.

Paul Margueritte y écrivit "La Princesse Noire", mais également Marcelle Auclair, Jean Suberville et Gabriele D'Annunzio fréquentèrent cet "Hossegor surgissant de sa lagune vénitienne"... Lagune que les Années Folles recouvrirent progressivement d'un manteau de villas d'une architecture éclectique où domine cependant un style "basco-landais", sans doute par l'effet d'attraction de sa puissante et riche voisine.

Centre de sports et d'élégance

En 1927, les grands architectes "régionalistes" Henri Godbarge, ainsi que les frères Louis et Benjamin Gomez firent littéralement surgir du sol même de la nature le Sporting-Casino dont l'harmonieuse silhouette semble faire corps avec le cadre de son environnement.

Or, "La station des sports élégants" comme aimait à s'intituler Hossegor se devait de proposer des équipements sportifs de premier ordre, déclinés autour de son golf mais également d'un casino à la formule quelque peu novatrice : au théâtre, à la salle de baccara et au dancing s'ajoutèrent donc un centre d'attraction sportif de grande envergure, dont les terrasses firent face aux courts de tennis, à l'admirable fronton de pelote basque et à la piscine d'eau de mer ; tandis qu'un délicieux golf miniature étalait ses parcours dans un parc de pignada, captant dès l'accueil les visiteurs enthousiastes.

Mais les années passèrent, la crise, la guerre et une évolution différente du tourisme firent s'étioler le "Sporting", d'autant plus qu'aucun réel aménagement n'était venu compléter sa superbe architecture depuis les années trente. Pire, ses propriétaires songeaient à le vendre par appartements !

Le 7 juillet 1998, le "Sporting" faisait peau neuve

C’était le titre d’un article que j’écrivis dans l’hebdomadaire régional à la suite de la soirée de réouverture à laquelle j’avais assisté… Succédant à sa reprise de l'ensemble des activités du casino en juillet 1997, le groupe Lucien Barrière, déjà gestionnaire du casino de Biarritz, entreprenait d'importants travaux en février dernier (1998, ndlr.).

Réhabilitée et remise en valeur, à l'entrée d'origine était adjoint un pavillon dans le style du bâtiment, dont l'édification avait été agréée par les monuments historiques, fait rare (à l’époque, ndlr.) pour être signalé.

Décalant légérement les activités sportives (mini-golf, piscine et tennis), un nouvel espace avec décor végétal a été créé afin d'y donner réceptions et concerts.

A l'intérieur même, un nouveau restaurant de style "Club anglais" de 150 couverts s'agrémente de belles terrasses dominent le lac et la piscine, une salle de jeux propose la boule et les machines à sous, et au rez-de-chaussée, un night-club s'ouvre également sur la piscine et ses promenoirs.

Cet investissement - d'une somme de 12 millions de francs - sera poursuivi par l'amélioration et l'embellissement de salons pour séminaires et réunions.

« Pierre Dussain, le maire d'Hossegor, qui inaugurait ces splendides installations le 7 juillet dernier, en compagnie du PDG du groupe Barrière, Dominique Desseigne, et de nombreuses autres autorités, ne s'y est pas trompé en confirmant que le "Sporting" redeviendrait le centre de la vie sociale et des loisirs de sa commune et de toute la Côte d'Argent. Déjà les meilleurs éléments du casino de Biarritz en ont assuré l'ouverture, sous la houlette de Stéphane Chauvaux (à l’époque, directeur à Biarritz, ndlr.), du dirigeant local Michel Lorent et du directeur de la restauration, Yannick Baudry », écrivais-je en ce début juillet 1998.

Trois ans plus tard, Eric Gildard et ses amis fondaient l’Association littéraire des Amis du lac d’Hossegor dans la ligne des illustres écrivains d’Hossegor - Rosny jeune, Paul Margueritte ou encore Maxime Leroy – qui veille jalousement sur la sauvegarde du patrimoine architectural et naturel des lieux, avec peut-être davantage d’exigences qu’un architecte du patrimoine ! (renseignements tél. : 05 58 43 42 40 ou eric.gildard@orange.fr).

Rappel : le 28 février 2006, le groupe Lucien Barrière cédait le casino d'Hossegor au groupe TH Finance fondé par Thierry Hirigoyen (également président du casino municipal de Capbreton et majoritaire à Hendaye) pour se conformer à une injonction de la Direction générale de la consommation et de la concurrence qui craignait une situation de monopole à la suite de la fusion du groupe casinotier Barrière avec l’hôtelier Accor.

Alexandre de La Cerda

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