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la lettre du Pays-Basque

Tradition

Eric Gildard : il est de ce pays gascon qu'il aime et qu’il (d)écrit avec talent

Eric Gildard, lauréat du Prix littéraire des Trois Couronnes 2016/17 © Manex Barace

« Je suis de ce pays où meurent les bruyères, les ajoncs et les pins desséchés, dans le silence insolent des soirs d’été quand le crachin de vagues sauvages soulève l’âme fière des gascons landais sans pouvoir, un seul instant, la dompter »… Ces belles lignes sont extraites de l’ouvrage « Je suis de ce pays gascon » d’Eric Gildard, un « cri d’amour pour un pays sublime », avec de précieux témoignages d’amis et de grands poètes : « On ne voit, en passant par les Landes désertes / Vrai Sahara français, poudré de sable blanc, / Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertes / D’autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc » (Théophile Gautier). Et de Charles Baudelaire : « La mer, la vaste mer console nos labeurs ! Quel démon a doté la mer, rauque chanteuse / Qu’accompagne l’immense orgue des vents grondeurs, / De cette fonction sublime de berceuse ? La mer, la vaste mer, console nos labeurs » !

Il y a près de deux ans, en la personne d’Eric Gildard, auteur de nombreux ouvrages sur la célèbre villégiature du Sud des Landes (dont, récemment, « Hossegor, le salon du livre et l’association littéraire », ainsi que « Hossegor, Architecture basco-landaise, style des villas et beauté des jardins » (co-écrit avec Michel Capdeville), « Le Gouf Capbreton-Hossegor », et bien d’autres), le jury du Prix littéraire des Trois Couronnes avait décidé également de récompenser cette extraordinairement active association qui déborde souvent – et amicalement – sur le Pays Basque et au-delà dans sa remarquable lettre hebdomadaire et par son nouveau prix d’architecture créé conjointement avec l’association luzienne « Giltzarri ». On pourrait résumer les actions des Amis du lac par cette formule : « Défense des lieux et des hommes, du cadre de vie avec les villas au style basco-landais et aux jardins richement fleuris »...

Dans sa dernière « Lettre des Amis du Lac », Eric Gildard évoque l’immense artiste Marie Laurencin, l’amie de Guillaume Apollinaire, qui était venue à Hossegor pour son voyage de noces ! Il y a 100 ans : Apollinaire, qui connaissait un peu Hossegor… Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, (naturalisé français) poète et écrivain, critique et théoricien d'art, sujet polonais de l'Empire russe, né de père inconnu et d'une mère demi-mondaine, le 26 août 1880 à Rome, est décédé le 9 novembre 1918 à Paris ville où il fait tous les métiers, y compris « nègre » pour des romans-feuilletons ! Sensible, vite amoureux, souvent déçu et éconduit, il devient le « Mal-Aimé » dont la Chanson retracera les déboires. Il est considéré comme l'un des principaux poètes français du début du XXe siècle, avec des recueils comme : « Alcools » (1913), « Calligrammes » (1918), « Poèmes à Lou » (écrit en 1915 et publié en 1955), « Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée » (1911). Il écrit également des nouvelles « Le Poète assassiné », 1916 et des romans érotiques « Les Onze Mille Verges », 1907, ainsi que du théâtre « Les Mamelles de Tirésias », 1917. Engagé dans la guerre de 14, il est gravement blessé (il s'appelle lui-même « le poète à la tête étoilée »-) mais c'est la grippe espagnole qui l'emporte au moment où, ironie, est signée l'armistice de 1918. Il est le chantre de toutes les avant-gardes artistiques, notamment le cubisme, ami et complice des peintres de son époque, poète et théoricien de l'Esprit nouveau, et précurseur du surréalisme dont il a forgé le nom. La tombe de Guillaume Apollinaire se trouve au cimetière du Père-Lachaise. Son nom est cité sur les plaques commémoratives du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains ayant combattu pendant la première guerre mondiale. L'une de ses égéries est la célèbre artiste-peintre, Marie Mélanie Laurencin, née le 31 octobre 1883 à Paris et morte le 8 juin 1956, artiste-peintre figurative française, mais aussi un graveur et une illustratrice, étroitement associée à la naissance de l'art moderne. Décoratrice de ballets néoclassiques ambitionnant, à l'instar de Max Jacob, une transgression des genres artistiques, elle a été également une épistolière à la fantaisie déconcertante et a composé des poèmes en vers libres, indissociables, dans le cours de son processus de création, de l'expression picturale des scènes fantasmatiques qu'elle représente. Sa vie comme sa peinture ont suscité de nouveau l'intérêt depuis que le chanteur Joe Dassin l'a évoquée en 1975 dans son plus grand succès populaire, L'Été indien. Adulée au Japon, très peu exposée en France, il faut toutefois attendre 2011 pour qu'une biographie de Bertrand Meyer-Stabley explore sa part d'ombre et le printemps 2013 pour qu'une exposition parisienne la fasse redécouvrir au grand public.

 « Je suis de ce pays gascon » d’Eric Gildard – 170 pages illustrées – 12 euros. On peut se procurer les livres des éditions aux Editions « Lac et Lande » sur le site des Amis du Lac www.lesamisdulac.fr/ (expéditions dans toutes la France sous 48 h), au rayon livre Intermarché à Soorts-Hossegor ainsi que chez Mollat à Bordeaux et dans les librairies Darrieumerlou à Bayonne ou Occitania à Toulouse, et quelques autres.

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