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Patrimoine

Emmaüs et les Missions-Africaines : l’histoire de Baudonne et de sa chapelle à Tarnos

Baudonne et sa chapelle à Tarnos © DR

Par l’intermédiaire de François-Xavier Esponde, nous avons reçu de Mgr Michel Cartatéguy, dernier résident de la Société des Missions-Africaines (SMA) de Baudonne, archevêque émérite de Niamey (Niger) et conseiller Provincial SMA, ces éléments qui retracent l’histoire de Baudonne et de sa chapelle dont la cérémonie de désacralisation a lieu ce vendredi.

L’école missionnaire du quartier de Baudonne, à Tarnos, est une ancienne demeure privée attestée depuis le Moyen-Âge. Au XXe siècle, elle est transformée en école par la Société des Missions Africaines. L’histoire du bâtiment de l’École missionnaire est connue depuis le XVIIIe siècle, grâce à l’étude de P. Cuzacq, historien bayonnais et ancien propriétaire, les sources antérieures étant malheureusement perdues dans un incendie en 1888.
Le premier propriétaire connu, en 1785, est un certain Dominique Cabarrus, qui transmet le domaine en héritage à Madame de Ces-Caupenne. Il doit sans doute s’agir de Dominique Eugène Cabarrus, né à Bayonne en 1716. Bourgeois négociant et banquier, échevin de Bayonne, il recevra en avril 1789 des lettres d'anoblissement du roi Louis XVI où il sera stipulé que son père avait laissé son nom à une portion de l'île du Cap-Breton. Arrêté comme girondin et détenu à Tarbes entre 1793 et 1794, Dominique Eugène Cabarrus laissera six enfants, dont François Cabarrus, né à Bayonne le 15 octobre 1752, le fameux financier espagnol dont Goya peindra le portrait...
En 1808, la demeure reçoit la visite de Napoléon Ier séjournant à Baudonne sur l’invitation de Joseph Verdier, maire de Bayonne et père de Madame de Ces-Caupenne.
En 1863, l’historien P. Cuzacq achète la propriété à la fille de Madame de Ces-Caupenne et sa fille  Mathilde érige la chapelle pour les chrétiens du quartier des Barthes. le Père Lechien, chapelain, assure le culte. Soixante-dix ans plus tard, Berthe Cusacq, autre fille de M Cuzacq, à la mort de sa soeur Malhilde, fait don de la propriété de Baudonne avec la chapelle à la Société des Missions-Africaines (SMA) qui cherchait à s'implanter dans la région.
La Société des Missions Africaines est une communauté de missionnaires catholiques qui mène diverses actions en faveur notamment de l’éducation. La Société transforme la propriété en école missionnaire où les jeunes de la commune et des communes avoisinantes sont reçus lors de séminaires précédant la profession de foi.

1923: Le petit séminaire de la SMA s'ouvrait pour la première fois avec 7 élèves sous la direction du père François Faroud, celui qui deviendra plus tard, premier Préfet Apostolique du Niger. Pendant 43 ans, le petit séminaire fonctionne avec une quarantaine de séminaristes. C'est l'époque glorieuse où de grands missionnaires se sont succédés comme supérieur de Baudonne: père François Faroud, père Aupiais, ethnologue réputé, député du Dahomey (Bénin), père Castanchoa... des pères en grand nombre, jeunes et dynamiques. Il y avait à Baudonne un groupe de danse folklorique rénommé pour l'époque, le groupe JEIKI.
Comme l'avait souhaité Berthe Cuzacq, une communauté de religieuses était présente à Baudonne. D'abord, une communauté des soeurs Notre Dame des Apôtres puis les Oblates de Sainte Thérèse qui sont arrivées en 1940. Elles assuraient la cuisine,la lingerie, l'infirmerie et la catéchèse des enfants du quartier des Barthes selon la volonté de la famille Cuzacq qui avait donné Baudonne en priorité à cet effet.

 1966. Le petit séminaire de Baudonne ne dispense plus de cours pour les séminarites qui partent les prendre à Bayonne. Baudonne devient foyer pour les séminaristes SMA.

 1969. Les petits séminaristes SMA du premier cycle se déplacent à Ustaritz. Ils y prennent les cours et logent sur place. Baudonne devient un foyer pour les séminaristes du second cycle du diocèse de Bayonne et de la SMA.

 1972. Mgr Vincent, évêque de Bayonne, retire ses séminaristes diocésains de Baudonne pour les loger à Bayonne. Baudonne est alors vide.

 1973. Baudonne veut continuer à être fidèle à son engagement d'éveilleur de vocations missionnaires. L'équipe des pères missionnaires se restreint. Ils interviennent dans le cadre de l'animation missionnaire dans les collèges, les écoles... organisent des camps d'été pour les jeunes, abritent des séminaires de formation pour les coopérants et organisent des voyages en Afrique.

1987. Les bâtiments de Baudonne deviennent lourds à gérer. La SMA vend les bâtiments et une partie des terrains à Emmaüs sauf la chapelle qui reste propriété de la SMA. Les soeurs Oblates de Sainte Thérèse quittent définitivement Baudonne après 46 ans de présence. La communauté des pères SMA se retire dans la villa Mathilde qui compte de nouveaux bâtiments plus adaptés à la nouvelle mission de l'équipe missionnaire. De nombreux pères se succèdent pour l'animation missionnaire mais c'est le père Jules Lahargou qui sera l'âme de cette maison rénovée. Il y restera 33 ans.

2016. C'est le départ définitif de la SMA de Baudonne après 93 ans de présence.

2019. La chapelle est désacralisée et remise à la communauté d'Emmaüs.

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